La guerre du Hamas contre Israël s’essouffle, et pas à cause du Dôme de Fer
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Opinion

La guerre du Hamas contre Israël s’essouffle, et pas à cause du Dôme de Fer

Pourquoi le Hamas promet une autre guerre bientôt, et une autre et une autre. Et pourquoi ça ne marchera pas.

Haviv Rettig Gur est l'analyste du Times of Israël

Des Palestiniens inspectent les dégâts causés à leurs maisons après un cessez-le-feu entre les dirigeants du Hamas de Gaza et Israël, à Beit Hanoun, dans le nord de la bande de Gaza, vendredi 21 mai 2021. (AP Photo/Khalil Hamra)
Des Palestiniens inspectent les dégâts causés à leurs maisons après un cessez-le-feu entre les dirigeants du Hamas de Gaza et Israël, à Beit Hanoun, dans le nord de la bande de Gaza, vendredi 21 mai 2021. (AP Photo/Khalil Hamra)

Le Hamas, vient de conclure 11 longs et douloureux jours de guerre, au cours desquels d’énormes dégâts lui ont été infligés.

Nombreux sont ceux, qui ont noté, comment le Hamas a réussi, à utiliser son bombardement surprise de roquettes sur les villes israéliennes, le 10 mai, pour se positionner comme le leader incontesté, de la cause palestinienne, à la place du vieux Fatah de Mahmoud Abbas.

Mais cette réussite a été atteinte dès le premier ou le deuxième jour des combats. Dix jours supplémentaires de bombardements israéliens intenses plus tard, le groupe terroriste est maintenant confronté à la version militaire d’une douloureuse gueule de bois.

Le Hamas vient d’être contraint de passer 11 jours à regarder Israël perturber systématiquement ses innovations tactiques et démolir son infrastructure militaire d’une valeur de centaines de millions de dollars. Le groupe a passé une décennie, à se doter de nouvelles capacités de combat majeures, destinées à défier Israël, sur des fronts nouveaux et inattendus. Toutes se sont avérées inefficaces ou carrément inutiles.

Une unité d’artillerie lance des obus vers des cibles à Gaza, le 19 mai 2021. (Crédit : AP Photo/Tsafrir Abayov, File)

Un commando naval d’élite, équipé de sous-marins miniatures, n’a pas réussi à lancer une seule attaque d’envergure. Et il a vu, une grande partie de ses infrastructures et de ses équipements détruits depuis les airs. Les équipes de missiles antichars à déplacement rapide chargées de détruire les véhicules militaires israéliens, ont été identifiées et détruites si rapidement, dans les premiers jours des combats, que le Hamas a ordonné leur retrait du champ de bataille. Les drones d’attaque, capables de cibler précisément les installations israéliennes, ont été interceptés, avec une efficacité désespérante. Et un système tentaculaire de tunnels souterrains et de bunkers, surnommé « le métro », qui offrait aux combattants du Hamas, la possibilité de se déplacer rapidement, sur les champs de bataille urbains de Gaza, sans s’exposer aux frappes aériennes israéliennes, a fini par fournir à Israël des cibles militaires plus propres.

Israël a montré qu’il avait profondément pénétré dans les rangs du Hamas, en ciblant une longue liste de commandants de niveau intermédiaire, puis en rendant cette liste publique. Les noms étaient inconnus des Israéliens et ont suscité quelques haussements de sourcils sceptiques de la part des analystes militaires. Mais le message n’a échappé, à personne, au sein du Hamas : les rangs du Hamas sont truffés d’agents du renseignement israélien. Personne n’est à l’abri.

Et enfin, il y a le nombre de morts. En mettant de côté, pour un instant, tout débat sur la moralité de l’une ou l’autre des parties, pour des raisons purement tactiques, l’armée israélienne préfère un faible nombre de morts des deux côtés : du côté palestinien, pour garder la fenêtre politique ouverte à la poursuite des frappes aériennes, et du côté israélien, pour éviter de donner l’impression qu’elles ont échoué dans leur devoir premier de protéger les Israéliens.

Le Hamas a lui besoin d’un nombre de morts plus élevé – là encore, il ne s’agit que de considérations tactiques – du côté palestinien, pour accélérer la pression internationale, en faveur de la fermeture de la fenêtre d’attaque israélienne, et du côté israélien pour montrer, dans la logique sinistre de ces confrontations, qu’il a infligé une certaine mesure dans l’échelle de la douleur, à l’autre partie, dans une guerre, qu’il a commencée.

