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Hezbollah: Israël « ne cherche pas la guerre », la diplomatie reste préférable – Gallant

Le groupe terroriste libanais a tiré des dizaines de roquettes vers le nord d'Israël ; l'armée a échoué à intercepter 3 drones ; un parti d'extrême-droite a menacé de quitter la coalition si Israël ne lance pas d'offensive

Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

Le ministre de la Défense Yoav Gallant au siège du Commandement du nord de Tsahal à Safed, le 28 juillet 2024. (Crédit : Shachar Yurman/Defense Ministry)
Le ministre de la Défense Yoav Gallant au siège du Commandement du nord de Tsahal à Safed, le 28 juillet 2024. (Crédit : Shachar Yurman/Defense Ministry)

Le ministre de la Défense Yoav Gallant a déclaré qu’Israël « ne cherche pas la guerre » avec le Hezbollah et qu’une solution diplomatique restait préférable à un conflit ouvert. Pour sa part, le parti d’extrême-droite Otzma Yehudit a fait savoir – lors d’une énième menace – qu’il quitterait la coalition si l’État juif ne devait pas lancer d’assaut à grande échelle contre le groupe terroriste libanais, qui est soutenu par l’Iran.

Gallant a toutefois répété qu’Israël se préparait à une déflagration plus large, notant que la balle était dorénavant dans le camp du Hezbollah.

Les propos qui ont été tenus par le ministre de la Défense ont suivi de quelques heures une réunion du cabinet tendue – où le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben-Gvir, qui est à la tête de la faction Otzma Yehudit d’extrême-droite, a critiqué Gallant et le Premier ministre Benjamin Netanyahu qui apportent leur soutien à la conclusion d’un accord avec le Hezbollah qui permettrait d’éviter une guerre à la frontière nord du pays.

De son côté, le Hezbollah a revendiqué, vendredi, des dizaines de tirs de barrage menés en début de journée – avec notamment des roquettes qui avaient pris pour cible une base militaire située aux abords de Kiryat Shmona; l’envoi de drones remplis d’explosifs qui avaient visé une position de l’armée dans l’Ouest de la Galilée et plusieurs attaques qui avaient été commises le long de la frontière.

L’armée israélienne a déclaré avoir lancé des missiles intercepteurs en direction des trois drones, en vain. Selon les militaires, un bâtiment de l’Ouest de la Galilée a été endommagé par une roquette et les projectiles ont aussi déclenché plusieurs débuts d’incendie dans le nord du pays.

Aucun blessé n’a été à déplorer dans ces attaques – même si une habitation de la communauté de Shlomi, à la frontière avec le Liban, a essuyé des dégâts suite à un tir de roquette. Tsahal a annoncé avoir frappé, à l’aide de tirs d’artillerie, les sites de lancement des projectiles et avoir ultérieurement mené « une vague de bombardements » contre des cibles du Hezbollah, dans le sud du Liban.

De la fumée s’élève après une frappe israélienne sur le village de Shihin, dans le sud du Liban, près de la frontière avec Israël, le 28 juin 2024. (Crédit : Kawnat HAJU / AFP)

Parmi les cibles, un site militaire de Zibqin, des infrastructures à Khiam et à Houla et un bâtiment utilisé par le Hezbollah à Odaisseh, a fait savoir l’armée israélienne.

Le Hezbollah s’en prend aux communautés du nord presque quotidiennement depuis le lendemain du 7 octobre – lorsque des milliers de terroristes placés sous l’autorité du Hamas avaient pris d’assaut le sud d’Israël, massacrant près de 1 200 personnes et kidnappant plus de 250 personnes qui avaient été prises en otage à Gaza. Les hommes armés s’étaient livrés à des atrocités et ils avaient commis des violences sexuelles à grande échelle.

Craignant que le Hezbollah ne lance une attaque similaire, Israël avait rapidement évacué les résidents des communautés qui se trouvent à la frontière avec le Liban. Environ 60 000 personnes sont encore déplacées aujourd’hui.

Les initiatives diplomatiques chapeautées par les États-Unis ont, jusqu’à présent, échoué à convaincre le Hezbollah de se retirer de la frontière, où les hostilités avec le groupe terroriste semblent sur le point de dégénérer en guerre ouverte.

Ainsi, un officiel américain aurait déclaré à Politico, jeudi, que le risque de conflit était plus important qu’il ne l’avait été depuis des semaines. Une attaque majeure de l’une des parties, a-t-il dit au site, pourrait faire éclater la guerre, ce qui pourrait survenir « avec un préavis particulièrement court ». Un responsable des Nations unies, pour sa part, a évoqué un conflit « potentiellement apocalyptique ».

