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Israël-Hamas: mise en garde de l’Arcom pour Radio France, possibles sanctions contre CNews

L'instance note la recrudescence de l'antisémitisme et appelle à ne pas ignorer "les risques de répercussions" que peuvent avoir les propos tenus par Guillaume Meurice

Guillaume Meurice sur France Inter, le 29 octobre 2023. (Crédit : France Inter / Capture d’écran YouTube)
Guillaume Meurice sur France Inter, le 29 octobre 2023. (Crédit : France Inter / Capture d’écran YouTube)

L’Arcom a adressé une mise en garde à Radio France pour un sketch polémique de Guillaume Meurice sur Netanyahu et ouvert la voie à des sanctions contre CNews pour des propos antimusulmans d’Eric Zemmour et Arno Klarsfeld, a indiqué le régulateur jeudi à l’AFP.

Ces décisions surviennent après l’étude d’une dizaine de séquences liées au conflit entre l’Etat d’Israël et le groupe terroriste islamiste du Hamas, l’Arcom ayant été saisie sur une vingtaine au total.

La guerre a éclaté, le 7 octobre, après l’assaut meurtrier commis par le Hamas sur le sol israélien – une attaque qui a fait 1 200 morts, des civils en majorité. Les terroristes ont aussi kidnappé au moins 240 personnes qui sont actuellement retenues en captivité dans la bande de Gaza.

Israël a riposté par une campagne militaire dont l’objectif est de renverser le Hamas au pouvoir à Gaza et de libérer les otages.

Dans l’échelle disciplinaire de l’instance, la mise en garde occupe le deuxième palier, après la lettre de rappel à la réglementation et avant la mise en demeure et les sanctions.

Celle adressée à Radio France clôt la polémique née fin octobre d’une chronique de l’humoriste Guillaume Meurice, qui a qualifié sur France Inter le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu de « sorte de nazi, mais sans prépuce ».

Dans une décision rare pour une séquence humoristique, l’Arcom a estimé que ce sketch avait « porté atteinte au bon exercice par Radio France de ses missions et à la relation de confiance qu’elle se doit d’entretenir avec l’ensemble de ses auditeurs », selon le courrier transmis à la présidente de Radio France, Sibyle Veil, consulté par l’AFP.

« Les risques de répercussions sur la cohésion de notre société ne pouvaient être ignorés, tout particulièrement dans un contexte marqué par la recrudescence des actes à caractère antisémite », a justifié l’autorité, « en réaffirmant l’importance qui s’attache à protéger la liberté d’expression des humoristes ».

L’Arcom précise également avoir « pris connaissance de l’avertissement » adressé par Sibyle Veil à Guillaume Meurice.

L’émission où il intervient, « Le grand dimanche soir », sera de retour en direct et en public dimanche, a annoncé France Inter jeudi. Le dernier épisode n’a pas été enregistré en public comme à l’accoutumée, en raison de menaces de mort reçues par l’équipe. Et dimanche, l’émission n’a pas été diffusée en raison de problèmes de santé de son animatrice Charline Vanhoenacker.

Par ailleurs, trois séquences diffusées sur CNews, dont deux après le 7 octobre, ont été transmises par l’Arcom à un rapporteur indépendant, étape préalable à de possibles sanctions pour la chaîne d’information du groupe Canal+ (Vivendi).

Éric Zemmour, candidat à l’élection présidentielle, au JT de TF1 dans les studios de la chaine à Boulogne-Billancourt, en région parisienne, le 30 novembre 2021. (Crédit : Thomas Coex/POOL/AFP)

Dans l’une d’elles, extraite de l’émission le Grand Rendez-vous du 29 octobre, le polémiste Eric Zemmour (Reconquête!) estime l’islam « incompatible » avec la France et la République. Dans une autre, deux jours plus tard, l’avocat Arno Klarsfeld vise une « minorité musulmane qui est agissante » en matière d’antisémitisme et évoque les nombreux musulmans travaillant « sur les chantiers » et ayant « accès à des explosifs ».

Dans la troisième, diffusée fin septembre, avant le début de la guerre, le journaliste Geoffroy Lejeune estime que l’antisémitisme est une des « conséquences » de « l’immigration arabo-musulmane, comme une partie du trafic de drogue, comme la surpopulation carcérale, comme l’abaya, comme tout ça ».

Les autres séquences analysées n’ont pas entraîné d’intervention de l’Arcom, notamment celle pour laquelle Caroline Fourest a été accusée de relativiser la mort d’enfants palestiniens sur BFMTV.

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