Haley à Abbas: nous voulons un accord de paix mais pas vous « courir après »
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Haley à Abbas: nous voulons un accord de paix mais pas vous « courir après »

Ripostant au haut-négociateur palestinien, l'envoyée de Washington à l'ONU a aussi dit à Saeb Erekat : "Je ne me tairai pas"

Eric Cortellessa couvre la politique américaine pour le Times of Israël

Nikki Haley à l'Assemblée générale, le 21 décembre 2017 (Crédit : capture d'écran ONU)
Nikki Haley à l'Assemblée générale, le 21 décembre 2017 (Crédit : capture d'écran ONU)

WASHINGTON — L’ambassadrice américaine aux Nations unies, Nikki Haley, a déclaré mardi que Washington ne « courra pas après » les Palestiniens pour les faire revenir à la table des négociations avec Israël suite au discours prononcé par le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas devant le Conseil de sécurité.

Prenant la parole devant les deux négociateurs les plus importants délégués par Donald Trump sur la question de la paix au Moyen-Orient — Jared Kushner et Jason Greenblatt — Abbas a condamné la décision du président américain de reconnaître Jérusalem en tant que capitale israélienne l’année dernière ainsi que son plan de relocaliser l’ambassade américaine dans la ville, qualifiant cette initiative de « décision illégale ».

Abbas a ensuite réclamé un effort international multilatéral pour garantir l’existence d’un état palestinien, balayant donc le rôle traditionnel des Etats-Unis en tant que principal médiateur dans les négociations.

La Maison Blanche a toutefois fait savoir peu après son discours qu’elle prévoyait encore de finaliser son plan de paix et de le présenter à une date ultérieure.

Washington « continuera à travailler sur notre plan, qui a été établi pour bénéficier aux Israéliens comme aux Palestiniens », a déclaré Josh Raffel, un porte-parole de l’administration. « Nous le présenterons quand il sera fini et que ce sera le bon moment ».

Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas devant le Conseil de sécurité, le 20 février 2018 (Crédit : AFP Photo/Timothy A. Clary)

Haley s’est également exprimée mardi devant le Conseil de sécurité. Même si Abbas a quitté la salle après son discours, elle a consacré une partie importante de son allocution à s’adresser au leader de l’AP.

« Les Etats-Unis sont prêts à travailler avec les responsables palestiniens », a-t-elle dit à Abbas. « Nos négociateurs sont assis juste derrière moi, prêts à parler. Mais nous ne vous courrons pas après. Le choix, monsieur le président, dépend de vous ».

Au début de son discours, elle a évoqué la réprimande qui lui avait été adressée par le haut-négociateur palestinien qui lui avait demandé de se « taire ».

« Je ne suivrai pas cet avis qui m’a été récemment donné par votre négociateur Saeb Erekat », a-t-elle dit. « Je ne me tairai pas. Au contraire, je vais dire avec le plus de respect possible quelques vérités difficiles ».

Haley a expliqué aux Palestiniens qu’ils avaient deux options : Soit emprunter « une voie de demandes absolutistes, de rhétorique haineuse et d’incitations à la violence », soit prendre un « chemin de négociation et de compromis ». Ce dernier, a-t-elle ajouté, « reste ouvert aux dirigeants palestiniens s’ils ont suffisamment de courage pour le faire ».

« Vous pouvez choisir de dénoncer les Etats-Unis, de rejeter leur rôle dans les négociations de paix et poursuivre les mesures punitives contre Israël dans les forums internationaux tels que l’ONU. Je vous assure que ce chemin mènera les Palestiniens nulle part en ce qui concerne l’accomplissement de leurs aspirations », a-t-elle poursuivi. « Ou vous pouvez choisir de mettre de côté votre colère sur l’endroit où se trouve notre ambassade et avancer avec nous vers un compromis négocié qui comporte énormément de potentiel pour améliorer l’existence des Palestiniens ».

L’ambassadeur d’Israël aux Nations unies a également fustigé le discours d’Abbas, disant qu’il mettait en exergue les obstructions aux efforts de paix du chef de l’AP.

« Vous avez établi clairement, par vos paroles et par vos actions, que vous ne faites plus partie de la solution. Vous êtes le problème », a dit Danny Danon à Abbas alors qu’il parlait devant le Conseil de Sécurité.

Pour sa part, Nickolay Mladenov, coordinateur spécial de l’ONU pour le processus de paix au Moyen-Orient, a averti que les constructions continues d’implantations israéliennes nuisaient à la possibilité de la formation d’un état palestinien.

« Le consensus mondial pour une solution à deux états pourrait s’éroder », a-t-il dit, ajoutant que des « obstacles sur le terrain » entravent de plus en plus sa réalisation.

L’envoyé de l’ONU a également rejeté les constructions d’implantations en tant que réponse apportée par le gouvernement aux récents attentats terroristes meurtriers qui ont touché des civils en Cisjordanie.

« La construction d’implantations n’est pas une manière moralement acceptable de répondre aux meurtres », a-t-il affirmé.

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