Israël refuse des demandes de sortie de Gaza en raison de liens avec le Hamas
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Israël refuse des demandes de sortie de Gaza en raison de liens avec le Hamas

Le cabinet de sécurité a autorisé Israël à prendre des mesures pour faire pression sur le groupe terroriste palestinien pour faire libérer "les disparus et les otages" israéliens

Des Palestiniens au point de passage d'Erez, entre la bande de Gaza et Israël, le 3 septembre 2015. Illustration. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Des Palestiniens au point de passage d'Erez, entre la bande de Gaza et Israël, le 3 septembre 2015. Illustration. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Israël a refusé 833 demandes de permis pour sortir de Gaza au premier trimestre 2018, car les demandeurs avaient des liens familiaux présumés avec le groupe terroriste palestinien du Hamas qui contrôle la bande de Gaza, contre 21 l’an dernier, selon quatre ONG des droits de l’Homme.

Ces chiffres ont été fournis par le COGAT, l’organe du ministère israélien de la Défense chargé de coordonner les activités israéliennes dans les Territoires palestiniens, à la demande d’Adalah, Gisha, Al Mezan et Physicians for Human Rights – Israel.

Ces 833 demandes ont été déposées par 529 Gazaouis qui se sont vus refuser le droit de sortir de l’enclave, a précisé à l’AFP le COGAT, refusant de détailler la proportion de ceux qui avaient déposé une demande pour des raisons médicales, faute de soins disponibles dans la bande de Gaza et ceux qui avaient déposé plusieurs demandes.

Depuis plus d’une décennie, l’étroit territoire coincé entre Israël, l’Egypte au sud et la Méditerranée à l’ouest, contrôlé par le mouvement terroriste islamiste Hamas, étouffe sous un strict blocus terrestre, maritime et aérien imposé par Israël, doublé d’une fermeture quasi-permanente du point de passage vers l’Egypte.

« Refuser aux patients l’accès à un traitement médical au motif qu’ils ont des liens familiaux avec des membres du Hamas est une violation du droit international et est complètement immoral », ont indiqué ces organisations dans un communiqué commun.

Elles estiment que l’augmentation des refus résulte de la mise en application d’une décision du cabinet de sécurité israélien du 1er janvier 2017. Celle-ci autorise Israël à prendre « plusieurs mesures » pour faire pression sur le Hamas afin d’obtenir la libération « des disparus et des otages » israéliens à Gaza.

Les dépouilles de deux soldats israéliens, Oren Shaul et Hadar Goldin, tués durant la guerre de 2014 à Gaza sont aux mains du Hamas. Par ailleurs, deux civils israéliens, tous deux déclarés mentalement instables, sont présumés vivants et sous le contrôle de ce mouvement à Gaza.

Les soldats israéliens Oron Shaul (à gauche) et Hadar Goldin (Crédit : Flash90)

L’autorisation de sortir de Gaza pour se rendre en Israël « n’est pas un droit acquis », a précisé le COGAT dans un communiqué envoyé à l’AFP.

« En accord avec la décision du gouvernement, les habitants de la bande de Gaza qui sont des parents au premier degré de membres actifs de l’organisation terroriste du Hamas n’ont pas le droit d’obtenir des permis pour entrer en Israël », a-t-il ajouté.

« Certains patients atteints de cancer qui n’ont pas eu accès à des soins pour cette raison ne se connaissent pas de proches membres du Hamas », a cependant affirmé à l’AFP Shai Grunberg, porte-parole de l’ONG Gisha.

« Nous avons observé un renforcement du blocus depuis la fin de 2015 », a-t-elle indiqué, précisant que « 2017 a été la pire année » pour les attributions de permis d’entrée et de sortie dans Gaza depuis la guerre de 2014.

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