La démission de Yaalon suscite un flot de louanges et de consternation
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La démission de Yaalon suscite un flot de louanges et de consternation

Le Likud se lamente de la démission «hâtive» du chef de la défense, tandis que la gauche dit qu'il a révélé la « nudité morale » Netanyahu

Moshe Yaalon, au centre, et le vice chef d'Etat-major Yair Golan, le 14 avril 2015. (Crédit : Ariel Hermoni/ministère de la Défense/Flash90)
Moshe Yaalon, au centre, et le vice chef d'Etat-major Yair Golan, le 14 avril 2015. (Crédit : Ariel Hermoni/ministère de la Défense/Flash90)

L’annonce vendredi de la démission du ministre de la Défense Moshe Yaalon de la Knesset et du gouvernement a suscité une avalanche de réactions de la part de politiciens de tous les horizons politiques en Israël.

Yaalon a était considéré comme l’un des principaux alliés du Premier ministre Benjamin Netanyahu au sein du parti Likud. Mais dans son annonce de démission vendredi, il a cité son « manque de foi » en Netanyahu comme raison de sa « pause dans la vie politique ».

Cette démission est survenue en pleine crise dramatique dans la coalition, le poste de Yaalon ayant été remis au chef du parti Yisrael Beytenu, le député Avigdor Liberman, dans le but d’amener Liberman dans la mince coalition de 61 sièges de Netanyahu.

L’adieu de Yaalon à Netanyahu a rendu la classe politique prolixe – y compris sur Twitter – avec des condamnations de Netanyahu aussi bien que du ministre sortant de la défense, mais également des éloges concernant les « valeurs » de Yaalon, y compris de la part d’alliés de Netanyahu, et des spéculations sur l’avenir du présent gouvernement.

« La décision de Yaalon de démissionner de son poste montre l’ampleur de la crise et l’écart existant entre lui et Netanyahu », a déclaré un fonctionnaire proche Yaalon au site de nouvelles Walla.

La décision, qui porte le candidat suivant sur la liste Likud – le militant du mont du Temple Yehuda Glick – à la Knesset, en a surpris plus d’un.

« Nous avons pensé qu’il allait rester au sein du gouvernement et continuer à y contribuer, mais il semble que la tension entre eux était trop grande », a déclaré le responsable de la défense.

De gauche à droite, le chef d'état-major Gadi Eizenkot, le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le ministre de la Défense Moshe Yaalon lors d'une visite de la frontière nord, le 18 août  2015 (Crédit photo: Amos Ben Gershom / GPO)
De gauche à droite, le chef d’état-major Gadi Eizenkot, le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le ministre de la Défense Moshe Yaalon lors d’une visite de la frontière nord, le 18 août 2015 (Crédit photo: Amos Ben Gershom / GPO)

Le président Rivlin a déploré la démission du ministre de la Défense.

« Je suis très attristé par la démission du lieutenant-général (rés.) Moshe Yaalon. »

Dans le contexte des récents événements, sa rupture avec la vie politique est compréhensible, et même appropriée, mais représente en même temps une grande perte pour nous tous.

« Bogie » est un chef de file professionnelle rationnel, courageux, modeste, attentif et responsable qui recherche le bien de la sécurité de l’État depuis des décennies. Je suis plein d’espoir qu’il restaurera son énergie et reviendra bientôt servir le peuple et le pays. »

Les adversaires de Netanyahu à gauche ont célébré la décision de Yaalon, disant qu’il a montré que le gouvernement actuel était irresponsable et dangereux.

Yaalon « est un homme courageux, qui a exposé la nudité morale de Netanyahu au monde entier », a déclaré le député de l’Union sioniste Harel Margalit.

Margalit a ajouté que le remplacement de Yaalon par Glick était « un changement approprié pour ce gouvernement de jeunesse des collines », une référence aux militants extrémistes des implantations.

