La diplomatie US parle de territoires « occupés » sans les définir comme tels
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La diplomatie US parle de territoires « occupés » sans les définir comme tels

Sans revenir à l'appellation "territoires occupés" en titre, le département d'État a qualifié le "Golan, la Cisjordanie, Gaza et Jérusalem-Est [de territoires] qu'Israël a occupés"

Des Palestiniens et des soldats israéliens lors d’affrontements durant une manifestation contre le projet d'Israël d'annexer des zones de la Cisjordanie, dans la ville palestinienne d'Asira ash-Shamaliya, près de Naplouse, en Cisjordanie, le 17 juillet 2020. (Crédit : Nasser Ishtayeh / Flash90)
Des Palestiniens et des soldats israéliens lors d’affrontements durant une manifestation contre le projet d'Israël d'annexer des zones de la Cisjordanie, dans la ville palestinienne d'Asira ash-Shamaliya, près de Naplouse, en Cisjordanie, le 17 juillet 2020. (Crédit : Nasser Ishtayeh / Flash90)

Le gouvernement américain de Joe Biden s’est abstenu, dans son rapport annuel sur les droits humains publié mardi, de parler explicitement de la Cisjordanie comme d’un « territoire occupé » par Israël, une formulation abandonnée sous la présidence de Donald Trump.

La section du rapport qui était consacrée jusqu’au début du mandat de l’ex-président républicain à « Israël et les Territoires occupés » est intitulée cette année « Israël, Cisjordanie et Gaza ».

Le changement sémantique est intervenu à partir du rapport publié en 2018. La plupart des observateurs y ont vu la volonté de l’administration Trump d’aller dans le sens de l’État hébreu, une interprétation confirmée par la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël, de la souveraineté israélienne sur le plateau du Golan pris à la Syrie, puis par la décision de ne plus considérer les implantations israéliennes en Cisjordanie comme contraires au droit international.

Le premier rapport sur les droits humains présenté sous la présidence de Joe Biden – qui porte toutefois sur 2020 – était donc attendu pour voir s’il revenait à la formulation antérieure. Le nouveau président américain défend en effet la solution dite à deux États, israélien et palestinien, et s’est démarqué en partie de la politique de son prédécesseur.

Le département d’État américain a néanmoins qualifié « le plateau du Golan, la Cisjordanie, Gaza et Jérusalem-Est [de territoires] qu’Israël a occupés pendant la guerre de juin 1967 et où il a par la suite étendu son droit interne, sa compétence et son administration ». Une telle formulation n’était pas présente dans les rapports de l’administration Trump.

Un paragraphe a également été inséré expliquant que les mots utilisés « ne traduisent pas une position sur aucune des questions liées au statut final devant être négociées par les parties au conflit, notamment les frontières spécifiques de la souveraineté israélienne à Jérusalem, ou les frontières entre Israël et un futur État palestinien ». « Les États-Unis ont reconnu Jérusalem comme capitale d’Israël en 2017 et la souveraineté d’Israël sur le plateau du Golan en 2019 », ajoutent-ils, sans revenir sur ces décisions.

Interrogée sur le choix de ne pas revenir totalement aux formulations d’avant 2017, Lisa Peterson, chargée des droits humains au département d’État, a expliqué que les diplomates américains avaient préféré s’en tenir à nouveau aux dénominations strictement géographiques.

« C’est conforme à nos pratiques générales. Nous pensons aussi que c’est plus clair et plus utile pour les lecteurs qui recherchent des informations sur les droits humains dans ces zones », a-t-elle dit devant des journalistes.

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