Herzog dit aux médias arabes qu’il espère un accord régional
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Herzog dit aux médias arabes qu’il espère un accord régional

Le chef de l'opposition a déclaré qu'il a sacrifié sa position politique en faveur de la paix avec les Palestiniens, doutant des plans de Trump pour une solution rapide au conflit

Le chef de l'opposition, Isaac Herzog, assiste à une réunion de faction à la Knesset à Jérusalem le 8 janvier 2018. (Miriam Alster / Flash90)
Le chef de l'opposition, Isaac Herzog, assiste à une réunion de faction à la Knesset à Jérusalem le 8 janvier 2018. (Miriam Alster / Flash90)

Dans une interview publiée mardi, le chef de l’opposition, Isaac Herzog, a parlé des changements qui se produisent dans la région, de ses plans de paix avec les Palestiniens et de la façon dont il a renoncé à sa position politique pour parvenir à un accord global avec ses voisins.

L’interview a été publiée dans Elaph, un site d’information arabe indépendant basé à Londres, l’un des sites d’information les plus populaires dans le monde arabe.

Le chef de l’opposition a déclaré que plusieurs pays du Moyen-Orient estiment qu’ils ne peuvent plus compter sur les Etats-Unis ou l’Europe pour les protéger contre la menace régionale iranienne après l’accord nucléaire de 2015 – ce qui, selon lui, a permis aux ambitions hégémoniques du régime d’aller de l’avant.

Ceci, a-t-il soutenu, a créé une opportunité unique pour Israël.

« En ce moment, il y a une nouvelle situation où plusieurs Etats ont commencé à chercher un partenaire régional pour arrêter l’Iran », a déclaré Herzog. « Ces Etats ont cessé de croire aux puissances mondiales parce qu’ils les ont vendus à l’Iran. Ces Etats considèrent Israël comme leur seul partenaire en mesure de les aider. »

Il a déclaré que beaucoup de voisins d’Israël partagent également son désir d’arrêter l’extrémisme islamiste, y compris l’Egypte, la Jordanie, l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, le Maroc, le Bahreïn, le Koweït et Oman. Cela a créé une ouverture pour la possibilité de relations plus étroites entre l’Etat juif et les pays voisins.

Membres du groupe «This is Bahrain» lors d’une visite en Israël en décembre 2017. (Capture d’écran : Hadashot TV)

Herzog a parlé de sa tentative d’amener sa coalition de l’Union sioniste dans le gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu en 2016 – une tentative qui a sans doute conduit à son éviction en tant que leader du Parti travailliste l’an dernier.

« J’ai entamé des discussions pour rejoindre le gouvernement en 2016, qui a atteint son apogée en 2016 », a-t-il déclaré.

« L’accord était que je prendrais la tête du ministère des Affaires étrangères et conduirais des négociations avec les Palestiniens et d’autres Etats arabes, afin que nous puissions créer une coalition équilibrée qui minimiserait le pouvoir des habitants des implantations et des extrémistes … Pendant ces discussions, j’ai rencontré d’importants dirigeants arabes de Jordanie, d’Egypte et du Golfe. »

Il a précisé que bien que sa décision ait été un suicide politique, il ne voulait pas laisser passer « l’occasion en or ».

« J’ai accepté de sacrifier mon avenir politique, et c’est ce qui s’est passé », a-t-il déclaré. « Je ne voulais plus de bain de sang et il y avait une opportunité en or et un espoir pour les deux peuples, et j’y crois toujours. »

Herzog avait dit à l’époque que la manœuvre avait échouée après que Netanyahu a cédé aux pressions politiques intérieures.

Isaac Herzog (g) et Mahmoud Abbas en novembre 2014 (Crédit : Flash 90)

Lorsqu’on lui a demandé s’il pensait qu’un accord de paix avec les Palestiniens était vraiment possible, il a dit qu’il fallait adopter une vision à long-terme et créer les bonnes conditions.

« Je veux que nous ayons un vrai partenaire », a-t-il dit. Herzog a souligné qu’il avait rencontré à plusieurs reprises le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas et discuté de la question.

« Je pense qu’à la lumière de la situation actuelle et avec la piste régionale, il est possible d’avancer (vers la paix) par étapes graduelles », a-t-il dit.

« Je ne suis pas d’accord avec ce que [le président américain Donald] Trump pense d’une solution immédiate. Il est possible de progresser par étapes sur 10 ans, en construisant des institutions de l’Etat palestinien et en transférant des pouvoirs supplémentaires aux Palestiniens dans d’autres domaines en échange de la fin de la violence et d’un partenariat total. »

Cependant, Herzog a également déclaré qu’à son avis, la plupart des Israéliens et des Palestiniens ne voyaient actuellement aucun espoir et que les négociations étaient dans l’impasse. Il a averti qu’en l’absence de progrès, les décisions unilatérales deviendraient la prochaine étape.

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