Herzog : la loi sur les avant-postes entraînera Israël devant la CPI
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Herzog : la loi sur les avant-postes entraînera Israël devant la CPI

L'opposition de gauche a obtenu que les débats en séance plénière soient prolongés jusque lundi prochain

Isaac Herzog, chef de l'opposition, devant la Knesset pour les questions au gouvernement, le 25 janvier 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Isaac Herzog, chef de l'opposition, devant la Knesset pour les questions au gouvernement, le 25 janvier 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le chef de l’opposition Isaac Herzog a déclaré lundi que le projet de loi dit de régulation pose un « danger très sérieux » à l’Etat d’Israël.

Le texte permettrait à Israël de légaliser, au regard du droit israélien, près de 4.000 logements israéliens construits dans des implantations reconnues par les autorités israéliennes ou non (dites « sauvages »), selon l’organisation la Paix maintenant. Au minimum, ce sont plus de 800 hectares de terres palestiniennes qui devraient être expropriés, ajoute-t-elle.

« Cette loi crée de fait une annexion, ce qui est contraire à toutes les obligations internationales d’Israël. C’est à cause de cette loi que le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté sa résolution contre les implantations », a déclaré Herzog pendant la réunion hebdomadaire du groupe parlementaire de l’Union sioniste à la Knesset.

Le chef de l’opposition a également fustigé le ministre de la Défense, Avigdor Liberman, qui a déclaré qu’il soutiendrait le projet de loi à la Knesset, alors qu’il pense que la Haute cour de justice l’annulera par la suite.

« Vous ne pouvez pas dire d’une part que vous soutiendrez le projet de loi, et dire aussi que la Haute cour le rejettera, a déclaré Herzog. Vous êtes le ministre de la Défense. »

La députée de l'Union sioniste Tzipi Livni pose une question au Premier ministre Benjamin Netanyahu pendant l'heure des questions parlementaires, le 18 juillet 2016. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)
La députée de l’Union sioniste Tzipi Livni pose une question au Premier ministre Benjamin Netanyahu pendant l’heure des questions parlementaires, le 18 juillet 2016. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Comme Herzog, Tzipi Livni, députée de l’Union sioniste, a déclaré que la première lecture du projet de loi légalisant les avant-postes avait entraîné le Conseil de sécurité à adopter en décembre la résolution 2334.

« Nous paierons pour les deuxième et troisième lectures [de ce projet de loi] devant la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye », a déclaré l’ancienne ministre des Affaires étrangères.

La Knesset a ensuite reporté au début de la semaine prochaine le vote de la loi.

La Knesset avait commencé lundi à examiner en deuxième et troisième lectures le texte approuvé en première lecture en décembre.

Le ministre de la Défense Avigdor Liberman, qui s’était exprimé ouvertement contre le projet de loi visant à légaliser les avants-postes, a déclaré que son parti Yisrael Beytenu se montrera favorable à la loi dans les votes finaux. Mais il a ajouté qu’il « ne faut pas être un génie » pour voir que la Cour Suprême de Justice torpillera la loi.

« Il y a 100 % de chances que la loi soit rejetée par la Cour suprême », a déclaré Liberman lors de la rencontre hebdomadaire de son parti, lundi.

Liberman a par ailleurs annoncé que son parti votera contre la loi sur le mur Occidental proposée par le parti Shas. Il a affirmé qu’il ne comprend pas pourquoi le compromis sur un espace égalitaire sur l’esplanade du mur Occidental n’a toujours pas été mis en œuvre, ni pourquoi le parti ultra-orthodoxe cherche à faire adopter une loi encore plus stricte sur le lieu saint.

« Nous voterons contre cette loi », dit-il. « Et nous nous devons de l’annoncer au préalable. »

Cette législation alarme les défenseurs de la cause palestinienne et la communauté internationale. L’Organisation de libération de la Palestine (OLP) y a vu « une déclaration de guerre ».

Ce serait la première fois qu’Israël appliquerait la loi civile israélienne en Cisjordanie, non seulement à des individus mais à des terres reconnues comme Palestiniennes, disent les détracteurs du texte. La loi reviendrait à une annexion, selon le chef du Parti travailliste Isaac Herzog.

L’opposition de gauche a obtenu que les débats en séance plénière soient prolongés jusque lundi prochain, après avoir initialement demandé qu’ils s’étalent sur 38 jours, indique la Knesset sur son site. La loi devrait donc être votée au plus tôt dans la nuit du 6 au 7 février.

Le vote interviendrait alors au plus près de l’échéance impartie par la justice israélienne pour l’évacuation d’Amona.

Le sort d’Amona, vouée à la démolition par la justice israélienne parce que construite sur des terres privées palestiniennes, est à l’origine directe de la loi en débat. Mais, malgré les pressions du Conseil de Yesha, les défenseurs d’Amona n’ont pas obtenu que l’avant-poste soit sauvé in extremis par le texte.

Des centaines de manifestants se sont réunis devant le Parlement pour protester contre l’évacuation immminente d’Amona, l’implantation illégale la plus litigieuse.

Les orateurs ont salué le projet de loi qui légaliserait près de 4 milliers de logements en Cisjordanie, construits sur des terres palestiniennes privées, mais ils ont également fustigé le gouvernement qui, disent-il, n’en n’a pas fait assez pour empêcher l’évacuation ordonnée par la cour.

« Une tragédie impensable va avoir lieu. Ils vont déraciner une implantation juive de la Terre d’Israël », a déclaré le président du Conseil Yesh Yossi Dagan.

« Et pourquoi ? » demande-t-il. « Parce que personne n’a rien fait pour le stopper », dit-il.

La police a indiqué que la manifestation d’Amona s’est finie sans incident.

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