La cour ordonne aux médecins en grève de Hadassah de reprendre le travail
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La cour ordonne aux médecins en grève de Hadassah de reprendre le travail

D’autres hôpitaux publics travaillent sur un rythme limité pour protester contre une réforme du ministère des Finances après l’échec des négociations

Une opération à l'hôpital Hadassah Ein Kerem, à Jérusalem, en mars 1990. Illustration. (Crédit : Nati Shohat/Flash90)
Une opération à l'hôpital Hadassah Ein Kerem, à Jérusalem, en mars 1990. Illustration. (Crédit : Nati Shohat/Flash90)

La cour régionale du travail de Jérusalem a ordonné jeudi aux médecins et aux travailleurs paramédicaux en grève de l’hôpital Hadassah de retourner au travail, quelques heures après le déclenchement d’une grève des hôpitaux dans tout le pays pour protester contre la mise en place d’une réforme proposée par le gouvernement.

La cour a délivré un ordre de présence à toute l’équipe médicale des deux hôpitaux universitaires Hadassah, à Ein Kerem et au mont Scopus, les obligeant à reprendre le travail à 10h00 jeudi matin.

Le jugement a eu lieu après une injonction remplie tard mercredi soir par le directeur général de l’hôpital, le professeur Zeev Rothstein, qui a appelé la cour à empêcher la grève, qui force les hôpitaux à travailler sur un rythme de week-end, d’affecter les soins aux patients.

Rothstein a remercié la cour dans un communiqué d’avoir empêché une « nuisance non justifiée » aux patients, et déclaré que l’administration de Hadassah « continuerait à aider à atteindre un accord entre le syndicat des médecins et le gouvernement. »

La grève dans d’autres hôpitaux publics du pays devait continuer 24 heures, certains centres médicaux prévenant qu’elle pourrait être étendue jusqu’à dimanche.

L’hôpital universitaire d'Hadassah Ein Kerem, à Jérusalem.  (Crédit : Almog/domaine public/WikiCommons)
L’hôpital universitaire d’Hadassah Ein Kerem, à Jérusalem. (Crédit : Almog/domaine public/WikiCommons)

Dans la nuit de mercredi, l’Association médicale israélienne a annoncé que les hôpitaux publics, y compris les pavillons de rééducation, gériatriques, et psychiatriques, travailleraient sur une base limitée après des négociations tardives entre le syndicat des médecins et des représentants du ministère des Finances à Jérusalem sur des réformes demandées qui n’ont pas produit de résultat.

La grève devrait entraîner de longues files d’attente dans les hôpitaux, et des chirurgies facultatives ont été annulées. Les patients demandant des soins non urgents étaient poussés à décaler leurs rendez-vous ou à se tourner vers leur assurance-santé pour cela.

Leonid Edelman, président de l’Association médicale israélienne, a déclaré mercredi que les médecins demandaient des changements qui réduiraient les temps d’attente pour les patients à l’hôpital, permettraient aux médecins d’avoir plus de pause pendant leur garde, et empêcherait une mesure prévue par le ministre de la Santé Yaakov Litzman pour mettre des amendes aux administrateurs d’hôpitaux qui dépassent leur budget.

« Notre combat n’est pas sur les salaires, notre combat est sur les investissements dans le système de santé, pour faire venir de nouveaux médecins, des normes pour les médecins et réduire les périodes d’attente », a déclaré Edelman.

Certains détracteurs, dont des responsables du gouvernement ou d’autres professionnels de santé, ont cependant accusé le syndicat de mener une grève inutile dans une démonstration de force qui nuirait aux patients.

Leonid Edelman, président de l'Association médicale israélienne, devant la cour du travail de Jérusalem, le 10 octobre 2011. (Crédit : Uri Lenz/Flash90)
Leonid Edelman, président de l’Association médicale israélienne, devant la cour du travail de Jérusalem, le 10 octobre 2011. (Crédit : Uri Lenz/Flash90)

Le ministère de la Santé a accusé Edelman de changer ses demandes d’il y a deux semaines, quand le syndicat a menacé de faire grève la première fois. A ce moment, Edelman avait déclaré que l’action était destinée à maintenir le droit des chefs de service à également maintenir une activité privée.

« Il nous semble que le syndicat des médecins a décidé de faire grève pour la beauté de la grève. Il y a deux semaines, ils affirmaient que c’était à propos des chefs de service, maintenant c’est pour raccourcir les temps d’attente et rajouter des normes », a déclaré un responsable du ministère, selon Ynet.

Le ministre de la Santé Yaakov Litzman a été plus direct. « C’est une grève inutile, sans vraie raison, qui n’apportera aucun bénéfice aux patients ou au système de santé », a-t-il déclaré dans un communiqué jeudi matin.

« Le ministre de la Santé mène des actions intensives avec le ministre des Finances afin de renforcer le système de santé public après des lits supplémentaires, des ressources humaines et plus de financements, accompagnés d’autres mesures que nous prenons pour le bénéfice des patients, des médecins, et du système dans son entier », a-t-il ajouté.

« La principale peur des médecins, que l’activité privée des chefs de service soit réduite, n’est plus pertinente, parce que l’article lié à ce sujet a été supprimée de la loi », a continué Litzman.

Il a conclu qu’il est « difficile de ne pas avoir le sentiment que cette grève est motivée par autre chose que l’intérêt public. »

Le site d’informations Ynet annonçait que les négociations devraient reprendre la semaine prochaine.

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