Intelligence artificielle : Israël dans le top 5, la France n’y est pas
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Intelligence artificielle : Israël dans le top 5, la France n’y est pas

Le député mathématicien Cédric Villani explique l'absence de Paris par les difficultés administratives inhérentes au système

Cédric Villani, mathématicien français et député de "la république en marche" , le 2 juin 2017  (Crédit : AFP PHOTO / JOEL SAGET)
Cédric Villani, mathématicien français et député de "la république en marche" , le 2 juin 2017 (Crédit : AFP PHOTO / JOEL SAGET)

La France n’est pas dans le top 5 des pays déployant l’intelligence artificielle mais n’a pas encore perdu la course, a estimé mercredi le député mathématicien Cédric Villani, qui rendra public en soirée le rapport que lui a commandé le gouvernement sur le sujet.

Les classements internationaux montrent que « les pays les plus en avance sur le déploiement de l’intelligence artificielle, ce sont les Etats-Unis, la Chine, l’Angleterre, le Canada et Israël, et nous n’y sommes pas », a déclaré le député sur France Inter.

« Il y a un différentiel » entre la capacité de recherche et de formation d’experts de la France, « qui est excellente », et « notre faculté à voir dans les grandes entreprises un développement de l’intelligence artificielle (…) au même niveau économique que nos concurrents », a-t-il dit.

Le rapport qu’il a préparé met particulièrement l’accent sur les efforts à faire pour garder en France les cerveaux, en leur offrant certes des conditions salariales satisfaisantes, mais aussi, et peut-être surtout, un environnement de travail favorable, a-t-il expliqué.

Quand on interroge les chercheurs français sur leurs motivations lorsqu’ils sont partis chez les grands acteurs du secteur technologique comme Google ou Facebook, « ils parlent avant tout de facilités de travail : moins de pression administrative, plus de facilités d’achat de matériel, plus de facilités de calcul ».

« Ce qui leur pèse le plus » dans les structures françaises, « c’est toute la question administrative », les « appels d’offres » qu’il faut réaliser, les « justifications » qu’il faut apporter, « le fait que ce soit tellement lent d’avoir des réponses quand il faut se lancer », a-t-il expliqué.

Le rapport de Villani identifie quatre domaines économiques particuliers ou la France doit particulièrement concentrer son effort de développement de l’intelligence artificielle, dans quatre domaines : la santé, les transports, l’environnement et la défense, a indiqué le député.

« On ne dit pas qu’il faut abandonner les autres » secteurs, mais il faut y avoir une logique « plus expérimentale », a-t-il expliqué. « On ne sait pas quelles techniques d’intelligence artificielle marchent dans l’éducation », a-t-il relevé par exemple.

Suite au rapport Villani, le président de la République Emmanuel Macron reçoit mercredi soir à l’Elysée des grands chercheurs internationaux en intelligence artificielle et annoncera jeudi les grandes orientations prises par l’exécutif dans le domaine.

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