Grande manifestation en Tchétchénie pour protester contre le sort des Rohingyas
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Grande manifestation en Tchétchénie pour protester contre le sort des Rohingyas

Au moins 87 000 personnes, la plupart des Rohingyas, ont fui les violences en Birmanie depuis le 25 août

Ramzan Kadyrov, président de la Tchétchénie, en décembre 2011. (Crédit : CC-BY-Government.RU/Russian Federation)
Ramzan Kadyrov, président de la Tchétchénie, en décembre 2011. (Crédit : CC-BY-Government.RU/Russian Federation)

Des milliers de manifestants se sont rassemblés lundi à Grozny, en Tchétchénie, à l’appel du dirigeant de cette république du Caucase russe, Ramzan Kadyrov, pour protester contre les violences visant la minorité musulmane des Rohingyas en Birmanie.

« Arrêtez le bain de sang. Nous exigeons que les coupables soient châtiés et qu’une enquête pour crimes contre l’humanité soit lancée », a déclaré Kadyrov devant la foule rassemblée dans le centre de la capitale tchétchène.

Ramzan Kadyrov, qui dirige la Tchétchénie d’une main de fer, est un fidèle soutien du président russe Vladimir Poutine, mais cherche aussi depuis plusieurs années à s’imposer comme figure de référence dans le monde musulman.

Près d’un millier de musulmans s’étaient déjà rassemblés à Moscou dimanche pour prier devant l’ambassade de Birmanie, lors d’un rassemblement non autorisé par les autorités et étroitement surveillé par la police.

Incendie dans un village du sud de la région de Maungdaw, dans l'état de Rakhine de la Birmanie, le 4 septembre 2017. (Crédit : STR/AFP)
Incendie dans un village du sud de la région de Maungdaw, dans l’état de Rakhine de la Birmanie, le 4 septembre 2017. (Crédit : STR/AFP)

Ces manifestations organisées à l’appel de Ramzan Kadyrov semblent être le résultat d’une rare divergence entre la position du dirigeant tchétchène et la position officielle du Kremlin.

La Russie est un partenaire de la Birmanie et les deux pays ont signé un accord de coopération militaire l’année dernière, qui implique des livraisons d’avions de guerre et de pièces d’artilleries dans le pays asiatique.

Le ministère russe des Affaires étrangères a indiqué dimanche qu’il « surveillait attentivement » les événements en Birmanie et s’est dit « inquiet par les informations sur des violences en cours ayant causé des victimes parmi les civils et les forces gouvernementales ».

L’ONU a annoncé lundi qu’au moins 87 000 personnes, la plupart des Rohingyas, ont fui les violences en Birmanie depuis le 25 août pour se réfugier au Bangladesh voisin.

En janvier 2015, des centaines de milliers de personnes avaient manifesté à Grozny à l’appel de Ramzan Kadyrov contre la publication de caricatures du prophète Mahomet par l’hebdomadaire satirique français Charlie Hebdo, moins de deux semaines après l’attentat contre les locaux du journal à Paris.

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