La Colombie sera le neuvième pays à ouvrir une ambassade à Jérusalem
Jérusalem et Bogota vont rétablir leurs relations diplomatiques, après la campagne d'Abelardo de la Espriella en faveur d'une alliance avec Israël
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Lazar Berman est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Le futur ministre colombien des Affaires étrangères a annoncé à son homologue, Gideon Saar, que son pays allait ouvrir une ambassade à Jérusalem, a annoncé vendredi le cabinet de Saar, après que le président élu Abelardo de la Espriella a promis que son pays aurait une relation
« inédite » avec Israël, et ce, dès sa prise de fonctions.
La Colombie sera le neuvième pays à ouvrir une ambassade dans la capitale israélienne.
Les États-Unis, le Guatemala, le Honduras, le Kosovo, la Papouasie-Nouvelle-Guinée, le Paraguay, les Fidji et le Somaliland y possèdent déjà une ambassade, et d’autres pays — dont la Hongrie, la République tchèque et la Slovaquie — y disposent d’une antenne diplomatique.
Lors de leur rencontre à Washington, D.C., Saar et Omar Bola Escobar sont par ailleurs convenus de rétablir pleinement leurs relations diplomatiques et de renoncer à toute obligation de visa.
En juin 2024, la Colombie avait rappelé son ambassadeur, ce à quoi Israël avait répliqué en ne nommant pas de successeur à son diplomate sortant.
Les relations entre Bogota et Jérusalem s’étaient extrêmement détériorées du temps du tout premier gouvernement de gauche de la Colombie, dirigé par le président Gustavo Petro, critique féroce de la guerre menée par Israël contre le Hamas à Gaza, en laquelle il voyait un génocide — une accusation rejetée par Israël. Petro avait alors rompu les relations diplomatiques et renoncé à l’achat de matériels de guerre israéliens, alors même qu’Israël était l’un des principaux partenaires militaires de la Colombie.
Abelardo de la Espriella a fait part de son intention de revenir sur ces décisions.
L’une de ses principales promesses de campagne a porté sur le « relancement d’une alliance stratégique avec l’État d’Israël », l’ouverture d’une ambassade à Jérusalem et la « défense des principes judéo-chrétiens qui sont les fondements de la civilisation occidentale ».
Surnommé « Le Tigre », De la Espriella possède la double nationalité colombienne et américaine. Partisan de Donald Trump et membre du Parti Républicain américain, il n’a jamais occupé de fonction publique auparavant et succédera à Gustavo Petro en août prochain.
La Colombie traverse actuellement son pire épisode de violences depuis une dizaine d’années. Le président élu a remporté les élections en s’engageant à faire baisser les dépenses publiques, bombarder les innombrables groupes armés du pays et examiner l’opportunité de participer à certaines organisations internationales, à commencer par l’Organisation des Nations unies.
Lors d’un entretien accordé à l’AFP lors de sa campagne, il avait fait savoir qu’il solliciterait l’aide des États-Unis et d’Israël pour bombarder les guérillas. Des spécialistes consultés par l’AFP doutent qu’il puisse tenir sa promesse.
Abelardo de la Espriella prend la tête d’un pays profondément divisé, avec une gauche — qui a obtenu près de la moitié des voix dimanche — et menace de manifester massivement contre ses réformes, à commencer par sa promesse de reprendre des relations diplomatiques avec Israël.
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