Les Palestiniens célèbrent dans le centre ville de Ramallah en soutien à Gaza, après l’annonce d’un cessez-le-feu entre le Hamas et Israël, aux premières heures du 21 mai 2021. (Abbas Momani/AFP)

Les troupes israéliennes ont été les grandes gagnantes de ce combat. Le Hamas n’a obtenu « que » 12 morts israéliens, au prix de milliers de bâtiments renversés à Gaza et de dommages massifs à ses coûteuses infrastructures. Le nombre total de morts palestiniens, après des milliers de frappes israéliennes, selon les propres calculs du Hamas et en incluant les combattants et les civils, s’élève à 232. Ce chiffre n’apporte aucun réconfort, aux familles des civils tués par les frappes israéliennes, bien sûr, mais ses chiffres simples et froids révèlent néanmoins, un niveau de précision chirurgicale, qui pourrait bien être sans précédent, dans les annales de la guerre moderne.

Où est passé Israël ?

Bien sûr, rien de tout cela n’a empêché le Hamas de crier « victoire » vendredi, en utilisant ce terme, de la manière inventée par le Hezbollah en 2006, qui considère comme une « victoire », le simple fait de survivre à un échange de tirs avec Israël, quels que soient les dommages, causés à son pays ou l’absence de dommages infligés, à l’ennemi.

Pourtant, cet étrange critère de « victoire » n’est pas aussi ridicule qu’il n’y paraît. Elle découle de la vision stratégique du Hamas, qui n’a pas été entamée par les échecs tactiques des 11 derniers jours. Il n’est pas nécessaire de chercher très loin pour découvrir cette vision. Le Hamas en parle constamment.

Capture d’écran de Musa Abu Marzouk, chef politique adjoint du Hamas, dans une interview du 17 mai 2021 avec Russia Today TV, traduite par l’institut MEMRI basé à Washington. (Capture d’écran MEMRI)

Lundi, le chef politique adjoint du Hamas, Musa Abu Marzouk, a donné une interview à Russia Today, dans laquelle il a précisé ce que le Hamas pensait de la guerre.

La guerre actuelle, a-t-il dit, « n’est pas la guerre finale » avec Israël. Il y en aura d’autres.

« Ce n’est pas comme au Vietnam et ailleurs, où les choses se sont terminées par des négociations. C’est juste l’une d’une [série] de guerres, et une guerre viendra lorsque nous négocierons avec eux [c’est-à-dire les Juifs] la fin de leur occupation et leur départ de la Palestine », a déclaré Abu Marzouk, selon une traduction de MEMRI.

« Il n’y aura pas de compromis, permettant à Israël, de continuer à exister ou aux Juifs de rester sur la terre », a-t-il assuré. « Israël prendra fin comme il a commencé, et notre peuple palestinien retournera dans ses foyers, parce que l’injustice ne peut pas durer et que les gens doivent obtenir ce qui leur revient de droit. »

Cette fin, a-t-il insisté, n’est pas un fantasme : « Nous ne sommes pas des rêveurs. Jusqu’à récemment, on se moquait des roquettes du Hamas, en les qualifiant de jouets d’enfants. Je ne crois pas que quelqu’un dise cela aujourd’hui. Jusqu’à récemment, le monde entier soutenait le gouvernement blanc en Afrique du Sud, mais les choses ont changé. Où est passée l’Union soviétique ? Où est passé le mur de Berlin ? Un jour viendra où les gens demanderont : ‘Où est passé Israël ?’ « .

Un fidèle musulman porte un drapeau du Hamas lors d’une manifestation après la prière du vendredi au Dôme du Rocher sur le Mont du Temple dans la vieille ville de Jérusalem, le 14 mai 2021. (AP Photo/Mahmoud Illean)

Cette interview est l’une des innombrables expressions de ce qui constitue la croyance la plus fondamentale du Hamas au sujet de son ennemi : les Juifs d’Israël sont une entité politique usurpatrice illégitime, le dernier vestige du colonialisme européen, et donc vouée à l’échec comme tous les autres projets coloniaux européens du siècle dernier.

