La plus grande crainte en captivité de Naama Levy : les frappes de Tsahal
Naama Levy, qui a passé 477 jours aux mains du Hamas, déplore que d'anciens captifs aient relaté les horribles conditions à Gaza, et que tout ne soit pas mis en œuvre pour la libération des 58 otages

Naama Levy, l’une des cinq soldates de l’armée israélienne relâchées en janvier dernier dans le cadre de l’accord de cessez-le-feu et d’échange d’otages, a déclaré samedi soir devant un millier et demi de personnes rassemblées sur la Place des Otages que ce qu’elle avait le plus redouté à Gaza, c’étaient les frappes aériennes israéliennes.
« Elles arrivent par surprise », a-t-elle déclaré.
« D’abord, vous entendez un sifflement, vous priez pour que ça ne vous tombe pas dessus, puis viennent les déflagrations, un bruit si fort qu’il vous paralyse, la terre tremble. »
« À chaque fois, j’étais convaincue que c’était la fin, et c’est aussi ce qui m’a mise le plus en danger : l’un des bombardements a détruit une partie de la maison où je me trouvais », a-t-elle expliqué.
« Le mur contre lequel j’étais appuyée n’a pas cédé, et c’est ce qui m’a sauvée. »
« C’était ma réalité, et maintenant c’est la leur », a-t-elle poursuivi.
« En ce moment même, il y a des otages qui entendent ces mêmes sifflements et ces mêmes déflagrations, tremblant de peur. Ils n’ont nulle part où fuir, ils ne peuvent que prier et s’accrocher au mur, avec un horrible sentiment d’impuissance. »
Elle a raconté que pendant ses premières semaines de captivité, elle était détenue seule, « juste moi et mes geôliers, constamment en fuite ».
« Nous passions des journées entières sans manger et avec très peu d’eau. Un jour, je n’avais plus rien, pas même de l’eau. »
« Heureusement, il s’est mis à pleuvoir. Mes geôliers ont placé un pot à l’extérieur de la maison où j’étais détenue, et la pluie l’a rempli », a-t-elle relaté.
« J’ai bu cette eau de pluie, qui représentait une quantité suffisante pour cuire une casserole de riz. C’est ce qui m’a permis de tenir le coup. »
Elle a ajouté qu’en captivité, elle ne pensait pas qu’il puisse exister des personnes au courant de ce que vivaient les otages et encore disposées à les maintenir en captivité à Gaza.
« Puis les premiers otages sont revenus et ont raconté ce qui se passait là-bas », a-t-elle souligné.
« Ils ont dit la vérité. Mais cette vérité n’était pas suffisante. »