Jean Lévy, survivant de la Shoah et passeur de mémoire, s’est éteint à 92 ans
Rescapé de la Seconde Guerre mondiale et figure majeure du travail de mémoire à Lyon, il a consacré sa vie à transmettre l’histoire aux jeunes générations. Le maire de Lyon lui rend hommage
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Jean Lévy, rescapé de la Shoah, s’est éteint à Lyon le 6 mars, à l’âge de 92 ans. Il était l’un des derniers témoins directs de la Seconde Guerre mondiale à Lyon.
Né dans le Haut-Rhin en 1933, il n’a que 6 ans lorsque lui et sa famille sont contraints de fuir. À l’été 1940, ils trouvent refuge à Saint-Amour, dans le Jura, où la population, le maire en tête, accepte de les cacher. En 1944, ils traversent la frontière suisse et Jean Lévy est pris en charge par l’Œuvre de secours aux enfants (OSE). Il survit, tout comme l’ensemble de sa famille.
Au lendemain de la guerre, Jean Lévy s’engage activement dans la transmission de la mémoire. Il devient notamment délégué régional de l’association des Fils et Filles de Déportés Juifs de France, fondée par Serge et Beate Klarsfeld, ainsi que président du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) Rhône-Alpes. Pendant plus de trente ans, il témoigne dans les collèges et lycées et accompagne des élèves lors de voyages au camp d’Auschwitz.
Il a également œuvré pour l’installation d’une plaque en mémoire des victimes assassinées par la Gestapo le 27 juillet 1944 sur la place Bellecour, dans le 2e arrondissement de Lyon. Cinq hommes – René Bernard, Albert Chambonnet, Francis Chirat, Gilbert Dru et Léon Pfeffer – avaient été exécutés en représailles d’un attentat commis quelques heures auparavant par la Résistance française contre le café-restaurant du Moulin-à-Vent, fréquenté par l’occupant nazi. Incarcérés à la prison de Montluc au moment de l’attentat, ces cinq hommes ne pouvaient en être les auteurs. La plaque commémorative a finalement été inaugurée le 2 septembre 2025.
Grégory Doucet, maire écologiste de Lyon, a rendu un dernier hommage à Jean Lévy : « Au nom de la Ville de Lyon, j’adresse mes pensées les plus sincères à sa famille, à ses proches et à toutes celles et ceux qui ont partagé ses combats. »
L’édile a salué en lui « un acteur essentiel du travail de mémoire dans notre ville ». « Inlassablement, il témoignait auprès des jeunes générations, convaincu que le devoir de mémoire est un devoir civique et un rempart contre le retour de la haine », a-t-il ajouté. « Jean Lévy était un témoin, un passeur, un homme de conviction et d’une grande humilité, qui n’a jamais cessé d’alerter contre l’oubli. » Et de conclure : « Nous continuerons, fidèlement, à faire vivre ce devoir de mémoire auquel il a consacré sa vie. »
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