La Nouvelle-Zélande soutient toujours la motion anti-implantations de l’ONU
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La Nouvelle-Zélande soutient toujours la motion anti-implantations de l’ONU

Au lendemain du pardon de Jérusalem à Wellington, qui a co-présenté la résolution 2334, le Premier ministre English nie s’être excusé auprès d’Israël

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Bill English, alors vice-Premier ministre de Nouvelle-Zélande, durant une conférence de presse à Wellington, le 5 décembre 2016. (Crédit : Marty Melville/AFP)
Bill English, alors vice-Premier ministre de Nouvelle-Zélande, durant une conférence de presse à Wellington, le 5 décembre 2016. (Crédit : Marty Melville/AFP)

Au lendemain de la restauration des relations diplomatiques entre Israël et la Nouvelle-Zélande, qui étaient en froid en raison de l’implication de Wellington dans une résolution anti-implantation adoptée au Conseil de sécurité des Nations unies, le chef de l’État a rejeté l’idée que le fait de mettre fin à cette tension était synonyme de retrait de cette résolution.

Mardi, le bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu a publié un communiqué indiquant que le Premier ministre Bill English lui avait adressé un courrier pour exprimer son regret au sujet de la résolution qui a dégradé les liens entre les deux pays.

Mercredi, English a déclaré que Wellington ne regrettait pas d’avoir coparrainé la résolution 2334 du Conseil de sécurité de l’ONU, et qu’il était toujours opposé aux constructions d’implantations en Cisjordanie.

« La résolution a exprimé une politique internationale établie et nous maintenons ces positions », a déclaré English aux journalistes, selon le New Zealand Herald. « Que nous soyons d’accords avec un pays ou pas, nous préférons entretenir des rapports bilatéraux, et c’est une bonne chose qu’Israël ait jugé qu’il fallait restaurer sa position en Nouvelle-Zélande. »

Mardi, le gouvernement israélien a annoncé que la crise bilatérale qui avait commencé en décembre touchait à sa fin, après qu’English ait fait part de son regret après les répercussions qu’a causé le soutien de Wellington à cette résolution controversée. La résolution était co-présentée par la Nouvelle-Zélande, le Sénégal, la Malaisie et le Venezuela.

Le Conseil de sécurité vote la résolution 2334, adoptée avec 14 voix pour, zéro contre et une abstention, celle des Etats-Unis, le 23 décembre 2016. (Crédit : Manuel Elias/Nations unies)
Le Conseil de sécurité vote la résolution 2334, adoptée avec 14 voix pour, zéro contre et une abstention, celle des Etats-Unis, le 23 décembre 2016. (Crédit : Manuel Elias/Nations unies)

L’ambassadeur israélien, rappelé en décembre, reprendra son poste à Wellington, a annoncé le bureau du Premier ministre.

Après des mois de « discussions bilatérales confidentielles à haut niveau », dirigées par le ministère des Affaires étrangères israélien, English s’est entretenu avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu par téléphone et a donné suite à la conversation, a indiqué le communiqué.

Selon le bureau du Premier ministre, English a écrit : « En premier lieu, comme je l’ai dit durant notre conversation, je regrette le dommage causé aux relations entre la Nouvelle-Zélande et Israël, suite à la présentation de la résolution 2334. Nous saluons le retour de l’ambassadeur d’Israël à Wellington. »

Après cette lettre, Netanyahu a demandé au directeur général du ministère des Affaires étrangères de notifier les autorités néo-zélandaises de sa décision « de mettre fin à la crise diplomatique ».

Certains observateurs, notamment des journalistes israéliens et certains politiciens de l’opposition en Nouvelle-Zélande, ont interprété la déclaration d’English comme une « excuse » pour avoir soutenu la résolution anti-implantations.

Mais English s’est adressé à des journalistes dans les îles de Cookn et le chef du parti de centre droit a nié avoir présenté des excuses à Israël.

« Ce dont nous nous excusons, c’est que cela a perturbé nos relations avec Israël », a-t-il dit.

Constructions dans l'implantation d'Efrat en Cisjordanie, le 26 janvier 2017. (Crédit : Gershon Elinson/Flash90)
Constructions dans l’implantation d’Efrat en Cisjordanie, le 26 janvier 2017. (Crédit : Gershon Elinson/Flash90)

Gerry Brownlee, ministre néo-zélandais des Affaires étrangères a confié au Herald qu’il rendait hommage au caractère démocratique d’Israël – « chose qui, dans cette partie du monde, est assez inhabituelle » – mais a confirmé les dires du Premier ministre, qui ne s’est pas excusé d’avoir soutenu la résolution 2334.

« Nous ne nous excusons absolument pas, a-t-il dit au journal. Nous disons simplement que des amis en froid ne peuvent pas parler de ces sujets. Être capable d’en parler avec eux est important. »

Le chef de l’opposition Andrew Little, du parti travailliste néo-zélandais, s’est exprimé en faveur de la politique du gouvernement vis-à-vis d’Israël.

« C’est une bonne chose d’avoir des relations diplomatiques et de tenter de les restaurer, mais cela n’empêche pas le fait que ce pays a violé le droit international, et nous avons le droit de décrier cela », a-t-il dit au Herald. Co-présenter la résolution anti-implantation était « la bonne chose à faire, et c’est pour cela que le parti travailliste a ouvertement soutenu cette résolution dès le départ », a-t-il ajouté.

La semaine dernière, Israël a également enterré la hache de guerre avec le Sénégal, qui avait aussi co-présenté la résolution 2334, et a redéployé son ambassadeur Paul Hirschson à Dakar.

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