Rechercher

Incitation à la haine : L’Europe conditionne l’aide financière à l’UNRWA

La commission du budget approuve un amendement visant à priver Ramallah de $20M si aucun changement n'est apporté pour promouvoir la coexistence avec Israël

Illustration : Sur cette photo du 26 mai 2019, un enseignant supervise pendant que des écoliers palestiniens passent un examen final lors du dernier jour de l'année scolaire, à l'école de garçons UNRWA Hebron, dans la ville d'Hebron en Cisjordanie. (AP Photo/Nasser Nasser)
Illustration : Sur cette photo du 26 mai 2019, un enseignant supervise pendant que des écoliers palestiniens passent un examen final lors du dernier jour de l'année scolaire, à l'école de garçons UNRWA Hebron, dans la ville d'Hebron en Cisjordanie. (AP Photo/Nasser Nasser)

Le Parlement européen, l’un des trois organes législatifs de l’Union européenne (UE), a présenté mardi un amendement qui conditionne le versement de plus de 23 millions de dollars de fonds européens à l’agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA) sous réserve d’une modification des manuels scolaires de l’Autorité palestinienne (AP), faisant trop souvent l’objet d’incitation à la violence.

La commission des budgets du Parlement européen a adopté un amendement au budget 2022 visant à retenir les fonds à moins que des révisions ne soient apportées au programme scolaire de l’AP. L’UNRWA utilise les manuels officiels du gouvernement sous lequel il opère, ce qui signifie qu’il utilise les manuels de l’AP en Cisjordanie et à Gaza.

Bruxelles est le principal donateur de l’AP – elle paie les salaires de ses fonctionnaires, y compris ceux qui conçoivent les programmes scolaires de l’AP – et a envoyé plus de 157 millions de dollars d’aide à l’UNRWA en 2021.

L’amendement oblige l’UNRWA à utiliser des manuels qui « promeuvent la coexistence et la tolérance avec ‘l’autre’ juif-israélien et l’éducation à la paix avec Israël, conformément aux objectifs de la solution à deux États. »

Si ces changements ne sont pas effectués avant le début de l’année scolaire palestinienne 2022, les crédits en réserve seront utilisés pour financer des ONG palestiniennes « ayant fait leurs preuves en matière de promotion de la coexistence avec Israël », indique l’amendement.

Ayant passé la commission du budget de Bruxelles, l’amendement devrait être soumis à un vote en plénière avec le reste du paquet budgétaire 2022 dans les prochains jours.

Les résolutions du Parlement européen de ces dernières années ont déclaré que « les discours de haine, l’antisémitisme et l’incitation à la violence » n’ont pas été retirés des manuels scolaires de l’AP et de l’UNRWA, malgré de nombreuses critiques.

« Les décisions [du Parlement européen] ont insisté pour que les salaires financés par l’UE des fonctionnaires de l’éducation qui rédigent les manuels scolaires palestiniens soient conditionnés à un matériel reflétant les valeurs de paix, de tolérance et de coexistence », a ajouté l’amendement dans sa justification.

Dans le même temps, le budget de l’UE pour 2022 – bien qu’il n’ait pas encore été adopté – devrait voir une hausse du financement de l’UNRWA de 157 à 167 millions de dollars.

Illustration : Des enfants palestiniens sont assis dans une salle de classe après le début précoce des cours dans une école du village bédouin de Khan al-Ahmar, en Cisjordanie, le 16 juillet 2018. (Abbas Momani/AFP)

La commission des budgets est prête à approuver le budget ratifié pour 2022 après son adoption par le Parlement européen le mois prochain.

L’amendement a été introduit par le vice-président de la commission, Olivier Chastel, du parti de gauche Renouveau européen, avec le soutien du co-vice-président, Niclas Herbst, du parti populaire européen centriste, le plus grand groupe du Parlement européen.

Chastel et Herbst ont fait l’objet de pressions de la part de l’Institut de surveillance de la paix et de la tolérance culturelle dans l’éducation scolaire (IMPACT-se), un organisme de surveillance israélien qui analyse les programmes scolaires palestiniens.

« Il s’agit d’une mesure cruciale qui en dit long sur la frustration permanente ressentie par les législateurs européens, qui ne sont tout simplement plus prêts à financer l’enseignement de la haine dans les classes palestiniennes. Ils exigent à juste titre que les enfants palestiniens apprennent la tolérance, la coexistence et le respect », a déclaré Marcus Sheff, PDG d’IMPACT-se, dans un communiqué.

Dans son discours aux Nations unies la semaine dernière, le président de l’AP Mahmoud Abbas a décrié ce qu’il a qualifié de « deux poids, deux mesures » appliqués aux Palestiniens, mais pas à Israël.

À titre d’exemple, il a cité les manuels scolaires palestiniens, qui, selon les critiques, incitent à la violence contre les civils israéliens et glorifient les terroristes avoués.

« On nous demande d’expliquer et de justifier ce qui apparaît dans notre matériel éducatif, même si cela explique notre récit et notre identité nationale. Pendant ce temps, personne n’exige de revoir les programmes scolaires et les médias israéliens, afin que le monde puisse voir la véritable incitation des institutions israéliennes », a déclaré M. Abbas.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...