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Jérusalem: La photo d’un soldat nu retirée d’un musée par égard pour les religieux

Le musée de la Tolérance a ôté le cliché pris pendant la guerre de 1973 par le célèbre photojournaliste Micha Bar-Am; son fils s'est insurgé contre cette décision

Une vue du musée de la Tolérance à Jérusalem, le 5 avril 2021. (Crédit : Joshua Davidovich/Times of Israel)
Une vue du musée de la Tolérance à Jérusalem, le 5 avril 2021. (Crédit : Joshua Davidovich/Times of Israel)

Le cliché réalisé par un célèbre photojournaliste – celui d’un soldat nu en train de se laver pendant la guerre de Yom Kippour, en 1973 – a été enlevé d’une exposition qui est actuellement présentée au musée de la Tolérance, à Jérusalem. Le musée craignait qu’il puisse offenser les visiteurs religieux.

La photo du soldat en train d’utiliser un bidon d’eau pour se laver avait été prise à proximité du canal de Suez par Micha Bar-Am, que de nombreuses personnes considèrent comme le père du photojournalisme israélien.

Selon le quotidien Haaretz, la photo devait faire partie d’une exposition intitulée : « Illustrations d’Israël : Visions de 75 ans », qui avait avait été initialement présentée en marge d’une conférence du Jerusalem Post au musée.

Lors de cette conférence, des discours avaient été prononcés, entre autres, par le président israélien Isaac Herzog et par le gouverneur de Floride Ron DeSantis.
Selon Haaretz, l’exposition n’avait pas encore ouvert ses portes au public, mais seulement aux invités et aux donateurs.

Toutefois, quand l’épouse de Bar-Am et son fils se sont rendus au musée, ils ont eu la désagréable surprise de se rendre compte que la photo avait été enlevée.

« Le musée de la Tolérance se préoccupe probablement moins de heurter nos sentiments libéraux qu’il ne s’inquiète de heurter les sentiments des religieux », a confié à Haaretz Barak Bar-Am, le fils du photographe, ne dissimulant pas sa colère.

En réponse à une demande de réaction, le musée de la Tolérance a indiqué que l’exposition, qui n’a pas été largement médiatisée, ne serait pas ouverte au grand public avant la mi-mai (des publications antérieures avaient évoqué le début du mois de mai) et qu’à ce moment-là, la photographie du soldat reprendrait sa place sur ses murs.

Une déclaration officielle faite à Haaretz entre toutefois en contradiction avec cette photo, établissant que ce cliché ne sera pas présenté dans la mesure où il est susceptible de « blesser les sentiments » d’une partie des visiteurs.

« Le musée de la Tolérance souhaite respecter les sentiments de tous les publics et de toutes les communautés. La photo en question pourrait blesser les sentiments de certains visiteurs et il a donc été décidé qu’à ce stade, elle ne figurera pas dans l’exposition », a dit cette déclaration.

Le cliché célèbre n’avait pas été révélé au grand public jusqu’en 2013. Il avait ultérieurement été présenté dans le cadre d’un documentaire réalisé quand Bar-Am avait ouvert ses archives au réalisateur Ran Tal, « 1341 Frames of Love and War, » qui avait été projeté en première au festival du Film de Berlin avant d’intégrer le programme du festival DocAviv, à Tel Aviv. Il avait ensuite fait partie d’une exposition temporaire présentée par le musée d’art de Tel Aviv.

Bar-Am était un photojournaliste salué dans sa profession. Il avait été le correspondant de l’agence Magnum à partir de 1968 – il en était le seul membre israélien. Il avait pris des photographies pour le New York Times et pour d’autres journaux majeurs et il avait été conservateur au musée d’art de Tel Aviv de 1977 à 1993.

De ‘La dernière Photographie: Ran Tal Après Micha Bar-Am,’ une exposition du musée d’art de Tel Aviv qui avait été présentée au mois de septembre 2022. (Autorisation : Micha Bar-Am)

Le musée de la Tolérance a ouvert ses portes l’année dernière après une longue série de batailles judiciaires, de querelles de relations publiques, de disputes architecturales, de nouveaux travaux de décoration et autres retards.

La facture du musée avait démesurément enflé avec son changement de nom, de localisation et de design.

Le site controversé où se trouve le musée, au-dessus d’un cimetière musulman millénaire, au centre de Jérusalem, avait déjà entraîné des doutes sur la possible intolérance du musée de la Tolérance.

Sue Surkes et Jessica Steinberg ont contribué à cet article.

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