Dans le discours du Hamas, Israël n’est pas un peuple en concurrence avec les Palestiniens, pour une seule bande de terre inconfortablement étroite. C’est, comme l’Union soviétique, l’Allemagne de l’Est ou le régime d’apartheid sud-africain avant lui, une mince patine d’institutions et de concepts politiques qui s’effacera, sous la lumière crue, d’une « résistance » soutenue.

Bien entendu, il faudra peut-être, faire de nombreux et douloureux sacrifices, pour y parvenir. L’Algérie française n’a été renvoyée qu’après huit ans de guerre acharnée et des centaines de milliers de morts pendant la guerre d’indépendance algérienne. L’Amérique n’a été chassée du Vietnam qu’après 20 ans de combats et des centaines de milliers de morts. Mais au bout du compte, avec quelques années supplémentaires, de sacrifices patients et douloureux et, surtout, un refus constant de tout compromis, les Juifs partiront. Dans la vision du Hamas, la douleur endurée par les habitants de Gaza, au cours des 11 derniers jours, était un prix à payer, pour la grande chance de mettre sur la touche le Fatah accommodant en Cisjordanie, et de réunifier les rangs palestiniens autour de cette lutte jugée anti-coloniale.

Lia Tal, 40 ans, se précipite avec ses enfants et son partenaire pour se mettre à l’abri alors qu’une sirène retentit pour avertir de l’arrivée de roquettes tirées depuis la bande de Gaza, à Ashdod, Israël, jeudi 20 mai 2021. (AP Photo/Heidi Levine)

La grande question

Alors que le Hamas en vient à dominer le mouvement nationaliste palestinien, la question qui éclipse toutes les autres, celle qui a le pouvoir de déterminer l’avenir des Palestiniens et, par extension, celui des Israéliens aussi, est simple : la grande stratégie du Hamas est-elle correcte ? Sera-t-elle efficace ?

Les Palestiniens pensent que les Juifs israéliens sont déterminés à les chasser de leur territoire. Les sondages de ces dernières années ont révélé que non seulement la plupart des Palestiniens croient qu’Israël projette de démolir la mosquée Al-Aqsa sur le mont du Temple de Jérusalem, pierre angulaire de l’identité et de la religion palestiniennes, mais qu’environ la moitié des Palestiniens pensent qu’Israël pourrait y parvenir. La croyance aveugle dans les desseins maléfiques d’Israël sur Al-Aqsa n’est pas une simple théorie du complot. C’est l’expression d’une vulnérabilité du sentiment qu’ont de nombreux Palestiniens qu’ils ne pourront pas empêcher Israël de détruire Al-Aqsa s’il le souhaite.

Un homme brandit le drapeau du Hamas lors d’une manifestation au sanctuaire du Dôme du Rocher sur le Mont du Temple dans la Vieille Ville de Jérusalem, vendredi 7 mai 2021. (AP Photo/Mahmoud Illean)

La plupart des Juifs israéliens, quant à eux, sont convaincus que la violence palestinienne n’est pas en fin de compte une protestation contre leur mauvaise conduite ou contre des politiques injustes, mais qu’elle est enracinée dans l’idéologie décrite si clairement par Abu Marzouk : une violence incessante, et sans remords, jusqu’à ce que les Juifs fuient tous le pays, ou soient tués. Une deuxième Shoah.

Les Israéliens le croient, en partie, parce que les principales factions palestiniennes, le disent régulièrement. Mais ils le croient aussi parce qu’ils l’ont vécu. Le monde, a peut-être oublié, la deuxième Intifada, qui a débuté en 2000, au cours de laquelle des vagues incessantes de plus de 100 attentats-suicides ont explosé dans les villes israéliennes, laissant la gauche favorable à Oslo, brisée et marginalisée, pendant une génération et plus. Ce n’est pas le cas des Israéliens.

Cette vague de violence, choquante et soutenue, n’a pas commencé trois décennies après l’échec du processus de paix, mais en 2000, à peine huit ans après ce que la plupart des observateurs considéraient, comme un effort réussi jusqu’alors. Les troupes israéliennes avaient quitté les villes palestiniennes, à partir du milieu des années 1990, l’Autorité palestinienne était établie et les dirigeants israéliens, palestiniens et américains se trouvaient à Camp David pour négocier – c’est ce qu’on disait aux Israéliens à l’époque – les frontières définitives de la solution à deux États. C’est alors qu’un paroxysme de violence et de brutalité a soudainement balayé la société palestinienne et anéanti les espoirs d’une génération.

