La grotte Beit Guvrin accueille une exposition de l’Italien Ivo Bisignano
Rechercher

La grotte Beit Guvrin accueille une exposition de l’Italien Ivo Bisignano

Pour "Human Forms", l'artiste cherchait un autre type de musée pour exposer sa collection de sculptures et de créations vidéos

Jessica Steinberg est responsable notre rubrique « Culture & Art de vivre »

L'une des créations de l'artiste Ivo Bisignano  présentées dans son exposition "Human Forms" au parc national de Beit Guvrin, à voir jusqu'au 1er novembre 2020 (Autorisation : Ivo Bisignano)
L'une des créations de l'artiste Ivo Bisignano présentées dans son exposition "Human Forms" au parc national de Beit Guvrin, à voir jusqu'au 1er novembre 2020 (Autorisation : Ivo Bisignano)

La grotte sud de Beit Guvrin, à environ une heure de route au sud-ouest de Jérusalem, a des murs de terre qui remontent à au moins 500 ans avant l’ère commune. Utilisée alternativement par les Juifs, les Romains et les Byzantins comme maison, bain, écurie et cimetière, elle est aujourd’hui le théâtre temporaire d’une exposition d’art.

Elle était fermée au public depuis 25 ans, mais il a fallu qu’un étranger, l’artiste italien Ivo Bisignano, ancien rédacteur de mode de Vogue Italie, voie les possibilités qu’offrait l’ancienne grotte pour son exposition de sculptures en bois massif et d’art vidéo saisissant.

Aujourd’hui, ses huit sculptures, construites à partir de chutes de bois trouvées à Akko sur la côte nord et rappelant les formes modernistes de l’architecte Le Corbusier, sont placées sur les sols poussiéreux de la grotte, projetant des ombres géantes dans une exposition qui sera visible jusqu’au 1er novembre.

« Chaque œuvre en bois peut représenter ce que vous voulez », indique Ivo Bisignano, qui les appelle « Formes humaines ».

« Je recherchais cette immense échelle d’ombre. »

L’artiste Ivo Bisignano à son exposition « Human Forms » dans les grottes de Beit Guvrin (Jessica Steinberg/Times of Israel)

Les sculptures sont accompagnées de textes écrits par des personnalités de l’art et de la création, dont Robert C. Morgan, Binnie A Dansby, Sir Peter Cook et le chef israélo-britannique Yotam Ottolenghi, qui a collaboré avec Ivo Bisignano et son mari, l’architecte israélien Alex Meitlis, pour ses restaurants londoniens.

L’artiste et Alex Meitlis partagent habituellement leur temps entre Londres et Tel-Aviv, mais ils ont passé les cinq derniers mois en Israël, où ils étaient venus en visite et ont fini par rester à cause du coronavirus.

Les huit sculptures, dont certaines mesurent jusqu’à un mètre cinquante, ont vu le jour dans l’appartement d’Ivo Bisignano à Tel-Aviv, bien avant qu’il ne conçoive cette exposition.

« J’ai vécu pendant des mois avec ces géants dans la maison », s’amuse Ivo Bisignano.

Derrière les sculptures en bois et projetées sur d’autres murs de la grotte se trouvent cinq œuvres vidéo, d’immenses écrans présentant des images sans son réalisées avec huit techniques différentes.

L’une des sculptures de l’artiste Ivo Bisignano présentées dans l’exposition « Human Forms » au parc national de Beit Guvrin, à voir jusqu’au 1er novembre 2020 (Autorisation : Ivo Bisignano)

Les vidéos, dit l’artiste, parlent de ses obsessions, comme la collection de corbeaux noirs dessinés à la main, remplissant l’écran à la manière hitchcockienne et réalisés par la méthode de la vidéo en stop-motion, ou encore celle créée à partir de 120 peintures du même visage, réalisées au crayon, au papier mâché et autres matériaux, puis scannées et numérisées pour créer la vidéo.

« Il m’a fallu neuf heures par jour pendant un an pour réaliser une vidéo de trois minutes », révèle-t-il. « Je me surprends tout le temps à faire quelque chose, mais c’est ce que j’aime le plus, découvrir quelque chose de nouveau ».

Son mari lui a suggéré les grottes pour exposer son installation.

« C’est en dehors des murs d’un musée », commente Ivo Bisignano, qui voulait d’abord installer ses œuvres dans le désert du Néguev. « Ici, vous n’avez pas de règles. Ce n’est qu’une question d’émotion, et les conclusions auxquelles vous arrivez sont bonnes ».

Les centaines de grottes qui entourent le parc national de Beit Guvrin sont classées au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2014. Maintenant que l’installation « Formes humaines » est exposée dans un site de l’UNESCO, Ivo Bisignano espère que l’exposition sera présentée à Pétra, en Jordanie, la prochaine fois.

Israël, cependant, reste très familier, avec une culture méditerranéenne similaire à celle de sa propre maison d’enfance en Sicile.

« Je ne vois pas en Israël un endroit difficile », estime-t-il. « Ce n’est pas mon obsession. »

Et il ne pourrait pas être plus heureux de l’accueil que son exposition a reçu.

« Avoir 500 personnes chaque jour pour voir cela est un miracle », se réjouit l’artiste. « Je suis tellement heureux. Imaginez cela, avoir de l’art dans une grotte. C’est ce que je souhaitais, ouvrir les yeux et l’esprit. »

Les visiteurs sont invités à commander à l’avance des billets pour le parc national de Beit Guvrin, qui est également ouvert le soir pour l’exposition.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...