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La communauté de la Ghriba, vue par le photographe Jacques Pérez

Le MahJ propose jusqu'à la fin de l’année une exposition sur ces Juifs tunisiens, dont la présence est attestée depuis le Moyen Âge

  • Beniamine Mazouz, vieux batlan, prie dans la synagogue de la Ghriba. Entretenus par la communauté, les batlanim passent leurs journées à la synagogue, à lire des prières et des psaumes. (Crédit : Jacques Pérez / Musée d’art et d’histoire du judaïsme, Paris)
    Beniamine Mazouz, vieux batlan, prie dans la synagogue de la Ghriba. Entretenus par la communauté, les batlanim passent leurs journées à la synagogue, à lire des prières et des psaumes. (Crédit : Jacques Pérez / Musée d’art et d’histoire du judaïsme, Paris)
  • Deux élèves à l’école élémentaire, à Djerba. (Crédit : Jacques Pérez / Musée d’art et d’histoire du judaïsme, Paris)
    Deux élèves à l’école élémentaire, à Djerba. (Crédit : Jacques Pérez / Musée d’art et d’histoire du judaïsme, Paris)
  • Didi Bchiri et son fils Éric lors de la prière du petit matin, shaarit. (Crédit : Jacques Pérez / Musée d’art et d’histoire du judaïsme, Paris)
    Didi Bchiri et son fils Éric lors de la prière du petit matin, shaarit. (Crédit : Jacques Pérez / Musée d’art et d’histoire du judaïsme, Paris)
  • Une famille chez elle durant la fête de Soukkot. (Crédit : Jacques Pérez / Musée d’art et d’histoire du judaïsme, Paris)
    Une famille chez elle durant la fête de Soukkot. (Crédit : Jacques Pérez / Musée d’art et d’histoire du judaïsme, Paris)
  • Deux jeunes filles forment des vœux en posant une bougie, lors du pèlerinage annuel à la Ghriba. (Crédit : Jacques Pérez / Musée d’art et d’histoire du judaïsme, Paris)
    Deux jeunes filles forment des vœux en posant une bougie, lors du pèlerinage annuel à la Ghriba. (Crédit : Jacques Pérez / Musée d’art et d’histoire du judaïsme, Paris)
  • La vente aux enchères des étoffes et des rimmonim (ornements de bâtons de Torah), lors du pèlerinage annuel à la Ghriba. (Crédit : Jacques Pérez / Musée d’art et d’histoire du judaïsme, Paris)
    La vente aux enchères des étoffes et des rimmonim (ornements de bâtons de Torah), lors du pèlerinage annuel à la Ghriba. (Crédit : Jacques Pérez / Musée d’art et d’histoire du judaïsme, Paris)
  • Transport de la menarah, parée d’étoffes de soie, de la Ghriba à Hara Sghira, lors du pèlerinage annuel. On reconnaît, de gauche à droite : Abraham Attia, Jacob Bchiri et Isaac Attia. Chanteur et joueur de oud, Jacob Bchiri (1912-2008) était une figure majeure de la communauté, se produisant dans les mariages, circoncisions, bar mitzvot, et bien sûr lors des pélerinages de la Ghriba et d’El Hamma. (Crédit : Jacques Pérez / Musée d’art et d’histoire du judaïsme, Paris)
    Transport de la menarah, parée d’étoffes de soie, de la Ghriba à Hara Sghira, lors du pèlerinage annuel. On reconnaît, de gauche à droite : Abraham Attia, Jacob Bchiri et Isaac Attia. Chanteur et joueur de oud, Jacob Bchiri (1912-2008) était une figure majeure de la communauté, se produisant dans les mariages, circoncisions, bar mitzvot, et bien sûr lors des pélerinages de la Ghriba et d’El Hamma. (Crédit : Jacques Pérez / Musée d’art et d’histoire du judaïsme, Paris)

L’île de Djerba, au sud de la Tunisie, est principalement connue pour ses plages de sable fin, ses villes blanches… mais aussi son pèlerinage juif et sa synagogue, l’une des plus anciennes et plus célèbres du monde arabe : la Ghriba.

Dans les années 1979-1980, le photographe tunisien Jacques Pérez, aujourd’hui âgé de 90 ans, a documenté la communauté autour de cette synagogue, dont l’existence est attestée depuis le Moyen Âge – selon la tradition locale, la Ghriba (« étrange » en arabe) aurait cependant été fondée au 6e siècle avant notre ère, à partir d’une relique sacrée du Temple de Salomon, par des prêtres ayant fui la destruction de Jérusalem par les Babyloniens.

Du 2 juin au 31 décembre 2022, le Musée d’art et d’histoire du judaïsme, à Paris, propose dans le foyer de son auditorium (en entrée libre) une exposition de ces photographies illustrant les traditions ancestrales de cette communauté, implantée dans deux villages, Hara Kbira et Hara Sghira – le « grand » et le « petit quartier ».

Alors qu’il était missionné par l’historienne Lucette Valensi et le professeur Avram Udovitch, dans le cadre d’une étude historique et ethnologique, Jacques Pérez a pris des phots qui témoignent de l’originalité de la communauté de Djerba et d’une identité jalousement conservée. Elles illustrent la vie quotidienne de ces Juifs, leurs rites, leurs fêtes, leurs activités sociales et économiques, alors que la communauté ne compte aujourd’hui plus qu’un millier de membres.

Le photographe a évidemment aussi suivi le pèlerinage annuel qui fait la renommée du lieu, organisé chaque printemps lors de Lag Ba’omer, et qui rassemble les Juifs originaires d’Afrique du Nord.

https://web.facebook.com/mahjparis/posts/10159894831581797

Né en 1932, dans la médina de Tunis, d’un père juif tunisien et d’une mère allemande, Jacques Pérez a découvert la photographie à l’âge de 11 ans, avec un appareil prêté par son frère. Il a passé sa vie à photographier la Tunisie, ses habitants et leur humanité. Il est aujourd’hui une mémoire et une figure de la photographie dans son pays, à laquelle Saïd Kasmi et Frédéric Mitterrand ont récemment consacré le film « La Tunisie de Jacques Pérez » (2018).

À l’occasion de l’exposition au MahJ, Lucette Valensi et Avram Udovitch publient l’ouvrage Juifs de Djerba : Regards, paroles et gestes (éditions L’Éclat), avec les photos de Jacques Pérez.

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