La Knesset rejette un compromis sur le budget pour éviter un nouveau scrutin
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La Knesset rejette un compromis sur le budget pour éviter un nouveau scrutin

Il reste moins de 24 heures aux élus israéliens pour mettre au point un nouveau compromis, le cas échéant, des élections seront automatiquement déclenchées

Des Israéliens déposent leur bulletin de vote dans l'urne d'un bureau de vote de Jérusalem, durant les élections législatives pour la 21e Knesset, le 9 avril 2019.(Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Des Israéliens déposent leur bulletin de vote dans l'urne d'un bureau de vote de Jérusalem, durant les élections législatives pour la 21e Knesset, le 9 avril 2019.(Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Les parlementaires israéliens ont rejeté tôt mardi un projet de compromis sur le budget de l’Etat, augmentant ainsi les risques d’une dissolution du Parlement et de la convocation de nouvelles élections dès la fin de la journée.

La campagne de vaccination contre la Covid-19 vient à peine de commencer en Israël que le pays pourrait déjà retourner en élections, les quatrièmes en moins de deux ans, après trois duels n’ayant pas réussi à départager Benjamin Netanyahu et l’ancien chef de l’armée Benny Gantz.

Après leur dernier duel électoral, en mars dernier, les deux hommes avaient temporisé pour former un gouvernement « d’unité et d’urgence » pour affronter la crise sanitaire en mettant un terme à la plus longue crise politique de l’histoire de l’Etat hébreu.

L’accord incluait une rotation au poste de Premier ministre et stipulait que le gouvernement adopterait un seul budget pour deux ans (2020 et 2021), mais le Likud de Netanyahu a proposé de voter deux budgets différents, ce que la formation Kakhol lavan de Gantz a refusé.

Benjamin Netanyahu, (à droite), et le ministre de la Défense Benny Gantz lors de la réunion hebdomadaire du cabinet à Jérusalem, le 21 juin 2020. (Marc Israel Sellem/POOL)

Ce point, jamais résolu, est devenu le tendon d’Achille de la coalition et aussi, selon la presse israélienne, le révélateur des tensions entre Netanyahu et Gantz.

Le vote sur le budget avait été repoussé avec à la clé la date butoir du 23 décembre. Si aucun budget n’est adopté d’ici cette échéance, la Knesset se dissoudra automatiquement et de nouvelles élections seront convoquées en mars 2021.

« Soulèvement judiciaire »

Dans une tentative affichée de résoudre la crise, le parti de Benny Gantz a annoncé ces dernières heures un nouveau projet : tenir un nouveau vote afin de repousser l’adoption du budget 2020 d’ici le 31 décembre et celui de l’année 2021 au 5 janvier.

Mais lors d’un vote en pleine nuit, aux premières minutes de la journée de mardi, 49 députés ont voté contre ce projet et 47 pour. Cette proposition rejetée, les élus israéliens devront accoucher d’ici la fin de journée d’un nouveau compromis s’ils veulent éviter un nouveau scrutin.

Peu avant ce vote, Benjamin Netanyahu, qui devra comparaître en début d’année dans son procès pour corruption, malversation et abus de pouvoir avait accusé Benny Gantz, ex-rival devenu partenaire dans le gouvernement, d’ourdir un « soulèvement judiciaire ».

Le nouveau ministre de la Justice, Avi Nissenkorn, s’exprime lors d’une cérémonie au ministère de la Justice, le 18 mai 2020. (Shlomi Amsalem/GPO)

Selon le Premier ministre, Benny Gantz souhaite conférer au ministre de la Justice, Avi Nissenkorn, membre de la formation centriste Kakhol lavan, un rôle trop important dans la nomination des juges et des procureurs qui « violerait » leur accord de gouvernement d’union.

« Nous ne voulons pas d’élections (…) mais si on nous impose de nouvelles élections nous les gagnerons », a déclaré Netanyahu, défié récemment au sein même de son parti.

Congestion à droite ?

Son ancien ministre Gideon Saar a en effet annoncé en décembre la création de sa propre formation, Tikva Hadasha, ouvertement à droite, et déjà créditée de la seconde place selon de récents sondages.

Le député Likud Gideon Saar s’exprime lors de la Conférence des présidents des principales organisations juives américaines à Jérusalem, le 19 février 2020. (Olivier Fitoussi/Flash90)

Si le Likud reste en tête de ces baromètres, l’apparition de ce nouveau parti, de même que la montée de la formation de droite radicale Yamina d’un autre ancien ministre, Naftali Bennett, grignotent des voix à Netanyahu et pourraient compliquer le jeu des alliances post-électorales.

De son côté, l’ancien chef de l’armée Benny Gantz a vu ses appuis fondre comme neige au soleil et aurait plus avantage à chercher un compromis qu’à se lancer dans un nouveau combat électoral, note le Yediot Aharonot, titre le plus vendu de la presse israélienne.

« Il (Gantz) sait que la défaite l’attend. Et c’est précisément pour cela, que dans sa position de loser, il peut se permettre d’agir sur la base de ce qui est le mieux pour le pays » en tentant d’éviter de nouvelles élections.

Mais à quelques heures de l’échéance du 23 décembre, la question demeure : parviendra-t-il à ce compromis ?

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