Il ne s’agit pas ici de dire que la seconde Intifada est inexplicable. Il existe de nombreuses explications, comme l’argument avancé par certains Palestiniens, au fil des ans, selon lequel la violence a commencé comme une rébellion populaire, contre la tyrannie de Yasser Arafat, et a été détournée par son régime, effrayé et chancelant, en une attaque contre Israël. Le point ici, est seulement de dire, que l’expérience israélienne, de ces vagues de terreur, ne les a pas vues, comme une attaque contre l’occupation, mais comme une attaque contre un Israël essayant de démanteler « l’occupation ».

Un officier des démineurs israéliens inspecte une maison endommagée par une roquette tirée depuis la bande de Gaza, à Sderot, le 19 mai 2021. (AP Photo/Tsafrir Abayov)

Les Juifs israéliens ne se sentent pas aussi vulnérables que les Palestiniens ; ils ne croient pas que l’autre camp a des chances de réussir. Mais la conviction que les Palestiniens essaient de les éliminer, entraîne la conviction corollaire que la violence palestinienne n’est finalement pas un argument contre les politiques israéliennes, mais contre l’existence des Israéliens. Le terrorisme palestinien, selon ce point de vue israélien dominant, n’est pas irréfléchi et réactif. Il est planifié et déterminé, enraciné dans la stratégie décrite par Abu Marzouk, une stratégie qui interprète tout compromis, ou accommodement israélien, comme une preuve de faiblesse.

Comment expulser les Juifs ?

Au milieu des années 1990, deux généraux de l’armée israélienne, arrivaient au terme de leur longue et riche carrière militaire. Meir Dagan avait tout dirigé, des escadrons commando aux brigades blindées, et allait ensuite devenir directeur du Mossad. Yossi Ben Hanan, après avoir été l’un des meilleurs commandants, de chars d’assaut d’Israël lors de la guerre de 1973, a dirigé le corps blindé et le service de recherche et développement de l’armée israélienne, mais il est surtout connu pour la photo de couverture du magazine Life de 1967, où l’on voit son visage de 22 ans, dans les eaux du canal de Suez, symbole de la vitalité et de la réussite militaire d’Israël.

La couverture du magazine Life du 23 juin 1967 montrant l’officier des FDI Yossi Ben Hanan, 22 ans, dans les eaux du canal de Suez.

Au milieu des années 1990, les deux vétérans grisonnants, récemment libérés de leurs obligations militaires, prévoient de se rendre ensemble au Vietnam. Tous deux étaient des étudiants passionnés d’histoire militaire, notamment du conflit vietnamien. Ils ont demandé des visas et fait une demande spéciale aux autorités vietnamiennes : rencontrer le général Vo Nguyen Giap.

Giap était l’un des grands esprits stratégiques du 20e siècle, un ancien instituteur qui a joué un rôle central dans le développement de la pensée stratégique et des capacités organisationnelles qui ont transformé des provinciaux ruraux en haillons en une force militaire qui allait mettre en déroute les nations les plus puissantes du monde, de l’occupation japonaise, aux Français et aux Américains, au cours de trois longues décennies de conflit qui ont culminé avec la fin de la guerre du Vietnam en 1975.

Giap était également un dirigeant impitoyable, et souvent tyrannique, assassinant les opposants au mouvement communiste vietnamien, et supervisant une guérilla qui a sacrifié, des centaines de milliers de ses propres combattants à la cause. Il n’était pas un héros pour les Israéliens, mais il n’en reste pas moins une figure fascinante dans les annales de la guerre moderne.

Le général vietnamien Vo Nguyen Giap, dans un portrait réalisé par des correspondants de guerre japonais en 1973, en pleine guerre du Vietnam. (Avec l’aimable autorisation du site Web de la province vietnamienne de Quảng Bình)

De façon inattendue, la demande a été approuvée. Giap a accepté de les rencontrer. Lorsque les Israéliens sont arrivés au Vietnam, ils se sont assis avec l’homme qui avait déjà passé des décennies, en tant que ministre de la Défense de son pays. Ce fut une longue réunion, comme Ben Hanan le rappellera plus tard à Eran Lerman, ancien officier de renseignement de haut rang à Tsahal, puis conseiller adjoint à la sécurité nationale. Lerman, aujourd’hui à l’Institut de Jérusalem pour la stratégie et la sécurité, a raconté l’histoire à cet auteur.

