La kippa réinventée en “calotte de liberté” pour la marche en mémoire de Selma
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La kippa réinventée en “calotte de liberté” pour la marche en mémoire de Selma

Un vendeur juif de 60 ans espère contrer la “haine raciste” avec des calottes interraciales

Les "kippas de la liberté" que Marc Daniels a emporté à la marche du 51ème anniversaire de la marche de Selma, le 10 mars 2016. (Crédit : autorisation de Marc Daniels)
Les "kippas de la liberté" que Marc Daniels a emporté à la marche du 51ème anniversaire de la marche de Selma, le 10 mars 2016. (Crédit : autorisation de Marc Daniels)

JTA – Il y a 51 ans, des centaines de personnes ont marché de Selma à Montgomery, Alabama, pour demander des droits électoraux pour les afro-américains. La marche, l’une des manifestations pour les droits civiques les plus célèbres dans l’histoire américaine, a incité à faire voter la loi sur les droits électoraux (Voting Rights Act).

Ce qui est moins connu est que les kippas [les couvre-chef juives] étaient un symbole de cette action. Les participants noirs ont embrassé le couvre-chef religieux comme « calottes de liberté » en appréciation de leurs soutiens juifs, comme le célèbre rabbin Abraham Joshua Heschel.

A une commémoration anniversaire de la marche de Selma dimanche, les calottes de la liberté étaient de retour.

Marc Daniels, un vendeur juif de 60 ans de Springfield, Illinois, était là, distribuant des kippas commémoratives comme symbole de la solidarité interraciale et interreligieuse. Il a déclaré qu’il espérait contrer la « haine raciste » du favori républicain pour la nomination présidentielle, Donald Trump.

Les kippas redésignées sont brodées des mots : « Selma : calotte de la liberté » et d’un logo comprenant le nombre 51 et une silhouette du pont Edmund Pettis.

Le 7 mars 1965, les marcheurs ont été stoppés sur ce pont par la police et brutalement battus. Les télévisions internationales ont diffusé le « Bloody Sunday » et le mouvement des droits civiques a gagné la sympathie du public. Deux semaines après, Martin Luther King Jr. menait une marche victorieuse à travers le pont vers la capitale de l’état, avec Heschel à ses côtés. La loi sur les droits électoraux a été votée cette année-là.

Le rabbin Abraham Joshua Heschel (deuxième à droite), lors de la marche à Selma avec le Révérend Martin Luther King, Jr., Ralph Bunche, le républicain John Lewis, le révérend Fred Shuttlesworth et le révérend CT Vivian. (Crédit : Autorisation de Susannah Heschel)
Le rabbin Abraham Joshua Heschel (deuxième à droite), lors de la marche à Selma avec le Révérend Martin Luther King, Jr., Ralph Bunche, le républicain John Lewis, le révérend Fred Shuttlesworth et le révérend CT Vivian. (Crédit : Autorisation de Susannah Heschel)

Daniels n’a pas vendu beaucoup de kippas à l’évènement anniversaire, mais il a montré son argument.

Il a collecté les signatures de douzaines de leaders des droits civiques – y compris Bernard Lafayette, dirigeant de la conférence des dirigeants chrétiens du sud (Southern Christian Leadership Conference), dont le premier président était Martin Luther King Jr., et le représentant de longue date à la Chambre américaine, James Clyburn – sur une kippa qu’il a donnée à Susannah Heschel, la fille du défunt rabbin. Elle a été « époustouflée », a dit Daniels.

Il a aussi mené une prière impromptue à la chapelle Clinton AME locale de l’Eglise de Sion, qui lui a donné selon lui un « tournis kabbalistique ». « La seule chose que je n’ai pas faite a été de communier », a-t-il déclaré à JTA.

Ce n’était pas la première fois que Daniels apportait des kippas à la politique américaine. Depuis l’année dernière, il vend des kippas brodées du nom des candidats présidentiels pendant des évènements de campagne.

Marco Rubio (Crédit : United States Senate/Public domain/via Wikimedia Commons
Marco Rubio (Crédit : United States Senate/Public domain/via Wikimedia Commons

Il a même connu un moment de gloire sur internet quand le New York Times l’a surpris tendant au sénateur Marco Rubio (républicain, Texas) une kippa et lui souhaitant un « gut Shabbes », « bon Shabbat » en yiddish. Clairement confus, Rubio a répondu « boot Shabbes ? »

Daniels a dit qu’il ne fait pas cela pour gagner de l’argent. Ce qu’il gagne en vendant ses kippas permet de couvrir les dépenses de voyage pour se rendre aux évènements de campagne dans le pays, a-t-il déclaré. Il a été inspiré pour commencer à produire des kippas sur le thème de Selma après avoir lu un article de JTA de 1965 sur les calottes de la liberté originales.

« Mon premier objectif est de transmettre ce message, il y a un autre moyen de faire de la politique, au-delà de l’alarmisme », a-t-il déclaré.

Consterné de voir Trump jeter dehors une femme musulmane protestant silencieusement pendant un rassemblement en Caroline du Nord en janvier, Daniels a commencé à distribuer des kippas aux évènements des candidats démocrates à la présidentiel, Hillary Clinton et le sénateur Bernie Sanders (indépendant, Vermont).

Après s’être entretenu au téléphone mardi avec JTA, il s’est précipité à l’évènement de la campagne démocrate d’Hillary Clinton à St Louis, dans le Missouri, où il a retrouvé Bill Clinton. Son but était de résumer sa grande idée à l’ancien président : une marche des juifs et des musulmans à travers le pont Edmund Pettis en 2017.

Daniels n’a pas eu assez de temps pour faire passer son idée, mais il a pu donner deux kippas à Clinton, a-t-il dit : une avec le nom d’Hillary Clinton, une autre avec celui de Martin Luther King Jr.

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