Inondations en Iran, Téhéran accuse Washington de « terrorisme économique »
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Inondations en Iran, Téhéran accuse Washington de « terrorisme économique »

La République islamique n'a pas évoqué le budget alloué aux groupes terroristes qu'elle soutient, dont notamment le Hezbollah libanais

Une famille iranienne dans le village inondé d'Ahvaz, le31 mars 2019  (Crédit : Mehdi Pedramkhoo / TASNIM NEWS / AFP)
Une famille iranienne dans le village inondé d'Ahvaz, le31 mars 2019 (Crédit : Mehdi Pedramkhoo / TASNIM NEWS / AFP)

Le ministre iranien des Affaires étrangères Javad Zarif a accusé lundi les Etats-Unis d’entraver l’aide et de se livrer à des actes de « terrorisme économique » contre son pays, où les autorités ont ordonné l’évacuation immédiate de plusieurs villes touchées par des inondations.

Les villes concernées se trouvent dans une province de l’ouest du pays, où une personne est décédée des suites de ces intempéries.

Les sanctions américaines « entravent les efforts en matière d’aide du Croissant rouge iranien à toutes les communautés dévastées par les intempéries sans précédent », a tweeté M. Zarif en faisant référence aux opérations de recherche et de sauvetage menées dans le pays après les inondations provoquées par des pluies diluviennes.

« Parmi les équipements bloqués il y a des hélicoptères de secours », a-t-il écrit en ajoutant qu' »il s’agit non seulement d’un conflit économique; c’est du TERRORISME économique ».

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, prononce une allocution lors de la Conférence de Munich sur la sécurité à Munich, en Allemagne, le 17 février 2019. (AP Photo/Kerstin Joensson)

Le manque chronique d’hélicoptères de secours en Iran, en raison selon eux de sanctions américaines, a obligé les services d’urgence à solliciter l’armée pour intervenir avec des hélicoptères militaires et des véhicules blindés amphibies de transport de troupes dans les opérations de sauvetage.

La République islamique n’a pas évoqué le budget alloué aux groupes terroristes qu’elle soutient, dont notamment le Hezbollah libanais.

Pour son homologue américain Mike Pompeo, au contraire, « ces inondations montrent une fois de plus le niveau d’incurie du régime iranien dans la planification urbaine et la préparation aux situations d’urgence ».

« Le régime accuse des entités extérieures alors qu’en fait, c’est sa propre incurie qui a conduit à ce désastre », a-t-il ajouté dans un communiqué. « Il emprisonne même des militants écologistes qui tentent justement d’aider l’Iran à se préparer à ces défis ».

Présentant les « condoléances » des Etats-Unis aux victimes des inondations, le chef de la diplomatie américaine a assuré que Washington était « prêt » à « contribuer à la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, qui distribuerait ensuite l’argent via le Croissant-Rouge iranien pour les secours ».

L’Iran avait déjà été touché en mars par des inondations d’une ampleur inédite, qui avaient fait 45 morts à travers le pays.

« L’alerte rouge a été déclarée dans la province de Lorestan avec quatre ou cinq villes en situation très grave », a rapporté la chaîne d’information publique IRINN depuis Khorramabad, la capitale de cette province.

Coincés sur les toits

« A Khorramabad, l’eau a monté de trois mètres dans certains secteurs (…) Des informations font état de régions complètement inondées où les habitants sont coincés sur les toits de leur maison », a indiqué la télévision.

Le directeur du Croissant rouge pour le Lorestan, Sarem Rezaee, a indiqué que son organisation avait perdu tout contact avec une grande partie de la province.

« Les téléphones ne fonctionnent pas, nos communications radio sont hors service (…) Nous n’avons aucune nouvelle » de nombreux villages et villes, a-t-il déclaré à IRINN.

Il a indiqué que les routes étaient inondées et que les hélicoptères ne pouvaient atterrir en raison des conditions climatiques. « Nous avons demandé une aide d’urgence aux provinces voisines mais pour le moment personne ne peut faire quoi que ce soit », a-t-il ajouté.

L’aéroport de Khorramabad a été aussi inondé, la télévision montrant le tarmac sous les eaux.

Des responsables de la province de Lorestan ont donné des ordres d’évacuation dans de nombreux secteurs, faisant appel aux forces armées pour obliger les habitants ne voulant pas quitter les zones touchées à partir, selon des médias locaux.

Les autorités ont indiqué que les villes de Pol-e-Dokhtar et Mamulan étaient déjà à moitié sous les eaux. Des informations ont fait état d’un mort dans cette dernière ville.

Des images diffusées par des médias locaux montrent de grandes quantités d’eau se répandre à travers les rues de Pol-e-Dokhtar, où le niveau d’eau a atteint 1,5 mètre.

Les villages voisins ont aussi été touchés, et quatre des cinq barrages de la province de Lorestan ont débordé.

Des médias locaux ont également diffusé des images de ponts écroulés et d’oléoducs et de gazoducs détruits par les inondations.

Un carambolage dans une rue du sud de Chiraz, pendant d’importantes inondations, le 25 mars 2019. (Crédit : AMIN BERENJKAR / MEHR NEWS / AFP)

La principale voie ferrée reliant la capitale Téhéran au sud du pays a aussi été submergée par les eaux.

Une première vague d’inondations avait touché le nord-est du pays le 19 mars et une seconde l’ouest et le sud-ouest le 25 mars, faisant 45 morts en tout.

Les pluies actuelles dans l’ouest pourraient durer jusqu’à mardi.

Selon les services d’urgence, 23 des 31 provinces iraniennes ont été touchées par des inondations ou risquent de l’être.

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