Jérusalem : des milliers de manifestants à Istanbul après la prière du vendredi
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Ce que dit Trump n'a absolument aucune importance. Quand nous voyons le mot 'Israël' sur une carte, nous le barrons pour écrire 'Palestine'

Jérusalem : des milliers de manifestants à Istanbul après la prière du vendredi

Sur la rive européenne d'Istanbul, les manifestants brandissaient des pancartes proclamant "Jérusalem est notre honneur", "A bas l'Amérique, à bas Israël"

Des manifestants anti-américains et anti-Israël, après la reconnaissance de Jérusalem par Donald Trump, à Istanbul le 7 décembre 2017. (Crédit : AFP/YASIN AKGUL)
Des manifestants anti-américains et anti-Israël, après la reconnaissance de Jérusalem par Donald Trump, à Istanbul le 7 décembre 2017. (Crédit : AFP/YASIN AKGUL)

Plusieurs milliers de personnes ont manifesté après la prière du vendredi à Istanbul et Ankara pour dénoncer la reconnaissance par les Etats-Unis de Jérusalem comme capitale d’Israël, selon des journalistes de l’AFP.

Plusieurs milliers de personnes ont défilé dans le quartier conservateur de Fatih, sur la rive européenne d’Istanbul, brandissant des drapeaux palestiniens et des pancartes proclamant « Jérusalem est notre honneur », « A bas l’Amérique, à bas Israël ».

Des manifestants ont piétiné un portrait du président américain Donald Trump qualifié de « laquais du sionisme ».

M. Trump a reconnu mercredi Jérusalem comme capitale d’Israël, suscitant la colère des Palestiniens et des réactions de réprobation bien au-delà du Proche-Orient.

Le gouvernement turc a fermement condamné cette mesure, le président Recep Tayyip Erdogan estimant notamment qu’elle plongeait la région dans un « cercle de feu ».

Cette annonce a suscité en Turquie de nombreuses réactions, y compris sur les réseaux sociaux où le mot-dièse « #LaTurquieDeboutPourJérusalem » était parmi les plus partagés sur Twitter vendredi.

Un autre rassemblement a réuni plusieurs centaines de personnes à Ankara, a constaté un photographe de l’AFP. Un groupe a tenté de brûler un drapeau israélien devant l’ambassade des Etats-Unis, mais la police l’en a empêché.

« A vrai dire, il faut remercier Trump (…) Avec cette seule décision, il a démontré que l’Amérique était le +Grand Satan+ », a déclaré Bülent Yildirim, patron de l’ONG IHH qui a co-organisé le rassemblement à Istanbul.

« Israël, nous te noierons sous nos crachats ! », a-t-il lancé. « Nous allons libérer Al-Aqsa et atteindre le martyre ».

L’IHH s’est notamment fait connaître en affrétant en 2010 une flottille humanitaire à destination de Gaza, une expédition qui s’était soldée par la mort de neuf Turcs lors d’un raid des forces spéciales israéliennes.

« Jérusalem est le bastion des musulmans (…) Nous sommes ici pour montrer notre unité et notre force. Personne ne peut nous en empêcher, nous ne resterons pas silencieux », a dit à l’AFP Doguhan, qui a manifesté à Istanbul.

Merve, une étudiante, n’est pas allée en cours pour défiler. « Ce que dit Trump n’a absolument aucune importance. Quand nous voyons le mot ‘Israël’ sur une carte, nous le barrons pour écrire ‘Palestine’ « , a-t-elle affirmé.

« La Palestine et la mosquée al-Aqsa sont notre coeur et notre sang », a renchéri un autre manifestant, Sadik Cakmak. « A mes frères palestiniens, je dis : Vous n’êtes pas seuls, nous sommes à vos côtés par nos prières ».

La Turquie et Israël ont normalisé leurs relations l’année dernière, après la crise diplomatique déclenchée par le raid israélien contre la flottille en 2010.

Les deux parties ont intensifié leur coopération, notamment dans le domaine de l’énergie, mais M. Erdogan, défenseur de la cause palestinienne, continue de critiquer régulièrement la politique israélienne.

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