La Californie approuve un programme d’études ethniques incluant les Juifs
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La Californie approuve un programme d’études ethniques incluant les Juifs

Les activistes ont réagi positivement face au programme qui avait d'abord omis des sections sur les Juifs américains ; certains déplorent une amélioration insuffisante

Photo d'illustration - Une salle vide dans un lycée de Californie, le 6 octobre 2020. (Crédit :AP Photo/Gregory Bull, File)
Photo d'illustration - Une salle vide dans un lycée de Californie, le 6 octobre 2020. (Crédit :AP Photo/Gregory Bull, File)

JTA — Après des années de discorde et de révision, le bureau chargé de l’éducation dans l’État de Californie a approuvé un programme visant à orienter les écoles dans l’enseignement des études ethniques – un effort qui avait entraîné une vague de critiques de la part de groupes juifs.

Le Programme modèle d’études ethniques a pour objectif d’enseigner aux élèves les histoires, les expériences, les contributions et les combats des groupes minoritaires de l’État. Les activistes juifs avaient vivement critiqué la première mouture du programme – qui n’est pas imposé aux écoles – en raison de son exclusion de l’histoire des Juifs et des discriminations à l’égard de la communauté.

Jeudi, ces activistes ont eu des réactions majoritairement positives au programme final qui comprend des sections sur les expériences des Juifs américains.

« Le programme modèle qui a été approuvé aujourd’hui par le bureau de l’enseignement de l’État de Californie présente une vaste amélioration par rapport aux versions précédentes et il est une victoire pour tous ceux qui ont lutté pour que les contenus fanatiques et discriminatoires sur les Juifs et sur Israël soient supprimés », a indiqué Jesse Gabriel, membre de l’assemblée de l’État de Californie, qui préside le caucus juif législatif de Californie.

Roz Rothstein, dirigeante et cofondatrice de StandWithUs. (Autorisation : StandWithUs)

Quelques voix insatisfaites se sont néanmoins faites entendre. Roz Rothstein, directrice-générale du groupe pro-israélien StandWithUs, a dit avoir été « déçue » par le vote de jeudi, ajoutant que le programme était « un modèle qui peut et qui doit être changé avant la mise en place des cours d’études ethniques dans les classes ». L’AJC (American Jewish Committee) a aussi diffusé un communiqué de presse exprimant sa déception, affirmant que les révisions faites depuis la première version font « l’effet d’un baume, mais elles ne sont finalement pas curatives ».

Les organisations juives de Californie et d’ailleurs avaient cloué au pilori la première version rendue publique en 2019, disant qu’elle n’évoquait pas l’expérience juive américaine et qu’elle incluait du langage antisémite ainsi que des sections anti-israéliennes. Le projet de programme approuvait, dans les faits, le mouvement de boycott de l’État juif et comprenait une parole de chanson qui laissait entendre que les Juifs manipulaient les médias.

Le gouverneur élu de Californie Gavin Newsom le soir de son élection, le 6 novembre 2018. (Crédit : Kevork Djansezian/Getty Images/AFP)

À l’origine, le programme se concentrait sur les communautés afro-américaine, hispanique, asiatique et amérindienne de Californie et d’autres groupes minoritaires – notamment les Sikhs et les Arméniens – avaient eux aussi protesté contre leur exclusion. Les membres du public avaient fait parvenir 57 000 commentaires concernant cette première version, qui avait aussi suscité les inquiétudes du gouverneur Gavin Newsom.

Les organisations juives avaient exercé des pressions pour que le programme soit réexaminé, et soumis des plans de cours sur l’identité juive américaine ainsi que sur les expériences des Juifs mizrahis – ou Juifs originaires du Moyen-Orient et d’Afrique du nord. Ces leçons, ainsi que d’autres concernant d’autres communautés minoritaires, ont été intégrées dans la version qui a été approuvée jeudi.

De plus, les contenus au langage antisémite et anti-israéliens ont été supprimés.

Certains groupes juifs prônent encore le changement du programme, appelant à ce que la section consacrée aux Juifs mizrahis soit déplacée dans la section sur les communautés asiatiques américaines, entre autres. D’autres s’opposent à l’idée même d’un tel programme, disant que ce dernier fait davantage avancer un agenda politique qu’il ne renforce l’inclusion.

Le programme réexaminé a également suscité la colère des auteurs originaux, qui avaient désavoué le projet au mois de février parce que, selon eux, « il réduit au silence les voix des enseignants/éducateurs en études ethniques, qui sont originaires de toutes les communautés et qui constituent un groupe qui est politiquement sous-représenté ».

Le lycée George Washington à San Francisco, en Californie, le 12 mars 2020. (Crédit : AP Photo/Jeff Chiu, File)

Mais certains activistes juifs qui avaient initialement dénoncé les versions du programme ont semblé approuver celle-ci après l’inclusion des Juifs américains dans l’analyse des minorités de l’État. Le centre Simon Wiesenthal a déclaré, pour sa part, être « encouragé » par les révisions.

« Depuis trop longtemps dans nos classes, l’identité juive est rasée et dénaturée en étant présentée comme une minorité religieuse blanche, prêtant peu d’attention à notre peuple mondial, à notre histoire, à notre diversité et à notre oppression », a commenté Tyler Gregory, directeur exécutif du Conseil chargé des relations de la communauté juive de la baie de San Francisco. « Ce modèle de programme qui vient tout juste d’être approuvé, s’il n’est pas parfait, a pris en compte les principales inquiétudes exprimées il y a deux ans par notre communauté. »

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