Israël abaisse à 40 ans l’âge pour recevoir une 3e dose de vaccin
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Israël abaisse à 40 ans l’âge pour recevoir une 3e dose de vaccin

L'administration d'une troisième dose de vaccin aux Israéliens âgés d'au moins 40 ans doit débuter dimanche

Une femme israélienne de plus de 60 ans reçoit une troisième injection de vaccin contre le coronavirus dans une clinique de santé Clalit à Jérusalem, le 8 août 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)
Une femme israélienne de plus de 60 ans reçoit une troisième injection de vaccin contre le coronavirus dans une clinique de santé Clalit à Jérusalem, le 8 août 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Israël a décidé d’abaisser à 40 ans l’âge minimal pour recevoir une 3e dose de vaccin contre le coronavirus afin de lutter contre une hausse des contaminations liée au variant Delta, a annoncé jeudi le ministre de la Santé.

L’administration de cette piqûre de rappel a été recommandée par un panel d’experts chargé de conseiller le gouvernement sur la politique à mettre en œuvre dans la lutte contre le virus – une recommandation qui doit dorénavant être acceptée par le directeur-général du ministère de la Santé, Nachman Ash. Les spécialistes ont aussi prôné l’injection d’une troisième dose aux femmes enceintes, aux enseignants, aux employés du secteur de la santé, aux personnels des maisons de retraite ou intervenant dans les programmes sociaux, aux prisonniers et aux gardiens travaillant dans le milieu carcéral, indépendamment de l’âge – ainsi qu’aux Israéliens en surpoids ou diabétiques.

Le panel a précisé que ces groupes seraient éligibles à un rappel cinq mois après avoir bénéficié de la deuxième dose, et que les personnes en rémission du coronavirus n’en bénéficieraient pas.

Les caisses d’assurance-maladie Meuhedet et Maccabi ont expliqué qu’elles lanceraient la campagne de rappel des Israéliens de 40 ans et plus dès vendredi, sous réserve de l’approbation finale de principe par le gouvernement.

« Nous avons des vaccins pour tous et maintenant les gens de 40 ans et plus peuvent recevoir une 3e dose », a tweeté Nitzan Horowitz. « Le vaccin est efficace, stoppons ce Delta », a ajouté le ministre, en référence au variant plus contagieux.

L’administration d’une troisième dose de vaccin aux Israéliens âgés d’au moins 40 ans doit débuter dimanche.

L’État hébreu avait lancé il y a trois semaines une campagne pour permettre aux personnes âgées de 60 ans et plus de se faire injecter une troisième dose de vaccin, principalement du géant pharmaceutique Pfizer/BioNTech. Le 13 août, il avait une première fois abaissé l’âge minimal pour ce rappel à 50 ans.

L’Organisation mondiale de la santé s’est elle prononcée en faveur d’un moratoire sur ces troisièmes doses de rappel afin de laisser plus de vaccins disponibles pour les pays pauvres, où le taux de vaccination reste faible.

Un homme a reçu une troisième dose du vaccin contre le coronavirus dans un centre de santé à Katzrin, sur le plateau du Golan, le 16 août 2021. (Crédit : Michael Giladi/Flash90)

Le Premier ministre Naftali Bennett avait rétorqué que l’administration de ces doses en Israël, pays de neuf millions d’habitants, n’affecterait pas les stocks mondiaux et permettrait de tester l’efficacité d’une 3e dose.

Jeudi soir, M. Bennett, âgé de 49 ans, a annoncé qu’il se ferait lui-même injecter le lendemain une 3e dose.

« J’appelle toutes les personnes correspondant aux critères du ministère de la Santé à se faire vacciner (…) il ne faut pas parier sur nos vies », a-t-il plaidé, selon un communiqué de son bureau.

La Douzième chaîne a annoncé, jeudi soir, que les responsables du panel avaient estimé que sans troisième dose, environ une centaine d’Israéliens vaccinés, entre 40 et 49 ans, pourraient développer une forme grave du coronavirus dans les 30 prochains jours.

Selon les experts dont les propos ont été cités par la chaîne, les personnes bénéficiant d’un rappel sont six à huit fois moins susceptibles de développer des complications de la maladie et quatre fois moins susceptibles d’être infectés par rapport aux personnes ayant reçu deux doses.

Les experts pensent également de plus en plus que le variant Delta n’a pas de capacité particulière de contournement du vaccin Pfizer qui est utilisé en Israël et que c’est plutôt la diminution des effets des injections précédentes qui entraînent la maladie des citoyens qui ont été vaccinés, selon l’ancien directeur-général du ministère de la Santé, Gabi Barbash. Les capacités du rappel à protéger une grande partie de la population une fois qu’il a été administré en sont la preuve, a-t-il confié à la Douzième chaîne.

Un médecin se fait vacciner avec une troisième dose contre la COVID-19 à Jérusalem, le 17 août 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Un éminent expert a aussi indiqué à la Douzième chaîne que des tendances encourageantes étaient observables ces derniers jours dans la pandémie.

Eran Segal, biologiste à l’institut Weizmann des Sciences, a noté qu’il y avait un ralentissement du nombre de cas graves qui, a-t-il affirmé, est attribuable à la campagne de rappel.

« En toute honnêteté, nous ignorons ce qui va l’emporter, la campagne ou le taux d’infection – mais les quatre derniers jours poussent à l’optimisme », a-t-il commenté. « Je pense qu’à partir de la première ou de la deuxième semaine de septembre, nous stopperons la hausse du taux de morbidité. »

Au total, plus de 970 000 contaminations ont été recensées en Israël, dont plus de 6 700 décès. Plus de 5,4 millions de personnes ont reçu deux doses de vaccin, soit 58 % de la population, et quelque 1,2 million une troisième.

Israël avait été l’un des premiers pays à lancer, dès la mi-décembre, une vaste campagne de vaccination à la faveur d’un accord avec Pfizer qui lui avait livré rapidement des millions de doses payantes en échange de données sur l’efficacité du vaccin sur sa population.

Cette campagne avait permis de faire chuter drastiquement les infections, mais ces dernières semaines les contaminations sont reparties à la hausse avec la propagation du variant Delta chez des adultes non vaccinés mais aussi chez des personnes vaccinées il y a plus de six mois.

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