Impassible face à la remise en cause du statut du Kotel, Nir Barkat attend toujours le déplacement de l’ambassade
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Impassible face à la remise en cause du statut du Kotel, Nir Barkat attend toujours le déplacement de l’ambassade

Pour le maire de Jérusalem, la reconnaissance de Jérusalem Ouest comme capitale d'Israël de la part de la Russie est “un bon début”, mais il “en attend davantage des Américains”

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Le maire de Jérusalem, Nir Barkat, au sommet du musée de la Tour de David, le 14 avril 2015 (Crédit : Hadas Parush/Flash90)
Le maire de Jérusalem, Nir Barkat, au sommet du musée de la Tour de David, le 14 avril 2015 (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Le maire de Jérusalem Nir Barkat a maintenu mercredi qu’il était impassible face aux refus des responsables américains d’affirmer la souveraineté d’Israël sur le mur Occidental, et a déclaré qu’il attend toujours que l’administration Trump relocalise l’ambassade américaine à Jérusalem.

Quatre jours avant l’arrivée prévue du président américain Donald Trump pour sa toute première visite en Israël, Barkat a salué la Russie, qui a récemment reconnu Jérusalem Ouest comme capitale d’Israël, et a indiqué qu’il en attendait davantage de la part des Américains. Bien que Trump soit en droit de consulter les principaux concernés de la région avant de déplacer l’ambassade, le maire a déclaré que la nomination de plusieurs membres du gouvernement ouvertement pro-Israël suggère qu’il finira par ordonner la relocalisation.

« Je n’accorderais pas trop d’importance à une déclaration d’une personne ou de qui que ce soit dans le monde », a déclaré le maire, en référence aux informations selon lesquelles un fonctionnaire consulaire américain stationné à Jérusalem aurait déclaré à ses homologues israéliens lors des préparatifs de la visite de Trump que le mur Occidental n’est pas un territoire israélien mais qu’il « fait partie de la Cisjordanie ».

Le conseiller à la sécurité nationale H.R. McMaster et porte-parole de la Maison Blanche, Sean Spicer, ont mardi éludé les questions des journalistes qui cherchaient à savoir si les États-Unis considèrent que le mur Occidental, le lieu de prière le plus célèbre du peuple juif, faisait ou non partie d’Israël.

H. R. McMaster, conseiller américain à la sécurité nationale, dément que le président Donald Trump a partagé des informations sensibles avec Moscou, devant la Maison Blanche, le 15 mai 2017. (Crédit : Saul Loeb/AFP)
H. R. McMaster, conseiller américain à la sécurité nationale, dément que le président Donald Trump a partagé des informations sensibles avec Moscou, devant la Maison Blanche, le 15 mai 2017. (Crédit : Saul Loeb/AFP)

« Partout où vous enfoncerez une pelle dans le sol, il existe des racines juives. Nous n’avons donc besoin de personne pour nous expliquer comment la ville était et sera toujours juive, d’une part, mais respectueuse des autres religions d’autre part. Je pense que l’administration Trump le comprend très bien », a déclaré Barkat aux journalistes lors d’un point presse au sixième étage de la mairie.

« Nous ne sommes pas alarmé par une déclaration d’une personne. Il faut mettre les choses en perspective. Nous avons entendu ce que le Congrès a à dire, nous avons entendu ce que les responsables proches de Trump ont à dire. Et je crois que cette administration est beaucoup plus disposée à entendre le point de vue du gouvernement israélien et le point de vue historique. Nous verrons comment cela évolue. »

Barkat, membre du Likud, parti de droite du Premier ministre Benjamin Netanyahu, a également déclaré que l’administration Trump n’exerçait aucune pression pour ralentir la construction à Jérusalem Est.

