Hilla Medalia raconte l’irruption violente de pro-Palestiniens à Carpentras
Rechercher

Hilla Medalia raconte l’irruption violente de pro-Palestiniens à Carpentras

La réalisatrice de "Dancing in Jaffa" explique avoir eu peur pour sa sécurité au Festival du film israélien

Une scène du documentaire "Dancing in Jaffa" (Crédit : capture d'écran Youtube)
Une scène du documentaire "Dancing in Jaffa" (Crédit : capture d'écran Youtube)

La réalisatrice israélienne récompensée Hilla Medalia est habituée que ses films provoquent des discussions et des débats mouvementés, mais n’avait jamais fait l’expérience de ce qui s’est passé à la projection de son film « Dancing in Jaffa » le 6 octobre à Carpentras, dans le cadre du Festival du film israélien.

Au moment même où Medalia et le Consul général d’Israël à Marseille, Barnea Hassid, avaient terminé leur discours d’introduction, une vingtaine de personnes du public se sont levées et ont commencé à crier des slogans anti-Israël. Ils ont ensuite lancé des bombes puantes.

« La police a dû les évacuer par la force », a déclaré Medalia au Times of Israël à son retour en Israël le 8 octobre.

La projection du film racontant le projet de coexistence des deux peuples mené à bien par Pierre Dulaine, quatre fois champion du monde de danse salon, revenant dans sa ville natale de Jaffa pour rassembler des enfants juifs et palestiniens par la danse, a été déplacée vers une autre salle du cinéma.

Entre temps, les manifestants, rejoints par environ 80 personnes supplémentaires, ont continué à lancer des slogans injurieux à l’encontre d’Israël à l’extérieur du cinéma. Puisque la rue a été bloquée pour des mesures de sécurité, les manifestants ont dû se tenir à une certaine distance du bâtiment où se déroulait le Festival.

« Nous avons interrompu la projection pour dénoncer la présence du consul qui représente un Etat criminel ayant massacré 2 500 personnes en 51 jours », a déclaré un membre de Vaucluse-Palestine (Association Solidarité France Palestine) à l’AFP, en référence à l’opération Bordure protectrice menée par Israël contre le groupe terroriste du Hamas à Gaza entre juillet et août.

Abdel Zahiri, un porte-parole de l’organisation, a accusé Hassid de ne pas vouloir engager le dialogue.

Medalia est restée dehors pour voir comment se déroulait la manifestation qui a duré une heure environ.

« La police m’a dit qu’ils avaient les mains liées et qu’ils ne pouvaient rien faire, même si les manifestants n’avaient pas d’autorisation ».

Inquiète pour sa sécurité personnelle, Medalia a été escortée par la police jusqu’à son hôtel.

« C’était très frustrant pour moi, particulièrement parce que le film traite de la compréhension et du respect de l’autre. C’est un film qui donne l’espoir – qu’à travers l’éducation et l’art, on peut faire changer les choses », a déclaré la réalisatrice.

« Je suis contre toute forme de violence, que ce soit celle de l’armée ou celle de manifestants à la projection du film », a-t-elle ajouté.

Medalia a déclaré qu’elle avait pris le micro dès que les manifestants ont commencé à interrompre l’événement. Elle leur a demandé de rester voir le film et d’engager le dialogue, mais sa demande n’a pas été entendue.

« Il y avait aussi un homme dans le public qui s’est dit de Gaza et a affirmé avoir perdu 10 membres de sa famille pendant la guerre de cet été. Il a lancé aux manifestants que ce n’était pas la bonne manière », explique-t-elle.

Malgré le choc éprouvé de voir la projection de son film interrompue de la sorte, Medalia a déclaré qu’elle ne laisserait pas les manifestants l’empêcher de continuer à faire des films sur le conflit israélo-palestinien.

Des événements récents ont cependant montré de près la difficile réalité à la réalisatrice. Elle a déclaré qu’une triste leçon pouvait être tirée de la manifestation, comme le montre l’exemple de la journaliste d’Haaretz sur les affaires palestiniennes, à qui l’on avait demandé en septembre de quitter une conférence qui se tenait à l’Université Bir Zeit de Ramallah parce qu’elle était juive.

« Peu importe le travail que tu fais ou de la façon dont tu présentes les choses », explique-t-elle.

« Au final, tu te retrouves en plein milieu d’un conflit et tu es considéré comme appartenant à une des parties, même si tu es en désaccord avec cette partie et que tu te bats pour l’autre camp ».

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...