Israël annonce transférer un million de doses de vaccin COVID aux Palestiniens
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Israël annonce transférer un million de doses de vaccin COVID aux Palestiniens

En échange, Israël recevra les futures cargaisons destinées à Ramallah ; Israël a été la cible de fortes critiques pour ne pas aider à la campagne de vaccination des Palestiniens

Des flacons de vaccin anti-coronavirus Pfizer/BioNTech dans une chambre froide avant d'être emballés pour être livrés dans un entrepôt d'une banlieue de Paris, le 30 mars 2021. (Crédit : Joel Saget/AFP)
Des flacons de vaccin anti-coronavirus Pfizer/BioNTech dans une chambre froide avant d'être emballés pour être livrés dans un entrepôt d'une banlieue de Paris, le 30 mars 2021. (Crédit : Joel Saget/AFP)

Israël prévoit de transférer prochainement près d’un million de doses de vaccin Pfizer aux Palestiniens pour les aider dans leur campagne de vaccination contre le coronavirus, a annoncé vendredi le bureau du Premier ministre Naftali Bennett.

Dans un communiqué, le cabinet du Premier ministre a déclaré qu’il transférerait les doses approchant de leur date d’expiration, et qu’en échange, en septembre et octobre, Israël recevrait des livraisons de vaccins Pfizer initialement destinées aux Palestiniens.

« Le plan a été approuvé sur la base du fait que le stock actuel de vaccins d’Israël est suffisant pour ses besoins actuels », indique le communiqué du cabinet du Premier ministre.

Haaretz rapporte que le nouveau ministre de la Santé Nitzan Horowitz (Meretz) a pris cette décision jeudi après une réunion avec les responsables du ministère de la Santé. Le journal indique qu’une décision similaire de fournir les vaccins aux Palestiniens avait déjà été prise par le gouvernement précédent de Benjamin Netanyahu, mais qu’elle n’avait pas été mise en œuvre.

Le mois dernier, le directeur général du ministère de la Santé Chezy Levy avait exhorté à prêter assistance à la campagne de vaccination des Palestiniens, affirmant que, dans le cas contraire, Israël risquait de mettre en péril les acquis de sa propre campagne de vaccination.

« Nous devons aider les Palestiniens et prêter assistance à leur programme de vaccination, car cela pourrait affecter la morbidité ici chez nous », avait déclaré Levy à la radio publique Kan.

« Nous devons donner ou vendre les stocks de vaccins que nous avons, ou les aider à se procurer des vaccins », avait-il déclaré. « Dès qu’une décision [du gouvernement] sera prise, nous agirons rapidement. »

Le directeur-général du ministère de la Santé Chezy Levy lors d’une conférence de presse à Jérusalem, le 21 juin 2020. (Crédit : Flash90)

Levy a également déclaré qu’Israël devrait exiger que les Palestiniens admis dans le pays pour un traitement médical présentent d’abord un test de dépistage au virus négatif.

Alors qu’Israël a lancé une campagne de vaccination efficace et a été la première nation vaccinée, l’Autorité palestinienne a des difficultés à vacciner sa population.

Selon le ministère de la Santé de l’Autorité palestinienne, cette semaine, 436 275 personnes avaient reçu au moins une dose, et parmi elles 260 000 ont reçu les deux doses.

Ces chiffres incluent les plus de 100 000 travailleurs palestiniens vaccinés par Israël depuis mars, parce qu’ils entrent en contact régulier avec des Israéliens sur leur lieu de travail.

Ces chiffres incluent également les quelque 52 000 Palestiniens de la bande de Gaza qui ont été vaccinés.

Israël s’est jusqu’à présent abstenu de lancer une campagne de vaccination de la population palestinienne, malgré les appels d’organisations à but non lucratif israéliennes, une pétition auprès de la Haute Cour de justice et les exhortations des experts de la santé.

Israël a maintenu qu’en vertu des accords d’Oslo, les Palestiniens étaient responsables des vaccinations en Cisjordanie. Quant à Gaza, la zone est contrôlée par le groupe terroriste du Hamas.

L’Autorité palestinienne a commencé à recevoir des vaccins via COVAX, un programme mondial de vaccination pour les pays pauvres et en voie de développement soutenu par l’Organisation mondiale de la santé. Le programme vise à fournir suffisamment de doses gratuites pour vacciner jusqu’à 20 % de la population des pays participants ; environ 90 pays ont adhéré à ce programme.

Un ouvrier palestinien se fait vacciner par le personnel du Magen David Adom israélien au point de contrôle de Shaar Efraim en Cisjordanie, le 4 mars 2021. (Crédit : COGAT)

Les doses reçues à ce jour par l’Autorité palestinienne pour être utilisées en Cisjordanie sont composées de 100 000 doses en provenance de Chine et de 58 000 en provenance de Russie. Le reste des doses sont des vaccins d’AstraZeneca envoyés par COVAX.

Israël a également fait don de 5 000 doses de Moderna et de 200 doses de Pfizer au personnel médical palestinien.

La bande de Gaza, sous contrôle du Hamas, a reçu à ce jour 111 000 doses, dont 50 000 envoyées par COVAX, 60 000 doses de Spoutnik V russes fournies par les Émirats arabes unis, et 1 000 doses de Spoutnik V fournies par l’Autorité palestinienne.

COVAX a l’intention de fournir à terme environ 400 000 injections d’AstraZeneca aux Palestiniens, selon l’UNICEF.

Les Palestiniens ont subi leur pire vague de COVID-19 en mars et avril, qui a culminé à près de 3 000 nouveaux cas par jour. Cependant, à la suite d’un confinement strict, les chiffres sont tombés à quelque 250 cas par jour.

Bien que la barrière de sécurité isole Israël de la majeure partie de la population de Cisjordanie, et qu’il existe une barrière quasi hermétique entre Israël et Gaza, l’ensemble de la région est considéré comme une seule unité épidémiologique.

Des personnes font du shopping au centre commercial Dizengoff Center à Tel Aviv le 14 juin 2021, après que le ministère de la Santé a annoncé la fin de l’obligation de porter un masque dans les lieux publics fermés. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Par exemple, le US Centers for Disease Control and Prevention répertorie « Israël, Cisjordanie et Gaza » dans le même ensemble. Parce qu’Israël et les territoires sont regroupés, le département d’État américain a classé en avril Israël parmi les 116 pays de « Niveau quatre : ne pas voyager » sur sa liste consultative, citant un risque « sans précédent » dû à un « niveau très élevé de COVID-19 ».

Cela s’est produit alors même qu’Israël avait déjà levé presque toutes ses restrictions liées au virus, y compris ces derniers jours l’obligation du port du masque en intérieur.

La campagne de vaccination de masse d’Israël, qui a déjà administré les deux doses du vaccin à plus de la moitié de la population, ainsi que les mesures de confinement, ont fait baisser le nombre de nouveaux cas quotidiens (sur la base d’une moyenne hebdomadaire), de 8 600 au plus fort de la crise sanitaire à seulement 13 mercredi dernier.

Au plus fort de la pandémie, il y avait 88 000 cas actifs dans le pays, dont 1 228 dans un état grave. Jeudi, il y avait 248 infections actives dont 24 personnes dans un état grave.

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