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Iran : Les pressions d’Israël sur la Maison Blanche ont porté leurs fruits – Lapid

Alors que la conclusion d'un accord nucléaire semble proche, le voyage du conseiller national à la Sécurité aux États-Unis aurait eu un effet positif sur la position de Washington

Le Premier ministre  Yair Lapid évoque l'Iran lors d'un point-presse sécuritaire pour les médias étrangers au bureau du Premier ministre de Jérusalem, le 24 août 2022. (Crédit : Kobi Gideon / GPO)
Le Premier ministre Yair Lapid évoque l'Iran lors d'un point-presse sécuritaire pour les médias étrangers au bureau du Premier ministre de Jérusalem, le 24 août 2022. (Crédit : Kobi Gideon / GPO)

Le Premier ministre Yair Lapid a indiqué, jeudi, que les pressions exercées par Israël sur les États-Unis dans le cadre des négociations sur l’accord nucléaire iranien avaient d’ores et déjà eu des effets positifs.

« Les Américains ont accepté une grande partie de ce que nous voulions qu’ils incluent dans la proposition d’accord », a dit Lapid en réponse à une question posée lors d’une conférence de presse organisée au début d’une réunion de la faction Yesh Atid. « C’est un changement bienvenu et le dialogue avec les Américains est bon, et nous allons le continuer ».

Lapid a répété que « l’actuel accord est un mauvais accord », notant les nombreux efforts israéliens livrés, cette semaine, dans l’objectif d’influencer les négociations – alors même que les pourparlers sur l’accord sur le nucléaire iranien, le JCPOA, semblent sur le point d’aboutir entre l’Iran et les grandes puissances mondiales.

Le Premier ministre a évoqué le déplacement à Washington, cette semaine, du conseiller à la sécurité nationale israélien Eyal Hulata pour « des discussions très intensives » sur la question et le voyage du ministre de la Défense Benny Gantz aux États-Unis. Le ministre a décollé mercredi.

Les propos de Lapid ont été tenus quelques heures après un article publié par Walla qui a affirmé que les responsables israéliens étaient un peu moins inquiets face à la possibilité de concessions majeures de la part des États-Unis à Téhéran suite à la visite effectuée par Hulata.

Hulata est arrivé mardi à Washington pour un entretien avec son homologue américain Jake Sullivan.

Le chef du conseil de Sécurité nationale israélien Eyal Hulata, à gauche, et son homologue américain Jake Sullivan devant la Maison Blanche, le 5 octobre 2021. (Crédit : Jake Sullivan/Twitter)

Walla a ainsi cité les propos d’un haut-responsable israélien qui aurait déclaré que les États-Unis avaient « durci leur positionnement » en réponse aux suggestions faites par l’Iran dans le cadre de la dernière proposition d’accord sur le nucléaire, une proposition qui est actuellement débattue à Vienne. Le site d’information a aussi laissé entendre que la série de déclarations publiques faites ces derniers jours au sein de l’État juif avait poussé la Maison Blanche à ne plus faire de concessions.

Le responsable a confié à Walla que les États-Unis avaient assuré à Hulata qu’ils ne céderaient pas aux demandes iraniennes visant à mettre un terme aux enquêtes menées par l’Agence internationale de l’énergie atomique sur les activités nucléaires présumées de la république islamique, et qu’ils ne lèveraient pas les sanctions appliquées aux entreprises liées au Corps iranien des Gardiens de la révolution.

Lapid, Gantz et le chef de l’opposition, Benjamin Netanyahu, se sont tous exprimés publiquement, ces derniers jours, sur le danger de l’accord qui semble émerger aujourd’hui. Gantz est parti mercredi soir pour une rencontre avec le chef du CENTCOM en Floride, un entretien prévu jeudi, et des réunions organisées à Washington, vendredi, devraient se concentrer sur l’Iran.

Juste avant son départ, Gantz a écrit sur Twitter que l’objectif de son déplacement était « de transmettre un message clair concernant les négociations entre l’Iran et les puissances mondiales sur l’accord nucléaire : un accord qui ne fait pas reculer de plusieurs années les capacités de l’Iran et qui ne restreint pas son programme dans les années à venir est un accord qui portera préjudice à la sécurité régionale et mondiale ».

Un haut responsable américain a assuré mardi que l’Iran avait abandonné sa demande visant à bloquer certaines inspections de l’AIEA, une concession de taille qui pourrait permettre de raviver l’accord sur le nucléaire de 2015.

« En plus des restrictions au programme nucléaire que l’Iran auraient à mettre en oeuvre, l’AIEA (Agence internationale de l’énergie atomique) serait à nouveau en mesure de superviser le régime d’inspections le plus drastique ayant jamais existé, permettant de détecter toute tentative de l’Iran de développer une arme nucléaire secrètement », a déclaré ce responsable sous couvert de l’anonymat.

Selon Washington, l’Iran a également ces jours derniers abandonné une autre exigence relative à la levée de la désignation des Gardiens de la Révolution en tant qu’organisation terroriste, selon la même source.

Cette exigence était catégoriquement refusée par les Etats-Unis et ne figure plus dans le dernier texte sur la table des négociations.

Le responsable américain a par ailleurs rejeté toute notion de concessions américaines, affirmant que c’est « l’Iran qui a fait des concessions sur des questions importantes ».

« Il reste encore des disparités à surmonter mais devions-nous parvenir à un accord pour retourner à l’accord nucléaire (de 2015), l’Iran aurait à prendre de nombreuses mesures significatives visant à démanteler son programme nucléaire », a-t-il ajouté.

Image satellite du site de l’usine d’enrichissement d’uranium de Fordo, en Iran. (Capture d’écran YouTube/Google Earth)

Parmi celles-ci, l’Iran se verrait interdire d’enrichir l’uranium au-delà de 3,67% et à en stocker plus de 300 kilos jusqu’en 2031, et des milliers de centrifugeuses seraient arrêtées et démantelées, dont celles de la centrale de Fordo, selon cette source.

L’Iran de son côté a demandé « quelques ajustements » à la proposition d’accord soumise par l’Union européenne aux participants aux négociations sur le dossier nucléaire iranien, a affirmé mardi le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell.

Dans une interview à la Télévision nationale espagnole, M. Borrell a confirmé que « la plus grande partie » des participants avaient accepté les demandes iraniennes, dont il n’a pas dévoilé la teneur, et que seule « manque la réponse des Etats-Unis ».

Les Etats-Unis ont nié lundi retarder ces négociations et indiqué continuer « à examiner » les réponses iraniennes, assurant que Washington répondrait dès « que cet examen et ces consultations (seront) terminés ».

Une réunion pourrait se tenir « cette semaine » à Vienne, a déclaré M. Borrell lundi.

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