Israël condamne l’empoisonnement d’un ex-espion sans mentionner la Russie
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Israël condamne l’empoisonnement d’un ex-espion sans mentionner la Russie

Avec des pincettes, le ministère des Affaires étrangères a déclaré "condamner vigoureusement" l'événement "qui s'est produit en Grande-Bretagne"

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Des militaires britanniques portent des combinaisons de protection afin d’enlever un véhicule lié à l’empoisonnement du 4 mars à Salisbury (Crédit : AFP / ADRIAN DENNIS)
Des militaires britanniques portent des combinaisons de protection afin d’enlever un véhicule lié à l’empoisonnement du 4 mars à Salisbury (Crédit : AFP / ADRIAN DENNIS)

Le ministère israélien des Affaires étrangères a publié jeudi un communiqué dénonçant « l’événement qui s’est produit en Grande-Bretagne », se référant selon toute vraisemblance à l’empoisonnement de l’ancien agent double russe Sergei Skripal à Salisbury.

La déclaration ne faisait pas mention de la Russie, accusée de cette tentative d’assassinat par des dirigeants du Royaume-Uni, des Etats-Unis, de la France et de l’Allemagne.

« Israël considère avec gravité l’événement survenu en Grande-Bretagne et le condamne vigoureusement », a déclaré le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué.

« Nous espérons que la communauté internationale coopérera afin d’éviter de tels événements », a déclaré le ministère.

Le 4 mars, Skripal, un ancien agent double russe, ainsi que sa fille Yulia et un policier britannique, ont été empoisonnés avec un agent neurotoxique rare et puissant. Skripal et sa fille se trouvaient toujours dans un état critique ce jeudi, et l’officier de police était considéré comme gravement malade.

La condamnation d’Israël fait suite aux condamnations des dirigeants américains, français et allemands, qui ont rejoint la Grande-Bretagne jeudi en accusant la Russie d’avoir empoisonné l’ancien espion avec un agent neurotoxique, qualifiant l’attaque de « première utilisation offensive d’un agent neurotoxique en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale. »

Selon le Kan et la Dixième chaîne, le ministère des Affaires étrangères n’a publié sa déclaration qu’à la demande directe de l’ambassadeur britannique en Israël auprès des responsables du cabinet du Premier ministre mercredi.

Dans un rare communiqué commun, le président américain Donald Trump, le président français Emmanuel Macron, la chancelière allemande Angela Merkel et la Première ministre britannique Theresa May ont déclaré qu’il n’y avait pas d’autre explication plausible que celle de la responsabilité de la Russie.

Theresa May, la Première ministre britannique, à l’abbaye de Westminster, à Londres, le 12 mars 2018 (AFP Photo / Pool / Kirsty Wigglesworth)

Les dirigeants ont déclaré que l’utilisation d’une arme chimique est « une attaque contre la souveraineté britannique » et « une violation du droit international ».

Mercredi, May a expulsé 23 diplomates russes du Royaume-Uni, rompu les contacts diplomatiques de haut rang avec Moscou et promis des actions ouvertes et dissimulées suite à l’attaque, plongeant les relations russo-britanniques au plus bas depuis la Guerre froide.

La Russie nie être la source de l’agent neurotoxique qui a empoisonné les Skripal. Dmitry Peskov, le porte-parole du Kremlin, a déclaré que la Russie était « préoccupée par cette situation » et qu’elle travaillerait afin de pouvoir exprimer sa position sur la scène internationale.

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a déclaré jeudi que Moscou expulserait « certainement » en riposte certains diplomates britanniques.

Par le passé, Israël a également organisé des tentatives d’assassinats à l’étranger en utilisant de puissants poisons.

L’opération la plus connue est la tentative d’assassinat du dirigeant du groupe terroriste palestinien du Hamas Khaled Mashaal en Jordanie en 1997. Les agents du Mossad qui l’ont aspergé de toxine létale ont été capturés, provoquant une crise diplomatique avec Amman qui a été résolue seulement quand Israël a accepté de fournir un antidote.

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