S’exprimant devant les soldats en charge d’une batterie de défense antiaérienne du Dôme de fer dans le nord d’Israël, Gallant a déclaré que le pays était en train de développer deux alternatives « importantes » pour le Liban.

« Nous préparons nos forces militaires… et ça peut arriver rapidement. De l’autre côté, une alternative politique est aussi préparée, c’est toujours préférable », a-t-il indiqué.

« Nous ne cherchons pas la guerre mais nous y sommes prêts. Et si nous arrivons à un carrefour, il marquera obligatoirement un tournant pour l’ennemi comme pour nous. Si le Hezbollah choisit la guerre, nous saurons ce que nous devrons faire. S’il choisit la voie d’un accord, nous y répondrons », a noté Gallant.

« Je sais que ce n’est pas facile, je sais que ce n’est pas facile pour vous et que ce n’est pas facile pour les résidents du nord. Il n’y a qu’une seule chose que je peux vous dire : c’est que c’est beaucoup plus difficile pour le Hezbollah et pour le Liban. C’est toujours facile de s’exprimer à l’abri d’un bunker en faisant des déclarations d’intention », a-t-il ajouté en faisant référence au leader du Hezbollah Hassan Nasrallah qui vit dans un bunker.

« En fin de compte, il y a eu plus de 450 terroristes qui ont été tués au Liban. Le secteur est pilonné à un niveau très important. Et le fardeau pèse, en conséquence, beaucoup plus lourd sur l’ennemi que ce n’est le cas pour nous », a poursuivi Gallant.

Le ministre de la Défense Yoav Gallant parle avec des soldats en charge d’une batterie de défense antiaérienne du Dôme de fer dans le nord d’Israël, le 28 juin 2024. (Crédit : Shachar Yurman/Defense Ministry)

Gallant avait, semble-t-il, déjà exprimé ce point de vue lors de la réunion du cabinet qui avait commencé à une heure avancée de la soirée de jeudi.

« J’ai dit aux Américains que ce n’est pas nous qui voulons une guerre dans le nord et que si nous trouvons un accord qui fera reculer le Hezbollah de la frontière, ce sera acceptable », avait déclaré Gallant, qui venait de rentrer d’une visite de quatre jours à Washington.

« Et comment pourrions-nous ne pas avoir une guerre ? », avait rétorqué Ben Gvir. « N’avons-nous donc rien appris de vingt années passées à conclure des accords ? Nous allons conclure un accord et, dans un an ou deux, ils viendront violer nos femmes et assassiner nos enfants ».

Le ministre d’extrême-droite avait aussi riposté quand Netanyahu avait dit être favorable à une solution diplomatique avec le Hezbollah.

« Si nous trouvons un accord qui ouvre la porte au retour des résidents dans le nord, alors nous pourrons en conclure un », avait dit Netanyahu, selon les médias israéliens, « mais c’est le cœur de l’arrangement – permettre le retour des résidents dans le nord. Il n’y a que cette condition qui autorisera Israël à conclure un accord ».

Ben Gvir aurait alors affirmé que finaliser un accord avec le Hezbollah entraînerait une répétition des horreurs du 7 octobre, ajoutant « on ne passe pas d’accord avec les nazis ».

Le député d’Otzma Yehudit Yitzhak Kroizer arrive au bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu à la Knesset, le 14 juin 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Un membre du parti de Ben Gvir dont les propos ont été ultérieurement cités dans le journal Makor Rishon a émis des menaces à l’encontre de la coalition, disant que sa faction renverserait le gouvernement si Israël ne lançait pas une offensive contre le Hezbollah.

« S’il n’y a pas de campagne dans le nord, nous devrons prendre une décision sur notre maintien au gouvernement », a déclaré à l’hebdomadaire le député d’Otzma Yehudit, Yitzhak Kroizer. « Ce gouvernement ne peut pas continuer à exister si un accord diplomatique doit être conclu pour mettre un terme aux tensions dans le nord ».

Le parti d’extrême-droite – dont le nom se traduit littéralement par « Puissance Juive » – occupe six sièges à la Knesset, forte de 120 membres. S’il devait quitter la coalition, cette dernière ne compterait plus que 58 sièges – soit trois de moins pour avoir la majorité – et il se retrouverait dans l’incapacité de gouverner.

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