Lorsque les Israéliens se sont levés pour partir, Giap a soudainement abordé la question palestinienne. « Écoutez », a-t-il dit, « les Palestiniens viennent toujours ici et me disent : « Vous avez expulsé les Français et les Américains. Comment pouvons-nous expulser les Juifs ? »

Les généraux étaient intrigués. « Et que leur répondez-vous ? »

« Je leur dis, répondit Giap, que les Français sont retournés en France et les Américains en Amérique. Mais les Juifs n’ont nulle part où aller. Vous ne les expulserez pas. »

La guerre à l’étranger et la guerre à l’intérieur

Ce n’est pas un hasard si la dernière observation de Giap est restée si vivante dans l’esprit de Ben Hanan, ou dans celui de Lerman.

Il y a là une profonde tragédie pour la cause palestinienne. Alors même qu’elle gagne des soutiens à l’étranger, à des niveaux jamais vus depuis les années 1970, ces soutiens, largement ignorants du discours stratégique au sein du mouvement nationaliste palestinien, ont passé les 11 derniers jours à s’aligner carrément derrière le parti même qui a conduit la cause palestinienne dans le mur.

Des roquettes lancées vers Israël depuis Gaza City, dans la bande de Gaza, le 20 mai 2021. (Crédit : MAHMUD HAMS / AFP)

Chaque camp dans ce conflit croit que l’autre est engagé dans une guerre d’élimination. Cela les rend, tous deux, pratiquement insensibles aux pressions étrangères. Le comportement des Palestiniens n’a pas changé lorsque l’administration Trump a réduit l’aide américaine dont ils avaient désespérément besoin. Le comportement israélien changera-t-il, si des législateurs progressistes, comme le sénateur Bernie Sanders, mettent fin à la vente de missiles à Israël ? Si la condition de Sanders pour la vente est qu’Israël ne frappe pas le Hamas à l’avenir, même si le groupe terroriste fait des barrages sur les villes israéliennes, Israël acceptera-t-il de rester inactif lors de la prochaine guerre, ou trouvera-t-il d’autres sources d’approvisionnement en missiles ?

Vendredi, le Hamas a célébré sa capacité à faire fuir les Israéliens vers des abris anti-bombes. Un tyran colonialiste, après tout, survit en projetant une aura de force. Le Hamas croit que son travail consiste à percer des trous, sans cesse et sans pitié, dans cette assurance.

Mais les Juifs israéliens ne se considèrent pas comme une entité colonialiste artificielle vouée à la chute. Ils croient qu’ils sont un peuple qui n’a nulle part où aller et qui fait face à un ennemi inapaisable. Tout comme les Palestiniens sont unifiés et mobilisés par la pression israélienne, les Juifs israéliens sont unifiés et mobilisés par la pression palestinienne. Un sentiment de vulnérabilité et de victimisation injuste, peut être un handicap pour une entreprise colonialiste, mais pour une population en guerre qui croit qu’elle défend son foyer, c’est un atout stratégique, un cadeau que le Hamas confère continuellement au moral des Israéliens.

Des employés municipaux palestiniens nettoient les rues après un cessez-le-feu conclu après une guerre de 11 jours entre les dirigeants du Hamas de Gaza et Israël, dans la ville de Gaza, le 21 mai 2021. (AP Photo/Khalil Hamra)

Et c’est là toute la tragédie. Les Palestiniens ont deux stratégies de base : d’une part, une violence incessante, de type anti-colonial et, d’autre part, une pression diplomatique et économique internationale sur Israël. Les Palestiniens, ainsi que les partisans étrangers, désireux de porter leur bannière, n’ont pas encore compris que ces deux stratégies s’annulent mutuellement, que le Hamas ne cesse d’expliquer aux Israéliens, les conséquences désastreuses, de leur consentement aux demandes internationales.

Une politique palestinienne de plus en plus dominée par le Hamas semble désormais prête à s’enfoncer dans ce trou de lapin, auto-destructeur, pour quelques années encore. Alors que les deux camps commencent à se préparer à la prochaine guerre promise par Abou Marzouk, l’argent sûr, comme toujours, est du côté des pessimistes. Les choses vont empirer avant de s’améliorer.

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