Hanegbi: Doha s’efforce d’empêcher que l’aide à Gaza ne renforce le Hamas
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Hanegbi: Doha s’efforce d’empêcher que l’aide à Gaza ne renforce le Hamas

Le ministre de la Coopération régionale confirme sa rencontre avec l'envoyé qatari, dit que les ouvertures de l'État du Golfe pourraient être liées aux pressions diplomatiques

Le ministre de la Coopération régionale, Tzachi Hanegbi, prend la parole à la Conférence des présidents des principales organisations juives américaines, à l'hôtel Inbal de Jérusalem, le 19 février 2018 (Yonatan Sindel/Flash90).
Le ministre de la Coopération régionale, Tzachi Hanegbi, prend la parole à la Conférence des présidents des principales organisations juives américaines, à l'hôtel Inbal de Jérusalem, le 19 février 2018 (Yonatan Sindel/Flash90).

Tzachi Hanegbi, actuel ministre de la Coopération régionale, a déclaré vendredi que le Qatar « s’efforçait de faire en sorte que son aide » à la bande de Gaza « ne se transforme pas en un renforcement des capacités du Hamas ».

Selon Reuters, Hanegbi a déclaré à la radio 102FM : « Nous savons cela, nous surveillons cela et nous approuvons cela, parce qu’ils construisent vraiment – ils construisent des quartiers entiers ».

Hanegbi a confirmé qu’il a rencontré un envoyé du Qatar lors de la visite de ce dernier à Jérusalem le mois dernier.

M. Hangebi a déclaré que la rencontre avec l’envoyé de Doha à Gaza Mohammed Al-Emadi s’inscrivait dans le cadre d’un effort visant à « élargir notre horizon diplomatique avec les États du Moyen-Orient qui, pour des raisons pratiques et formelles, ne peuvent avoir de relations officielles » avec l’État juif.

L’ambassadeur du Qatar à Gaza Mohammed al-Emadi s’exprime lors d’une conférence de presse avec le Coordinateur spécial des Nations Unies pour le processus de paix au Moyen-Orient, dans la ville de Gaza, le 11 juillet 2017. (AFP Photo/Mahmud Hams)

Au cours de sa visite à Jérusalem en février, al-Emadi a déclaré avoir rencontré Hanegbi. Le ministre s’est dit surpris de cette reconnaissance.

« Habituellement, il y a un accord sur le fait qu’une réunion de ce genre reste secrète. Mais ils ont décidé [d’aller de l’avant] et c’est leur prérogative », a-t-il déclaré à 102FM.

Il a souligné que les efforts récents du Qatar pour rester dans le bon camp avec Israël pourraient être liés aux pressions diplomatiques des États-Unis et des nations arabes.

En juin 2017, l’Égypte et trois pays arabes – l’Arabie saoudite, Bahreïn et les Émirats arabes unis – ont annoncé qu’ils avaient décidé de rompre les relations diplomatiques avec le Qatar. Les quatre pays ont fait état du soutien continu du Qatar au « terrorisme », y compris aux Frères musulmans, qui sont désormais interdits en Égypte.

« Ils sont en difficulté, car la plupart des pays du monde arabe les boycottent parce qu’ils flirtent trop avec le terrorisme, avec le Hamas, avec toutes sortes de situations qui frôlent la subversion », a poursuivi Hanegbi.

Al-Emadi a déclaré le mois dernier qu’il était de la responsabilité de la communauté internationale de venir en aide à Gaza. Il a appelé Israël et le Hamas à prendre des mesures pour améliorer les conditions de vie, et il a critiqué la récente décision américaine de réduire l’aide à l’agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens, la qualifiant de « catastrophique ».

« Les peuples du monde devraient être mobilisés pour sauver Gaza et empêcher une nouvelle guerre », a-t-il dit. Il a ajouté que le coût de l’aide à Gaza n’est « rien » comparé au coût d’une autre guerre.

Le Qatar a joué un rôle de premier plan dans la reconstruction de Gaza à la suite d’une guerre dévastatrice entre Israël et le Hamas en 2014. Al-Emadi, architecte et propriétaire d’une grande entreprise de construction, dirige le Comité de reconstruction de Gaza du Qatar.

Les Palestiniens récupèrent de l’aide alimentaire dans un centre de distribution alimentaire des Nations Unies à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, le 28 janvier 2018. (Said Khatib/AFP)

Le comité a financé des centaines de millions de dollars de projets, y compris de nouvelles routes, des projets de logement et des hôpitaux. Mais après sa dernière visite à Gaza, M. al-Emadi a déclaré que l’accent était mis sur l’aide humanitaire de base.

Le Qatar a récemment versé quelque 9 millions de dollars pour payer le carburant des hôpitaux, les fournitures médicales et d’autres biens d’urgence. Mais M. al-Emadi a déclaré que son pays, un État du Golfe riche en énergie, ne peut pas soutenir Gaza à lui seul.

Les problèmes de Gaza ont connu une forte dégradation après que le Hamas, un groupe terroriste islamiste qui s’est juré de détruire Israël, a confisqué le territoire à l’Autorité palestinienne soutenue par la communauté internationale en 2007.

Depuis lors, les tentatives répétées de réconciliation palestinienne ont échoué. Israël et l’Égypte ont maintenu un blocus pour affaiblir le Hamas, qui a longtemps utilisé ses points de passage frontaliers pour introduire clandestinement des armes qu’il utilise ensuite pour tirer sur Israël, avec qui le groupe terroriste a fait trois guerres.

Aujourd’hui, le taux de chômage dépasse largement les 40 %, l’eau du robinet n’est pas potable et les habitants ne bénéficient que de quelques heures d’électricité par jour.

M. Al-Emadi, qui se rend à Gaza tous les deux ou trois mois, a été frappé par les mauvaises conditions de vie lors de sa dernière visite.

Il a dit qu’à Gaza cette fois-ci, il n’a pas pu quitter sa chambre d’hôtel, parce que sa voiture était entourée de gens qui demandaient désespérément de l’aide dans une scène qu’il a décrite comme déchirante.

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