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Israël prend des initiatives visant à réduire les tensions avec la Russie

"Il vaut mieux que certaines choses ne soient pas dites", a déclaré le président Herzog, qui a assuré coopérer avec Lapid pour résoudre les problèmes diplomatiques

Le président israélien Isaac Herzog lors d'une conférence organisée par la Treizième chaîne à Jérusalem, le 26 juillet 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le président israélien Isaac Herzog lors d'une conférence organisée par la Treizième chaîne à Jérusalem, le 26 juillet 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le président Isaac Herzog a indiqué, mardi, qu’Israël tentait de faire profil bas dans le conflit croissant qui oppose le pays à Moscou face à l’initiative prise par la Russie de limiter les opérations de l’Agence juive dans le pays.

S’exprimant lors d’une conférence organisée par la Treizième chaîne, Herzog, qui a été lui-même président de l’Agence juive entre 2018 et 2021, a indiqué que si le problème était « cher à son cœur », il considérait comme préférable de n’en parler publiquement qu’au minimum.

« J’ai pleinement coopéré avec le Premier ministre Yair Lapid… J’apporterai mon aide à chaque fois que ce sera possible », a commenté Herzog qui s’est entretenu lundi soir avec Lapid.

« Il veut mieux que certaines choses ne soient pas dites », a ajouté le président.

« Je pense que moins on en parlera et mieux ce sera pour nous. Cela permettra une prise en charge appropriée du problème », a-t-il continué.

Herzog a noté que « la Russie est un pays important. Il peut y avoir de nombreux scénarios et de nombreuses explications différentes concernant la raison pour laquelle une telle chose a pu survenir, et comment elle est survenue… Laissons les choses se faire. Moins on en parlera et mieux ce sera pour nous ».

Isaac Herzog, qui dirigeait alors l’Agence juive, lors de cérémonies de bar et de mitzvah pour des adolescents à la synagogue Nitzanim de Jérusalem, le 20 mai 2019. (Crédit : Nachshon Philipson)

Malgré son rôle largement cérémonial, le gouvernement actuel aurait utilisé de manière répétée les talents diplomatiques du président Herzog.

Et en dépit de ces paroles, la Russie a envoyé des messages mitigés.

Alors que l’inquiétude monte en Israël face à l’initiative prise par la Russie de fermer les bureaux de l’organisation dans le pays, avec les conséquences géopolitiques qu’une telle démarche pourrait entraîner, le site d’information Ynet a fait savoir que les deux parties s’efforçaient de réduire les tensions.

Moscou a assuré à Jérusalem, lundi soir, que le problème était exclusivement d’ordre juridique et qu’il n’altérerait en rien les relations entre les deux pays, a ajouté le site d’information.

De son côté, l’État juif a assuré à la communauté juive russe que le dossier avait été pris en charge et qu’il n’y avait aucune raison de s’inquiéter, a-t-il continué.

Toutefois, la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a accusé Israël mardi d’avoir opté pour « un comportement non-constructif ».

« Malheureusement, nous avons assisté à l’emploi d une rhétorique qui était absolument non-constructive et partiale dans les déclarations faites, ces derniers mois, par Tel Aviv », a-t-elle déclaré sur la chaîne de télévision Soloviev Live, selon l’agence TASS, évoquant les propos de soutien tenus au sein de l’État juif à l’égard de l’Ukraine.

« Quand nous entendons les autorités du pays dire que certaines des actions russes entreprises au niveau bilatéral pourraient avoir un impact sur les relations, nous sommes en droit de nous demander si ces mêmes personnes pensent réellement que leurs actions et leurs déclarations, au cours des derniers mois, n’ont pas affecté les relations bilatérales », a-t-elle ajouté.

Ces propos et la marche arrière d’Israël ont eu lieu après une mise en garde de Lapid, dimanche, qui a averti que le problème pouvait négativement affecter les liens entre les deux pays.

Autre signe d’une tentative de la part des deux pays d’apaiser la situation, le bureau du Premier ministre a confirmé, mardi, que Lapid et le président russe Vladimir Poutine avaient échangé des vœux en date du 5 juillet, sans donner d’autre détail.

Cet échange a probablement eu lieu dans un cadre formel suite à l’arrivée au poste de Premier ministre de Lapid, le mois dernier.

A gauche, le Premier ministre Yair Lapid dirige une réunion du cabinet au bureau du Premier ministre de Jérusalem, le 17 juillet 2022. A droite, le président russe Vladimir Poutine à Moscou, le 1er juillet 2021. (Crédit : Abir SULTAN / POOL / AFP; Alexei Nikolsky, Sputnik, Kremlin Pool Photo via AP)

Lapid a essuyé de nombreuses critiques – majoritairement à droite – de la part de ses adversaires politiques qui affirment que les initiatives prises par Moscou à l’encontre de l’Agence juive, une organisation quasi-gouvernementale qui encourage l’immigration en Israël et qui la facilite, avaient été entraînées par ses condamnations continues et sans équivoque de l’invasion de l’Ukraine par les forces de Moscou.

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