La Grèce conclut un accord de défense de 1,68 milliard de dollars avec Israël
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La Grèce conclut un accord de défense de 1,68 milliard de dollars avec Israël

Selon le ministère de la Défense, l'accord sur 20 ans permettra à Elbit de créer une école de pilotage pour l'armée de l'air grecque, vendre et moderniser des avions d'entraînement

Avion d'entraînement M-346 de l'armée de l'air israélienne. (Systèmes Elbit)
Avion d'entraînement M-346 de l'armée de l'air israélienne. (Systèmes Elbit)

Le ministère de la Défense israélien a annoncé mardi que le gouvernement grec avait approuvé un accord de 1,68 milliard de dollars pour l’achat d’avions d’entraînement à Israël et pour qu’un entrepreneur israélien de la Défense établisse une école de pilotage pour l’armée de l’air grecque.

L’accord, qui doit encore être signé par les ministères de la Défense des deux pays, prévoit la création et l’exploitation par Elbit Systems d’une école de formation pour l’armée de l’air hellénique.

Il prévoit également la vente de 10 avions Aermacchi M-346, connus en Israël sous le nom de Lavi, et la mise à niveau et la maintenance par Elbit des avions d’entraînement T-6 de la Grèce.

Le ministère de la Défense a déclaré que l’accord, qu’il a qualifié de « plus grand accord de passation de marchés publics de défense entre les deux pays à ce jour », était d’une durée de 20 ans.

Il n’a pas précisé quand l’accord serait entériné, mais a signalé que la décision du gouvernement grec « permet aux parties d’avancer dans les négociations » avant la signature.

« Cet accord reflète les excellentes relations que nous entretenons avec la Grèce et qui ne cessent de se développer. Il s’agit d’un partenariat à long terme qui servira les intérêts d’Israël et de la Grèce, créera des centaines d’emplois dans les deux pays et favorisera la stabilité en Méditerranée », a déclaré le ministre de la Défense Benny Gantz dans un communiqué.

Gantz a déclaré avoir parlé au téléphone avec son homologue grec, Nikolaos Panagiotopoulos, après l’approbation de l’accord, évoquant les liens de défense croissants entre Jérusalem et Athènes.

Le ministre de la Défense Benny Gantz, (à gauche), le ministre chypriote de la Défense Charalambos Petrides, (au centre), et le ministre grec de la Défense Nikolaos Panagiotopoulos, (à droite), avant une réunion dans la capitale chypriote Nicosie, le 12 novembre 2020. (AP Photo/Petros Karadjias)

Lors d’une visite à Chypre en novembre, Gantz avait conclu un accord avec ses homologues chypriotes et grecs pour renforcer la coopération militaire.

Les trois pays ont tissé des liens étroits dans un contexte de tension régionale en Méditerranée orientale à propos des droits d’exploitation du gaz offshore, et sont partenaires dans un projet visant à acheminer le gaz des gisements situés dans les eaux israéliennes et potentiellement d’autres nations vers le continent européen par un gazoduc sous-marin.

Les relations entre Athènes et Ankara sont à couteaux tirés, les deux pays multipliant ces derniers mois les déclarations martiales et les manoeuvres militaires. Au coeur du problème, la revendication par la Turquie de son droit d’exploiter des gisements d’hydrocarbures dans une zone maritime qu’Athènes estime relever de sa souveraineté.

Ces tensions ont conduit Athènes à chercher à nouer de nouveaux partenariats et multiplier les projets d’achats d’armements.

La Grèce a ainsi conclu en novembre avec les Emirats arabes unis un partenariat stratégique prévoyant notamment une clause d’assistance mutuelle. Abou Dhabi avait notamment déjà déployé en août en Crète 4 avions F-16 pour marquer son soutien face à Ankara.

Le Parlement grec a également approuvé mi-décembre l’acquisition de 18 avions de combat Rafale auprès de la France, avec qui la Grèce doit également signer un accord de défense.

Athènes envisage également d’acquérir 20 avions furtifs F-35 auprès des Etats-Unis, a relaté la presse grecque après une visite du secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo fin septembre.

Washington avait exclu du programme F-35 la Turquie, qui prévoyait d’en acquérir 100 exemplaires, en réaction à l’achat par Ankara de systèmes anti-aériens russes S400.

L’AFP a contribué à cet article.

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