Le numéro 2 de l’Union sioniste, la députée Tzipi Livni, elle-même ancienne ministre du Likud, a dit être « en désaccord avec les opinions politiques du ministre de la Défense Yaalon, mais j’ai respecté et respecte encore ses positions éthiques. Le problème est que l’éthique ne fait pas partie de la plate-forme de ce gouvernement ».

Le député Ofer Shelah, du parti Yesh Atid, a appelé Yaalon un «honnête homme qui a fait une chose décente : Il a refusé d’être un clown supplémentaire dans le cirque Netanyahu, et l’a quitté avec dégoût. »

Yaalon a peut-être gagné autant d’éloges à droite qu’à gauche.

Le parti Habayit Hayeudi, membre de la coalition de Netanyahu, a salué la décision de Yaalon.

Dans un communiqué, le parti a appelé Ya’alon « un homme éthique qui a agi selon sa conscience, dans une décision qui ramené l’honneur à la politique israélienne. Nous le remercions pour sa contribution à l’Etat d’Israël tout au long de sa vie, et nous sommes convaincus qu’il sera de retour au service public. »

Plusieurs ministres ont déploré cette démission. La ministre de la Justice Ayelet Shaked (Habayt Hayeudi) et le ministre de l’Intérieur Aryeh Deri (Shas) l’ont appelé à retirer sa démission.

Les députés du Likud étaient moins encourageants dans leurs évaluations de la décision surprenante de vendredi, même si certains ont défendu le ministre sortant.

« Quand vous devenez candidat pour la liste du Likud à la Knesset, vous prenez un engagement envers le parti et son idéologie, et non envers un poste particulier », a déclaré le ministre de l’Intégration Zeev Elkin.

« Vous n’entrez pas dans la vie politique en disant : « Je serai ministre de la Défense – ou je pars », a dit Elkin, un négociateur clé qui a aidé à amener Yisrael Beytenu à se joindre à la coalition.

Elkin est le deuxième ministre du Likud à avoir perdu son poste en raison de l’accord avec Liberman. Le parti de Liberman a remporté non seulement le ministère de la Défense mais aussi le ministère de l’Intégration d’Elkin dans l’accord de coalition.

« Ce qui m’a guidé pendant [les négociations de coalition] n’était pas l’obtention d’un poste ou d’un autre, mais ce qui est le mieux pour l’Etat d’Israël, pour le Likud et pour le camp nationaliste », a commenté Elkin.

Le président de la coalition, le député David Bitan du Likud, qui sert à cette fonction depuis à peine une semaine, a appelé la démission de Yaalon « hâtive ».

« Il était prévu qu’il soit ministre des Affaires étrangères et aurait pu exercer ses immenses capacités et contribué à l’Etat d’Israël au ministère des Affaires étrangères », a déclaré Bitan. « L’expansion de la coalition [de par l’accord avec Liberman] était d’intérêt national et a exigé que tout le monde s’élève au-dessus de ses calculs personnels. J’espère que Ya’alon reconsidèrera sa décision ».

Mais la ministre du Likud pour l’Egalité sociale, Gila Gamliel, semblait blâmer Netanyahu pour cette démission. « Je ne doute pas que si Ya’alon avait été traité différemment et non avec mépris, sa démission nous aurait été épargnée aujourd’hui », dit-elle.

« La démission de Ya’alon est une grande perte pour le camp nationaliste en général, et pour le parti du Likud en particulier. Pendant des décennies, depuis ses débuts comme officier, en tant que commandant de la Sayeret Matkal [le commando d’élite] et plus tard comme chef de cabinet, Ya’alon a donné beaucoup au pays et nous tous, sans exception, lui devons beaucoup », a ajouté Gamliel.

Le député Bezalel Smotrich du parti Habayt Hayeudi a blâmé des « conseillers » anonymes pour avoir poussé Ya’alon a cette décision.

« Ya’alon est un homme bien-aimé et accompli dont les conseillers l’ont poussé récemment à l’arrogance et à l’orgueil, qui ont provoqué la fin de sa carrière publique », a déclaré Smotrich dans un tweet. « C’est dommage et bienvenue et bonne chance à Yéhouda Glick. »

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