La loi sur l’État nation est un « apartheid raciste, » juge Abbas
Rechercher

La loi sur l’État nation est un « apartheid raciste, » juge Abbas

Le dirigeant palestinien a réitéré son soutien à une conférence internationale qui permettrait que les États-Unis ne soient plus seuls émissaires de paix

Le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, à droite, et le dirigeant bosniaque Bakir Izetbegovic à Ramallah, le 29 août 2018, au siège présidentiel de l'AP. (Wafa)
Le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, à droite, et le dirigeant bosniaque Bakir Izetbegovic à Ramallah, le 29 août 2018, au siège présidentiel de l'AP. (Wafa)

Le président de l’Autorité palestinienne (AP) Mahmoud Abbas a critiqué mercredi la loi quasi-constitutionnelle d’État-nation d’Israël, la qualifiant de « raciste ».

M. Abbas a fait cette remarque aux côtés du dirigeant bosniaque Bakir Izetbegovic lors d’une conférence de presse conjointe au siège présidentiel de l’AP à Ramallah, à l’issue d’une réunion à huis clos avec lui.

« J’ai parlé à [Izetbegovic] des dernières lois illégitimes d’Israël, y compris de la loi raciste sur l’apartheid », a déclaré Abbas.

La loi de l’État-nation, adoptée par la Knesset avec un vote de 62 à 55 le 19 juillet, a consacré Israël comme « la patrie du peuple juif », a reconnu les fêtes juives et les jours de commémoration et a déclaré l’hébreu comme seule langue nationale de l’État.

Le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, assiste à une grande cérémonie de mariage dans la ville de Ramallah, en Cisjordanie, le 18 août 2018. (Flash90)

La législation n’incluait aucune référence concernant l’égalité de tous les citoyens israéliens – un texte qui aurait été semblable à celui de la déclaration d’indépendance d’Israël, qui promettait que l’État naissant « assurerait une égalité complète des droits sociaux et politiques à tous ses habitants sans distinction de religion, de race ou de sexe ». Elle semblait également accorder à la langue arabe un statut inférieur à celui de l’hébreu.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a défendu cette législation.

Lors d’une réunion de cabinet au début du mois, Netanyahu a rejeté les critiques, arguant que d’autres lois quasi-constitutionnelles protégeaient déjà tous les droits individuels des Israéliens. Il a soutenu que la loi était nécessaire afin de garantir qu’Israël « reste non seulement démocratique, mais aussi l’État-nation du peuple juif et du peuple juif seul ».

Abbas a également dénoncé « l’effet destructeur » de la politique du président américain Donald Trump à l’égard des Palestiniens.

Une vue panoramique depuis le dernier étage d’Ecce Homo, avec le sanctuaire du Dôme du rocher et les églises de la zone (Crédit : Melanie Lidman/Times of Israel)

L’année dernière, l’administration américaine a reconnu Jérusalem comme capitale d’Israël et transféré son ambassade dans la ville. Elle a également réduit de 200 millions de dollars l’aide aux Palestiniens et retenu des dizaines de millions de dollars de contributions à l’UNRWA, l’Office de secours et de travaux des Nations unies qui soutient les réfugiés palestiniens et leurs descendants.

Dans ses remarques mercredi, Abbas a également réitéré son soutien à une conférence internationale qui établirait un mécanisme de médiation multilatérale pour le processus de paix.

Le président américain Donald J. Trump signe une ordonnance exécutive sur les sanctions de l’Iran au Trump National Golf Club, August 6, 2018, in Bedminster Township, dans le New Jersey, le 6 août 2018 (Photo officielle de la Maison blanche par Shealah Craighead)

Depuis le transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem, Abbas a affirmé à plusieurs reprises qu’il n’accepterait pas les États-Unis comme unique médiateur dans le processus de paix, et que l’AP boycottait l’administration Trump.

Cependant, il a également affirmé qu’il serait prêt à écouter une proposition de paix américaine si Trump devait reconnaître Jérusalem-Est comme capitale de « l’État de Palestine » et soutenir une solution à deux États.

Trump a déclaré qu’il n’avait aucune préférence entre une formule à deux ou un État, mais a récemment fait remarquer au roi Abdallah de Jordanie qu’un seul État composé d’Israéliens et de Palestiniens finirait par avoir « un Premier ministre [israélien] nommé Mohammed ».

Alors qu’Abbas a déclaré mardi à un petit groupe de visiteurs israéliens qu’un futur État palestinien devrait être démilitarisé et qu’il ne soutenait pas une solution au problème des réfugiés qui noyerait ou détruirait Israël, il n’a pas fait mention d’État palestinien démilitarisé à la presse mercredi lors de sa conférence, et a fait référence aux réfugiés palestiniens seulement dans le contexte des décisions de l’administration américaine à leur égard.

Pour sa part, Izetbegovic a déclaré que la partie orientale de Jérusalem était une « terre occupée » et a ajouté que la ville « dans son intégralité devrait être la capitale » d’Israël et d’un État palestinien, selon une traduction publiée sur le site Wafa.

Israël considère que les moitiés orientale et occidentale de Jérusalem font partie de son territoire souverain.

Plus tard dans la journée de mercredi, Izetbegovic a prié à la mosquée Al-Aqsa sur le mont du Temple à Jérusalem.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...