Israël va donner des permis de travail à 16 000 Palestiniens pour renforcer l’AP
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Israël va donner des permis de travail à 16 000 Palestiniens pour renforcer l’AP

Environ 122 000 Palestiniens travaillent actuellement légalement en Israël et dans les implantations et leurs revenus sont importants pour l'économie de l'Autorité palestinienne

Des travailleurs palestiniens de Hébron, en Cisjordanie, avec leurs effets personnels, entrent sur le territoire israélien à travers un trou creusé dans la clôture de sécurité, aux abords de Hébron, le 31 janvier 2021. (Crédit : Wisam Hashlamoun/Flash90)
Des travailleurs palestiniens de Hébron, en Cisjordanie, avec leurs effets personnels, entrent sur le territoire israélien à travers un trou creusé dans la clôture de sécurité, aux abords de Hébron, le 31 janvier 2021. (Crédit : Wisam Hashlamoun/Flash90)

Le gouvernement israélien devrait augmenter le nombre de permis de travail accordés aux Palestiniens de Cisjordanie, alors que les responsables de l’État juif appellent à renforcer l’économie chancelante de l’Autorité palestinienne.

16 000 nouveaux permis devraient ainsi être délivrés.

Selon le ministère de la Défense, l’instance militaire israélienne en charge des affaires civiles palestiniennes – connue sous le nom de COGAT – a fait part de cette intention aux hauts-responsables palestiniens, mercredi.

Le plan avait été initialement annoncé par le ministre des Affaires régionales, Issawi Frej, qui avait expliqué avoir développé cette initiative aux côtés du ministre du Logement Zeev Elkin. Mais alors que la proposition devait à l’origine être approuvée par le gouvernement dimanche dernier, des « problèmes techniques » avaient entraîné un report de la décision, a noté le bureau de Frej.

Environ 87 000 Palestiniens travaillent légalement au sein de l’État juif, selon les chiffres officiels, et 35 000 autres travaillent dans les implantations israéliennes en Cisjordanie. La majorité d’entre eux travaillent dans les secteurs de l’agriculture et de la construction.

La plus grande partie des nouveaux permis – environ 15 000 – seront octroyés spécifiquement dans le secteur de la construction, indique la proposition. 1 000 autres seront remis à des Palestiniens travaillant dans le secteur hôtelier.

Des dizaines de milliers de travailleurs franchissent régulièrement illégalement la frontière, à travers les trous de la clôture de sécurité. Les forces israéliennes détourneraient occasionnellement le regard face à ce phénomène, tandis qu’ils répriment les contrevenants dans d’autres cas.

Des ouvriers palestiniens entrent en Israël par le point de contrôle Mitar dans la ville de Hébron en Cisjordanie, le 3 mai 2020. (Crédit : Wisam Hashlamoun/Flash90)

Les revenus de ces travailleurs sont une source de financement importante pour l’économie palestinienne, qui a souffert d’une diminution de l’aide internationale et d’une année de pandémie.

Le gouvernement devrait approuver le plan la semaine prochaine, selon Frej et selon le bureau du ministre de la Défense Benny Gantz. Frej s’est engagé à promouvoir des programmes économiques profitant à la société civile, et certains seraient d’ores et déjà en route.

« Cette initiative est la première d’une série actuellement envisagée dans les pourparlers qui ont actuellement lieu entre les responsables israéliens et palestiniens et qui visent à aider à ancrer la force économique de l’Autorité palestinienne », a commenté Frej.

Frej a rencontré de manière répétée d’importants responsables palestiniens au cours des dernières semaines, avec pour objectif d’élargir la coopération civile entre les deux parties. Les relations entre Israël et l’Autorité palestinienne sont médiocres depuis des années, et les liens entre les deux parties sont essentiellement gérés par l’armée et les services de renseignement israéliens.

« Cette mesure renforcera les économies israélienne et palestinienne et elle contribuera largement à la stabilité sécuritaire dans la région de Judée-Samarie. La stabilité économique est déterminante pour préserver la sécurité dans la région », a déclaré le chef du COGAT, Ghassan Alian.

Suite au récent conflit qui a opposé Israël et le groupe terroriste du Hamas, à la tête de la bande de Gaza, les responsables israéliens ont affirmé de manière répétée qu’ils espéraient pouvoir renforcer l’Autorité palestinienne en difficulté.

« Le changement le plus souhaitable, à mon sens, est de renforcer autant que possible l’Autorité palestinienne et de ne pas laisser le Hamas être celui qui établit l’ordre du jour – ni dans le secteur de la bande de Gaza, ni à Gaza », avait déclaré Gantz au lendemain du conflit du mois de mai.

Les Palestiniens, de leur côté, auraient émis une liste de mesures susceptibles de construire la confiance qui, espèrent-ils, sera prise en compte – avec plus de permis délivrés aux travailleurs, une nouvelle mission diplomatique de Ramallah à Jérusalem-Est et des permis de construire délivrés aux Palestiniens dans les zones de Cisjordanie où l’approbation d’Israël est nécessaire pour les constructions.

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