Iran: L’aide au Liban « ne doit pas être conditionnée à un changement » politique
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Iran: L’aide au Liban « ne doit pas être conditionnée à un changement » politique

L'Iran soutient le puissant mouvement terroriste chiite libanais du Hezbollah, qui s'oppose à un gouvernement neutre

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, lors d'une conférence de presse à Téhéran, Iran, le 10 juin 2019. (Ebrahim Noroozi/AP)
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, lors d'une conférence de presse à Téhéran, Iran, le 10 juin 2019. (Ebrahim Noroozi/AP)

L’aide au Liban, dévasté par l’explosion au port de Beyrouth, « ne devrait pas être conditionnée à un changement politique », a estimé vendredi le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif, alors que les Etats-Unis et la France pressent en ce sens.

Le ministre iranien des Affaires étrangères s’est exprimé après un entretien avec son homologue libanais démissionnaire Charbel Wehbé à Beyrouth, où se trouvent également le numéro trois de la diplomatie américaine David Hale et la ministre française des Armées Florence Parly.

Cette intense activité diplomatique se poursuit dix jours après l’explosion meurtrière au port de Beyrouth, qui a fait plus de 171 morts et 6 500 blessés et dévasté des quartiers entiers de la capitale.

« Nous pensons que le peuple et le gouvernement du Liban doivent décider, et que d’autres ne devraient pas conditionner leur aide à un changement au Liban en cette situation d’urgence », a déclaré le ministre iranien.

M. Zarif répondait à un journaliste qui l’interrogeait sur les appels à la formation d’un gouvernement neutre, ne comprenant pas de représentants des partis politiques traditionnels.

« A notre avis, ce n’est pas humain d’exploiter la souffrance et la douleur des gens à des fins politiques », a encore dit le responsable iranien.

Il a affirmé que « c’est à l’Etat et au peuple du Liban de décider de l’avenir du Liban », où l’Iran soutient le puissant mouvement terroriste chiite libanais du Hezbollah, qui s’oppose à un gouvernement neutre, selon des médias locaux.

Jeudi, le sous-secrétaire d’Etat américain pour les Affaires politiques, David Hale, a appelé dès son arrivée à Beyrouth à la formation d’un gouvernement « qui répond à la volonté du peuple libanais et s’engage véritablement et agit pour la réforme ».

La veille, le président français Emmanuel Macron avait mis en garde contre « toute interférence extérieure » au Liban lors d’un entretien téléphonique avec le président iranien Hassan Rouhani.

Réunis dimanche à l’initiative de M. Macron, les donateurs, qui ont collecté plus de 250 millions d’euros, avaient appelé les autorités libanaises à « s’engager à des réformes » et annoncé que l’aide serait directement distribuée à la population, faute de confiance en ses dirigeants.

Face à la colère de la rue qui rend la classe politique responsable de l’explosion au port – où étaient stockées des tonnes de nitrate d’ammonium depuis six ans de l’aveu même de certains dirigeants et sources sécuritaires -, le gouvernement de Hassan Diab a démissionné lundi.

Mais le président Michel Aoun, proche du Hezbollah et de plus en plus décrié, n’a pas encore fixé la date des consultations avec les blocs parlementaires représentant les partis politiques traditionnels, rejetés par le mouvement de contestation, pour désigner son successeur.

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