La Palestinienne tuée lors d’une attaque souffrait de troubles mentaux
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La Palestinienne tuée lors d’une attaque souffrait de troubles mentaux

Selon son frère, Fahima al-Hroub aurait refusé médicaments et thérapie et a tenté de se suicider peu avant d'être abattue par des soldats qu'elle a approchés munie d'un couteau

Fahima al-Hroub, 60 ans, résidente de Wadi Fukin abattue par les soldats israéliens le 2 mai 2021 (Crédit : Famille al-Hroub)
Fahima al-Hroub, 60 ans, résidente de Wadi Fukin abattue par les soldats israéliens le 2 mai 2021 (Crédit : Famille al-Hroub)

La Palestinienne abattue par des soldats israéliens qui pensaient qu’elle commettait une attaque terroriste souffrait auparavant de troubles mentaux et avait récemment tenté de se suicider, a déclaré sa famille au Times of Israël lundi.

« Elle a commencé à sentir que tout allait mal, et soudainement, au cours des trois derniers mois, son état mental s’est détérioré. Nous avons été choqués », a déclaré Ibrahim, le frère de Fahima al-Hroub, lors d’un appel téléphonique.

Fahima al-Hroub, une sexagénaire résidant à Wadi Fukin, près de Bethléem, a été abattue par des soldats israéliens dimanche après s’être approchée d’eux en brandissant un couteau près de la jonction du Gush Etzion.

Al-Hroub a été transportée à l’hôpital Shaare Zedek de Jérusalem pour y être soignée, où elle a succombé à ses blessures.

L’armée israélienne a estimé que l’attaque était manifestement un acte de terrorisme et a empêché la libération du corps d’Al-Hroub. Israël a une politique controversée consistant à conserver les corps des terroristes présumés à des fins de dissuasion.

La jonction de Gush Etzion a été le théâtre de nombreuses attaques de terroristes palestiniens, dont la plus récente remonte au 31 janvier, lorsque des soldats israéliens ont abattu un Palestinien qui avait tenté de poignarder un soldat avec une lance de fortune.

La famille d’Al-Hroub atteste que sa santé mentale s’était fortement détériorée au cours des derniers mois. Cette sexagénaire, mère d’un enfant, avait déjà tenté de se suicider.

« Elle avait fait une dépression nerveuse totale et ne contrôlait plus du tout ce qu’elle disait et faisait. Nous l’avons emmenée chez des médecins pour la soigner, mais elle a tenté de se suicider en faisant une overdose de pilules », raconte Ibrahim.

Ne sachant comment gérer la détérioration de son état mental, sa famille a emmené al-Hroub chez un spécialiste de la santé mentale à Bethléem à la mi-avril.

« Nous l’avons emmenée chez un psychologue, qui a diagnostiqué son état – dépression et anxiété grave », a déclaré son frère.

Le couteau utilisé par une Palestinienne lors d’une prétendue tentative d’attaque au carrefour du Gush Etzion en Cisjordanie, le 2 mai 2021. (Crédit : Armée israélienne)

Selon un rapport psychiatrique rédigé par le spécialiste de la région de Bethléem, al-Hroub a refusé de prendre ses médicaments. Son frère l’a emmenée voir le médecin une nouvelle fois le samedi 1er mai, la veille du jour où elle a été abattue lors de l’attaque présumée à l’arme blanche.

« Elle refuse toujours… la thérapie et les médicaments et espère la mort et le suicide », a écrit le psychiatre dans une déclaration sous serment en anglais, que le Times of Israël a pu consulter.

Dimanche matin, al-Hroub s’est approché d’un groupe de soldats israéliens à un carrefour proche du Gush Etzion en Cisjordanie, en brandissant un couteau.

Les images de l’incident montrent al-Hroub continuant à marcher lentement vers les soldats, alors que ceux-ci lui crient à plusieurs reprises de s’arrêter et tirent des coups de semonce en l’air.

L’un des soldats lui a tiré une balle dans la partie supérieure du corps, et elle a été emmenée à Shaare Zedek dans un état critique, où son décès a été constaté par la suite, selon l’hôpital.

Une Palestinienne (à droite) s’approchant de soldats israéliens au carrefour du Gush Etzion en Cisjordanie, lors d’une tentative présumée d’attaque au couteau, le 2 mai 2021. (Capture d’écran : Twitter)

Selon son frère, les épisodes dépressifs de Mme al-Hroub ont commencé assez récemment, lorsqu’elle a été contrainte de fermer son salon de coiffure, qui connaissait un certain succès.

« Avec le coronavirus et tout le reste, elle a finalement été obligée de le fermer. Entre il y a trois mois et aujourd’hui, la situation s’est détériorée », a déclaré Ibrahim.

Après la fermeture de son entreprise, Mme al-Hroub a commencé à avoir des crises de panique et s’est laissée entraîner dans une spirale de reproches, selon son frère.

« Tout allait bien – notre situation financière, tout. Nous n’avions pas besoin de nourriture, rien. Mais elle a commencé à se blâmer, disant qu’il n’y avait pas d’argent », a déclaré Ibrahim.

Ibrahim a déclaré que la famille attendait de recevoir le corps d’al-Hroub des autorités israéliennes pour pouvoir commencer à faire son deuil.

 » On dit ‘il est respectueux d’enterrer les morts’ « , a dit Ibrahim, invoquant un dicton bien connu du prophète musulman Mohammad. « Pour l’instant, nous attendons de le faire ».

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