Intelligence artificielle : Israël dans le top 5, la France n’y est pas
Le député mathématicien Cédric Villani explique l'absence de Paris par les difficultés administratives inhérentes au système
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La France n’est pas dans le top 5 des pays déployant l’intelligence artificielle mais n’a pas encore perdu la course, a estimé mercredi le député mathématicien Cédric Villani, qui rendra public en soirée le rapport que lui a commandé le gouvernement sur le sujet.
Les classements internationaux montrent que « les pays les plus en avance sur le déploiement de l’intelligence artificielle, ce sont les Etats-Unis, la Chine, l’Angleterre, le Canada et Israël, et nous n’y sommes pas », a déclaré le député sur France Inter.
« Il y a un différentiel » entre la capacité de recherche et de formation d’experts de la France, « qui est excellente », et « notre faculté à voir dans les grandes entreprises un développement de l’intelligence artificielle (…) au même niveau économique que nos concurrents », a-t-il dit.
Le rapport qu’il a préparé met particulièrement l’accent sur les efforts à faire pour garder en France les cerveaux, en leur offrant certes des conditions salariales satisfaisantes, mais aussi, et peut-être surtout, un environnement de travail favorable, a-t-il expliqué.
Quand on interroge les chercheurs français sur leurs motivations lorsqu’ils sont partis chez les grands acteurs du secteur technologique comme Google ou Facebook, « ils parlent avant tout de facilités de travail : moins de pression administrative, plus de facilités d’achat de matériel, plus de facilités de calcul ».
« Ce qui leur pèse le plus » dans les structures françaises, « c’est toute la question administrative », les « appels d’offres » qu’il faut réaliser, les « justifications » qu’il faut apporter, « le fait que ce soit tellement lent d’avoir des réponses quand il faut se lancer », a-t-il expliqué.
Le rapport de Villani identifie quatre domaines économiques particuliers ou la France doit particulièrement concentrer son effort de développement de l’intelligence artificielle, dans quatre domaines : la santé, les transports, l’environnement et la défense, a indiqué le député.
« On ne dit pas qu’il faut abandonner les autres » secteurs, mais il faut y avoir une logique « plus expérimentale », a-t-il expliqué. « On ne sait pas quelles techniques d’intelligence artificielle marchent dans l’éducation », a-t-il relevé par exemple.
Suite au rapport Villani, le président de la République Emmanuel Macron reçoit mercredi soir à l’Elysée des grands chercheurs internationaux en intelligence artificielle et annoncera jeudi les grandes orientations prises par l’exécutif dans le domaine.
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