Deux jours après l’investiture de Trump en janvier, Barkat a salué avec enthousiasme l’intention de la Maison Blanche de discuter du déplacement de l’ambassade vers Jérusalem. Il a décrit le président comme un « véritable ami d’Israël » et un « leader qui respecte ses promesses », et s’est extasié du « message clair [transmis] au monde : les États-Unis reconnaissent Jérusalem comme la capitale indivisible de l’État d’Israël. »

Mercredi, Barkat a adopté un ton un peu plus mesuré. « Il est difficile de prédire », a-t-il déclaré, tout en ajoutant que les responsables de la Maison Blanche lui ont dit qu’il n’y avait « aucun changement en vue » quand à la relocalisation de l’ambassade. « Il est légitime pour lui [Trump] d’entendre tout le monde avant de prendre sa décision finale », a déclaré le maire. « Je crois toujours qu’il déplacera l’ambassade. »

David Friedman, nouvel ambassadeur des Etats-Unis en Israël, embrasse le mur Occidental, dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 15 mai 2017. (Crédit : Menahem Kahana/AFP)
David Friedman, nouvel ambassadeur des Etats-Unis en Israël, embrasse le mur Occidental, dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 15 mai 2017. (Crédit : Menahem Kahana/AFP)

Pour Barkat, les « trois nominations majeures » de David Friedman au poste d’ambassadeur des États-Unis en Israël, Jason Greenblatt comme envoyé spécial pour les négociations internationales, et Jared Kushner comme responsable du dossier israélo-palestinien prouvent la bonne foi pro-Israël du président.

« Dites-moi qui vous nommez, je vous dirais ce que vous pensez. Les personnes qu’il a nommées ont une vraie connaissance du Moyen Orient », a déclaré Barkat.

Friedman a indiqué mercredi qu’aucune décision n’a encore été prise sur le déménagement de l’ambassade. « Je sais que le président travaille sur ce sujet et y réfléchit », a déclaré l’ambassadeur nouvellement installé au quotidien Israel Hayom. « Il consulte toutes les personnes concernées … et il prendra une décision… C’est le travail du président d’écouter toutes ces opinions et de faire ce qui est juste dans l’intérêt des États-Unis. »

Barkat, qui a déclaré qu’il entrera en politique nationale une fois qu’il aura terminé son mandat à la mairie de Jérusalem, a rejeté les arguments les plus largement cités contre le déménagement de l’ambassade. Ceux qui craignent la violence devraient savoir que la dernière vague d’attaques contre les Israéliens a commencé sans que personne ne parle de l’ambassade, a-t-il soutenu. « Pour qu’il y ait de la violence, il peut y avoir une raison quelconque, ou aucune raison, a-t-il dit. Si quelqu’un veut créer de la violence dans cette région, nous allons le combattre et gagner. »

Le déménagement de l’ambassade ne compliquerait pas les efforts pour atteindre la paix israélo-palestinienne, mais au contraire, il pourrait être la première étape vers un accord, a-t-il affirmé. Aucun accord ne peut être conclu avant que les Palestiniens n’abandonnent leur revendication sur Jérusalem, a ajouté le maire. « Il n’y aura pas de paix s’ils ne reconnaissent pas Jérusalem comme notre capitale et notre droit d’exister dans notre pays. En s’acharnant sur ce point, la communauté internationale n’aide pas à parvenir à un accord. »

Il a ajouté : « Si tant est qu’il y a un chemin pour parvenir à la paix, il passe par la reconnaissance de Jérusalem comme capitale [d’Israël]. Ne pas le reconnaître repousse encore l’échéance de la paix. »

Interrogé par Times of Israël sur la récente reconnaissance de la Russie de Jérusalem Ouest comme capitale d’Israël, il a répondu :

« C’est un bon début. C’est la première moitié. »

Mais, Barkat a ajouté : « J’attends beaucoup plus de l’administration américaine. Je m’attends à ce qu’ils reviennent et lisent la Bible, afin de mieux comprendre notre histoire. Si quelqu’un peut prétendre à un droit à toute la ville de Jérusalem et à toute la terre d’Israël, c’est l’Etat juif. C’est de cette revendication qu’il s’agit. C’est dans la Bible. »

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