La police recommande les inculpations de 3 députés arabes pour fraude
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La police recommande les inculpations de 3 députés arabes pour fraude

Le parti Balad rejette pour sa part une "chasse aux sorcières" contre Hanin Zoabi, Jamal Zahalka et Juma Azbarga, accusés d'avoir faussé l'argent de leurs comptes de campagne

Les députés du parti Balad, Hanin Zoabi, (à droite), et Jamal Zahalka, (au centre), tous deux appartenant à la Liste arabe unie, lors d'une audience du tribunal de l'un des membres de leur faction, le député Basel Ghattas, au tribunal de première instance de Rehovot, le 5 janvier 2017. (Crédit : Avi Dishi/Flash90)
Les députés du parti Balad, Hanin Zoabi, (à droite), et Jamal Zahalka, (au centre), tous deux appartenant à la Liste arabe unie, lors d'une audience du tribunal de l'un des membres de leur faction, le député Basel Ghattas, au tribunal de première instance de Rehovot, le 5 janvier 2017. (Crédit : Avi Dishi/Flash90)

Trois députés arabes du parti Balad devront répondre de fraude et d’autres accusations de corruption en raison d’irrégularités financières présumées, a fait savoir la police mardi.

Des inculpations ont été recommandées contre les députés Hanin Zoabi, Jamal Zahalka, et Juma Azbarga concernant des dons reçus par la formation politique durant les élections de 2015. Les recommandations de la police n’ont pas, toutefois, de poids légal et la décision de donner suite aux accusations revient au procureur de l’Etat.

Le parti Balad a qualifié ces derniers développements de « chasse aux sorcières politique ».

Les responsables de la formation sont soupçonnés d’avoir frauduleusement accepté des fonds, d’avoir fait des faux, mais aussi de fraude et d’abus de confiance, a indiqué la police.

Ces développements surviennent alors qu’une enquête vient de se terminer sur ces transactions. Le dossier a été envoyé pour examen au procureur de l’Etat.

Balad, qui détient trois sièges à la Knesset, est l’un des quatre partis qui forment la Liste arabe unie, qui occupe 13 sièges au Parlement sur 120.

Juma Azbarga, député du parti Balad de la Liste arabe unie. (Crédit : capture d’écran YouTube)

Une enquête avait été ouverte en 2016 par l’unité anti-corruption Lahav 433 de la police israélienne, après que le contrôleur de l’Etat eut trouvé des irrégularités dans les dons et dans les dépenses de Balad.

Des douzaines de suspects avaient alors été interrogés au mois de septembre 2016, notamment le comptable de la formation.

Les législateurs soupçonnés avaient tous subi un interrogatoire ainsi que l’ancien député de Balad Basel Ghattas, qui purge actuellement une peine de deux ans de prison pour avoir fourni des téléphones à des prisonniers sécuritaires palestiniens.

La police soupçonne que, pendant plusieurs années, de hauts-responsables du parti ont systématiquement trompé les autorités et le contrôleur de l’Etat en mentant sur l’origine des millions de shekels reçus par la formation.

« C’est une escalade dangereuse dans la chasse aux sorcières politique contre les leaders de l’opinion publique arabe, une continuation des incitations sauvages des politiciens contre les partis arabes », a fait savoir Balad dans un communiqué.

Le parti a noté que les députés ne sont pas soupçonnés d’avoir pris de l’argent pour eux-mêmes et a suggéré que la police cherchait à contrebalancer les recommandations possibles pour les inculpations contre le Premier ministre dans deux affaires de corruption.

« Balad rejette les soupçons contre le parti et contre ses membres. La police tente de faire d’un dossier administratif, ou d’irrégularités financières présumées pendant les élections, une affaire criminelle afin de contrebalancer les recommandations dans les enquêtes sur Netanyahu. Personne, au sein du parti Balad, n’est soupçonné ou n’a été interrogé sur des bénéfices ou de l’argent pris pour son propre compte. Balad a la certitude que les soupçons se révéleront sans fondement ».

Au mois de septembre 2016, plus de 20 militants et membres du parti Balad avaient été arrêtés, la police disant à l’époque que des hauts-membres et des activistes étaient soupçonnés d’avoir créé un mécanisme permettant de « systématiquement fausser » l’origine des millions de shekels donnés au parti pour financer ses opérations au cours des années précédentes.

Les membres de la Liste arabe unie Jamal Zahalka (à gauche), Hanin Zoabi (à droite), Basel Ghattas (deuxième à droite) et Ayman Odeh (au centre) pendant la réunion de parti hebdomadaire à la Knesset, le 8février 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

La formation aurait rapporté d’importantes donations provenant de « sources variées en Israël et à l’étranger », comme s’il y avait eu des centaines de contributions moins importantes données au sein d’Israël.

Balad, qui prône un état binational pour les Palestiniens et les Israéliens, est poursuivi par les controverses.

Au mois d’avril 2017, la cour des magistrats de Beersheba a accepté un arrangement trouvé entre les procureurs de l’Etat et Ghattas, qui a été condamné pour avoir profité de sa position pour trafiquer des téléphones cellulaires et des documents auprès de terroristes palestiniens emprisonnés.

Après avoir accepté l’arrangement, le tribunal a condamné Ghattas à deux ans de prison, ainsi qu’à 18 mois de probation et à une amende de 120 000 shekels.

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