Israël aurait largement compté sur la NSA pendant la guerre du Liban de 2006
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Israël aurait largement compté sur la NSA pendant la guerre du Liban de 2006

Selon une note interne de la NSA, issue de la série de documents secrets divulgués par E. Snowden, la guerre a poussé l'unité 8200 dans ses "limites techniques et de moyens"

Sur cette photo datée du 14 juillet 206, des jeunes libanais sont rassemblés sur une colline surplombant la ville de Beyrouth au Liban au coucher du soleil afin d'observer la fumée qui s'échappe d'un réservoir de carburant à l'aéroport international de Beyrouth, qui a été touché par une frappe israélienne. (AP Photo/Ben Curtis)
Sur cette photo datée du 14 juillet 206, des jeunes libanais sont rassemblés sur une colline surplombant la ville de Beyrouth au Liban au coucher du soleil afin d'observer la fumée qui s'échappe d'un réservoir de carburant à l'aéroport international de Beyrouth, qui a été touché par une frappe israélienne. (AP Photo/Ben Curtis)

Israël a largement compté sur les renseignements américains lors de la guerre du Liban de 2006, et a demandé, à de nombreuses reprises, de l’aide pour localiser des terroristes du Hezbollah en vue d’assassinats ciblés, selon les derniers documents classifiés ayant fuité par l’intermédiaire du lanceur d’alerte américain Edward Snowden.

Les deux documents divulgués mercredi ont révélé que même si l’Agence de sécurité nationale (NSA) n’avait pas l’autorisation légale de partager des informations en vue d’assassinats ciblés, la pression israélienne a conduit à la création d’un nouveau cadre de travail pour faciliter le partage de renseignements entre les deux pays.

L’un des documents rendu public cette semaine, par The Intercept, était un article de 2006 paru dans la newsletter interne de la NSA, SIDToday, écrit par un officiel anonyme de la NSA à Tel Aviv qui officiait comme agent de liaison avec des officiels israéliens pendant le conflit de 2006.

L’autre document était une présentation interne de la NSA résumant le partage de renseignements entre les Etats-Unis et Israël à cette époque.

Dans l’article SIDToday, l’officier de liaison indique que les relations entre les agences de renseignements israélienne et américaine se sont tendues à cause des demandes répétées d’aide de la part de l’unité israélienne SIGINT (ISNU) de renseignements militaires, aussi connue sous le nom d’Unité 8200.

Le rapport explique que la guerre de 2006 a poussé l’ISNU dans ses « limites techniques et de moyens », et des officiels israéliens se sont tournés vers leurs homologues américains à la NSA pour obtenir un grand soutien et de nombreuses informations sur des cibles du Hezbollah.

« Les demandes d’aide de l’ISNU à la NSA étaient vastes et focalisées sur des requêtes pour des tâches sensibles, des avertissements en cas de menace, dont des [renseignements électroniques] tactiques et la réception d’information de géo-localisation d’éléments du Hezbollah », a écrit l’officier américain en octobre 2006.

Le lanceur d’alerte américain Edward Snowden peut être vu sur des écrans vidéo lors du 34e Chaos Communication Congress tenu à Leipzig, Allemagne, le 28 décembre 2017. (Sebastian Willnow/dpa via AP)

« La dernière requête était particulièrement problématique, et j’ai eu plusieurs discussions tardives, et parfois tendues, avec l’ISNU pour expliquer l’interdiction légale de la NSA de fournir des informations qui pourraient être utilisées pour des assassinats ciblés », précisait le document.

L’officier a noté que « même en ayant parfaitement compris les dispositions américaines, [le chef de l’ISNU Dani] Harari a cherché l’aide de la NSA pour obtenir une exception à ce cadre légal ». Il a dit qu’Israël voyait cette interdiction comme étant « contraire non seulement au soutien d’Israël dans son combat contre le Hezbollah mais plus généralement, au soutien à la guerre américaine mondiale contre le terrorisme ».

Selon le document, la NSA a finalement décidé de créer un nouveau cadre de travail pour faciliter l’échange d’informations entre les deux pays en temps de guerre qui ne violerait pas les lois américaines. Les directives sont venues du Bureau du Directeur des Renseignements nationaux (ODNI) et du service gouvernemental supervisant les activités de renseignement américaines à l’étranger.

Aucun des documents publiés cette semaine ne détaillaient le nouvel arrangement de l’ODNI.

Dans la présentation interne de la NSA datant d’avril 2007, l’agence a résumé son partage d’informations avec Israël pendant la guerre.

Des batteries d’artillerie israélienne ouvrent le feu sur des positions du Hezbollah à la frontière entre Israël et le Liban le 18 juillet 2006. (Olivier Fitoussi/Flash90)

La NSA y notait que les officiels israéliens étaient « très anxieux » pendant les combats et comptaient très largement sur la NSA pour obtenir de l’aide.

Un passage intitulé « Que veut l’ISNU ? Tout ! » relate qu’Israël voulait des informations de la part des Etats-Unis sur des soldats israéliens capturés et voulait notamment savoir si l’Iran avait joué un rôle dans leurs enlèvements, et toute donnée de géolocalisation pertinente.

Une note manuscrite en marge de ce passage décrivait les requêtes israéliennes pour des données de géolocalisation comme « problématiques ».

Ancien employé de la NSA, Snowden est recherché par les Etats-Unis pour des accusations d’espionnage après avoir fait fuiter de nombreux documents secrets de l’agence.

Le fugitif de 35 ans a demandé l’asile en Russie, où il a obtenu un permis de résidence de trois ans qui lui permet de voyager à l’étranger.

D’autres opérations de collaboration top secrète entre Israël et les Etats-Unis ont été dévoilées dans les fuites réalisées par Snowden. Il a déclaré que le virus Stuxnet, connu pour avoir saboté des ordinateurs iraniens associés au programme nucléaire, avait été conçu en collaboration avec les agences d’espionnage américaine et israélienne.

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