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Israël, 1er pays à autoriser les gros drones de haut vol dans l’espace aérien civil

Egalement acheté par la Suisse, le drone StarLiner d'Elbit Systems collectera des données à des fins de sécurité et d’environnement

Judah Ari Gross est le correspondant du Times of Israël pour les sujets religieux et les affaires de la Diaspora.

Le Hermes 900 StarLiner, d'Elbit Systems Ltd. Hermes 900 StarLiner, un nouveau drone capable d'opérer dans l'espace aérien civil. (Crédit : Elbit Systems Ltd.)
Le Hermes 900 StarLiner, d'Elbit Systems Ltd. Hermes 900 StarLiner, un nouveau drone capable d'opérer dans l'espace aérien civil. (Crédit : Elbit Systems Ltd.)

Le ministère des Transports a certifié le drone StarLiner, de l’entreprise de défense Elbit, pour des vols dans l’espace aérien civil, faisant d’Israël le premier pays au monde à autoriser ce type de drones dans ce cadre d’opérations, a annoncé elle-même, mercredi, la société.

L’Autorité de l’aviation civile de l’État d’Israël a délivré l’autorisation fin décembre, au terme d’une période d’évaluation de plus de six ans, bien que la compagnie n’ait annoncé la nouvelle que mercredi.

« Nous sommes fiers de délivrer le certificat de type au drone Hermes Starliner, l’autorisant à voler dans l’espace aérien civil comme tout autre avion civil. Pour autant que la CAAI le sache, il s’agit d’une première mondiale », a déclaré le chef de l’Autorité de l’aviation civile israélienne, Joel Feldschuh, dans un communiqué publié par Elbit.

La plupart des drones actuellement disponibles n’ont pas les capteurs nécessaires pour naviguer dans l’espace aérien civil sans interférer avec d’autres aéronefs. En conséquence, de nombreux pays ont édicté des lois interdisant aux drones puissants qui atteignent des altitudes élevées de voler dans l’espace aérien civil.

Le drone StarLiner d’Elbit est une version modifiée du Hermes 900, utilisé par les armées du monde entier, adapté pour répondre aux exigences de l’aviation civile. Des capteurs ont été installés pour identifier d’autres avions et éviter les collisions, un système d’alerte supplémentaire a été ajouté pour l’empêcher de s’approcher ou de s’écraser au sol ainsi que des systèmes de décollage et atterrissage autonomes dans des conditions de non-visibilité, entre autres modifications.

Le StarLiner est destiné à permettre aux gouvernements et agences de sécurité de recueillir des renseignements au niveau national – à la fois à des fins de sécurité intérieure, de surveillance de l’environnement local et de mesure du changement climatique – dans les zones où les drones ne peuvent actuellement pas voler.

Lorsqu’un Hermes 900 non modifié a été utilisé pour assurer une sécurité renforcée lors de la Coupe du monde 2014 au Brésil, le reste de l’espace aérien où il opérait avait dû être fermé au trafic.

« L’autorisation accordée à un drone de voler au-dessus de zones peuplées et dans n’importe quel espace aérien civil permet aux gouvernements ainsi qu’aux organisations internationales et commerciales d’intégrer de gros drones de longue endurance dans des missions jusqu’à présent effectuées par des avions habités », a déclaré Elbit dans son communiqué.

Bien que la certification ne s’applique au cas précis qu’à l’espace aérien israélien, elle devrait faciliter son acceptation internationale.

« L’octroi du certificat de type de la CAAI scelle la conformité du drone Hermes Starliner d’Elbit Systems avec les normes OTAN pour l’approbation des drones en vue de leur intégration dans un espace aérien civil commun », a déclaré la société.

Ce titre inédit au monde aurait dû revenir, à l’origine, à la Suisse, qui avait signé des accords avec Elbit pour acquérir le StarLiner et devait commencer à l’exploiter dès 2019. Cependant, une série de revers – notamment un drone s’écrasant lors d’un vol d’essai en 2020 – avait reporté la finalisation de la vente, les Suisses ne devant recevoir les drones qu’à la mi-2022, trois ans après la date de livraison initiale.

Le porte-parole d’Elbit n’a pas précisé la date effective de livraison de ces drones à la Suisse.

Le ministre des Transports, Merav Michaeli, dont le bureau a certifié le drone, a salué cette décision, affirmant qu’il s’agissait d’une percée profitable au public in fine, dans une déclaration filmée à la Douzième chaîne, première à avoir relayé l’information.

« Le ministère des Transports maintient Israël à l’avant-garde technologique – une place d’où le pays peut maintenir son rôle de leader et d’où il peut réaliser de nouvelles avancées. Je suis fière qu’Israël soit le premier pays dont l’Autorité de l’aviation civile autorise l’usage de drones à de multiples fins, pour la protection environnementale, pour l’agriculture, pour la lutte contre les crimes et dans l’intérêt du public et du marché », a dit Michaeli.

Même si le StarLiner a été autorisé par le ministère des Transports à mener de telles opérations, il reste encore impossible de dire si des bureaux gouvernementaux non-militaires ont acheté cet aérodyne automatisé jusqu’à présent. Un porte-parole d’Elbit n’a, de son côté, pas voulu faire de commentaire.

En plus de la vente du StarLiner à la Suisse, Elbit Systems a aussi accepté de fournir son drone au ministère canadien des Transports.

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