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Lod: La jumelle survivante de la fusillade n’assistera pas aux obsèques des défuntes

Maryam Hajaj, 14 ans, dont la mère et la sœur jumelle ont été abattues, sera placée en lieu sûr ; le père exilé, qui a des liens avec la pègre, a dit que Dieu "se vengera"

Des agents sur les lieux d'un double meurtre à Lod, où une mère d'une trentaine d'années et sa fille de 14 ans, l'une des deux jumelles, ont été tuées. La jumelle survivante a été gravement blessée, le 5 septembre 2022. (Crédit :  Police israélienne)
Des agents sur les lieux d'un double meurtre à Lod, où une mère d'une trentaine d'années et sa fille de 14 ans, l'une des deux jumelles, ont été tuées. La jumelle survivante a été gravement blessée, le 5 septembre 2022. (Crédit :  Police israélienne)

Une jeune adolescente, dont la mère et la sœur jumelle ont été tuées par balle dans une fusillade qui a choqué le pays, sera placée en lieu sûr afin d’assurer sa sécurité, selon les informations rapportées mardi, alors que les enquêteurs continuent d’enquêter sur le double meurtre. Elle n’assistera pas non plus aux obsèques des défuntes, la police craignant pour sa vie.

Elle restera donc en lieu sur « en raison des menaces concrètes qui pèsent sur sa vie », a fait savoir Ynet dans l’après-midi de mardi.

Maryam Hajaj, âgée de 14 ans, a été grièvement blessée dans l’attaque de lundi soir à Lod lors de laquelle sa mère Manar Hajaj et sa sœur jumelle Khadra Hajaj sont mortes, la dernière en date d’une vague de criminalité incessante qui frappe les communautés arabes d’Israël.

Selon Ynet, Manar Hajaj et ses filles étaient en train de sortir leurs provisions de leur véhicule lorsqu’elles se sont faites tirer dessus, à bout portant.

Maryam a tenté de s’enfuir et a été touchée à la jambe, selon les informations rapportées.

Selon Ynet, la police estime que la vie de Maryam a été épargnée parce que l’arme utilisée s’est enrayée. Elle a d’abord été emmenée à l’hôpital Shamir, mais sera transférée dans un lieu tenu secret, car on craint pour sa vie, a rapporté mardi le journal Haaretz.

Elle y restera jusqu’à ce que sa situation soit examinée par un tribunal, qui déterminera si et comment elle sera placée dans un programme de protection des témoins, selon les informations rapportées par le journal.

Les enquêteurs ont déclaré que la fusillade pourrait être liée à un conflit de gangs en cours impliquant le mari de Manar Hajaj, Issam Hajaj, qui a été soupçonné il y a quatre ans dans le meurtre de l’une de ses partenaires, Samar Hatib, selon les médias israéliens. Le ciblage de ses proches – qui n’ont aucun lien connu avec le monde du crime – pourrait être dans le but de se venger de lui.

Deux des fils et neveux d’Issam ont été reconnus coupables de complicité dans le meurtre de Hatib et ont été condamnés à 10 ans de prison. Une semaine avant sa mort, Hatib avait trouvé une bombe sous sa voiture et avait rapporté à la police que Hajaj lui avait crié dessus et l’avait battue lors de leur dernière rencontre, qui avait eu lieu en Colombie.

Un embargo judiciaire interdit la publication de tout autre détail sur l’enquête en cours. Aucune arrestation n’a été annoncée.

Manar Hajaj et sa fille. (Crédit : Autorisation)

Mardi, Issam Hajaj, qui a fui Israël il y a plusieurs années, a exprimé sa colère face à « l’impuissance » de la police et à ses tentatives de lier les meurtres actuels au meurtre de Hatib, a rapporté la Douzième chaîne.

« D’en haut, Dieu voit tout et se vengera de ces meurtriers de bas étage », aurait-il déclaré à ses associés.

La chaîne a cité des sources anonymes de la pègre qui ont déclaré que la vengeance pour cet incident était « proche ».

Pendant ce temps, la police déploie de plus en plus de forces à Lod pour tenter de contenir une vague de crimes violents qui a coûté la vie à trois Arabes israéliens la semaine dernière, et à 75 en tout depuis le début de l’année.

Selon Abraham Initiatives, un groupe qui fait campagne contre la violence dans la communauté arabe, seuls neuf des 68 premiers meurtres de cette année ont été élucidés par la police.

Selon les données, publiées mardi par la chaîne publique israélienne Kan, sept des victimes de meurtres cette année avaient moins de 17 ans, neuf avaient plus de 50 ans et neuf étaient des femmes.

Lundi soir, le maire de Lod, Yair Revivo, a décrié l’apathie des Israéliens face à cette série de meurtres et d’incidents violents.

« Une vague de violence incroyable continue de sévir dans ce pays, en particulier dans la communauté arabe, et je suis désolé de le dire, mais le pays ne réagit pas », a déclaré Revivo au site d’information Ynet alors qu’il était sur les lieux de la fusillade.

« Si ces nombreux meurtres touchaient la communauté juive, le pays serait sens dessus dessous », a-t-il ajouté.

« C’est une violation de la sécurité personnelle de tous les résidents du pays – Juifs et Arabes – et ce qui m’exaspère et me fait sortir de mes gonds, c’est que ces ignobles tueurs n’ont aucune limite. Il ne s’agit pas de criminels qui tuent d’autres criminels, mais des personnes qui sont faibles et incapables de se défendre ; c’est tout simplement dramatique », a fustigé Revivo.

Le maire de Lod Yair Revivo à la Knesset, à Jérusalem, le 8 novembre 2021. (Crédit :  Yonatan Sindel/Flash90)

Fida Shehada, membre du conseil municipal de Lod, a déclaré que la situation dans la ville était hors de contrôle, les victimes ayant été attaquées non loin d’un poste de police.

« C’étaient des voisins tranquilles qui n’ont jamais fait de mal à qui que ce soit. Nous vivons dans le ‘Far West’, où au milieu de la ville de Lod – près du commissariat de police et de la mairie – des femmes sont assassinées », a déclaré Shehada.

Mardi matin, le Premier ministre Yair Lapid s’est entretenu avec des responsables de la sécurité au sujet de ces meurtres, ainsi que sur le problème général de la hausse de la criminalité dans la communauté arabe, selon un communiqué de son bureau.

« Les actes de violence et les meurtres portent atteinte au sentiment de sécurité des citoyens et à leur routine quotidienne », peut-on lire dans le communiqué, qui ajoute que la police travaillera à Lod « pour prévenir les actes de vengeance » et renforcera sa présence dans d’autres villes dites « mixtes ».

Le chef de la police, Kobi Shabtai, a déclaré dans un communiqué que l’enquête sur les meurtres de Lod était une « priorité absolue » pour les forces de police et que la présence des forces de l’ordre dans la ville serait renforcée.

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