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La pub du Super Bowl sur l’antisémitisme met en scène le rédacteur de « I Have A Dream »

Dr. Clarence Jones occupe le devant de la scène dans une campagne vue par 100 millions de personnes ; d'autres pub appellent à la libération des otages du 7 octobre

Une interview entre Robert Kraft et le Dr. Clarence B. Jones dans une publicité du Super Bowl placée par la Foundation du combat pour l’antisémitisme, le 11 février 2024. (Crédit : Capture d'écran ; utilisée conformément à la clause 27a de la loi sur les droits d'auteur)
Une interview entre Robert Kraft et le Dr. Clarence B. Jones dans une publicité du Super Bowl placée par la Foundation du combat pour l’antisémitisme, le 11 février 2024. (Crédit : Capture d'écran ; utilisée conformément à la clause 27a de la loi sur les droits d'auteur)

Une icône de l’histoire des Afro-américains occupe le devant de la scène dans un spot publicitaire placé par la Foundation to Combat Antisemitism (FCAS) lors du Super Bowl LVIII de dimanche soir.

La fondation de Robert Kraft a lancé la campagne « #StandUptoJewishHate » l’année dernière pour sensibiliser à l’antisémitisme et à l’importance de s’y opposer.

Le spot publicitaire du Super Bowl met en scène Clarence B. Jones, l’ancien avocat et conseiller de Martin Luther King, Jr. qui a rédigé le célèbre discours « I Have A Dream » de King pour la Marche sur Washington de 1963. Selon des vidéos mises en ligne par la fondation, Jones et Kraft ont discuté de l’alliance historique entre les Afro-américains et les Juifs dans la politique américaine.

« Vous savez comment faire pleurer un homme de 93 ans », dit Jones à Kraft dans la vidéo, après que le propriétaire juif des New England Patriots l’a informé que leur conversation figurera dans le spot publicitaire du Super Bowl.

Cette publicité, dont le coût est estimé à 7 millions de dollars par les experts de l’industrie du temps d’antenne, survient à un moment tendu dans les relations entre Afro-américains et Juifs aux États-Unis. De nombreux militants afro-américains se sont alliés à la cause palestinienne dans la guerre qu’Israël mène actuellement contre le groupe terroriste palestinien du Hamas dans la bande de Gaza, ce que de nombreux Juifs ressentent comme une rupture douloureuse dans une longue histoire (idéalisée) de défense commune des droits civiques.

La guerre a également provoqué une recrudescence des actes antisémites signalés aux États-Unis et ailleurs.

La guerre a éclaté lorsque des terroristes dirigés par le Hamas ont pris d’assaut le sud d’Israël le 7 octobre, tuant près de 1 200 personnes, principalement des civils, tout en prenant 253 otages de tous âges, en commettant de nombreuses atrocités et en utilisant la violence sexuelle comme arme à grande échelle. La plus jeune victime avait 10 mois tandis que le plus jeune otage a un an.

« Ce que nous allons faire après cette publicité, c’est construire des ponts pour obtenir plus d’amour et maîtriser la haine qui existe », déclare Kraft à Jones lors de l’entretien. Il ajoute : « J’espère que cela nous aidera à faire un peu ce que nous devons faire pour l’Amérique. (…) Portez-vous bien, mon frère. »

Tara Levine, présidente de la fondation de Kraft, a déclaré à la Jewish Telegraphic Agency que la campagne visait à établir un lien entre l’antisémitisme et d’autres formes de racisme.

« Il s’articule autour de l’idée que toute haine se nourrit du silence des autres, et il met la haine juive en relation avec d’autres formes de haine », a déclaré Levine. « Jones, qui figure dans la publicité, et Robert Kraft, sont manifestement très attachés à ce concept de lutte contre le silence. »

Jones est le président d’une organisation à but non lucratif, Spill the Honey, qui vise à cultiver une nouvelle génération de collaboration judéo-afro-américaine dans le domaine des arts.

« Les Afro-américains ont l’obligation de ne pas rester silencieux face à un antisémitisme évident, et les Juifs ont l’obligation de ne pas rester silencieux face à un racisme manifeste à l’égard des Afro-américains », a déclaré Jones à J., Jewish News of Northern California, vendredi dernier. « Le silence en présence de la haine vous rend complice de cette haine. »

La FCAS a déjà acheté des passages de publicités télévisées, notamment lors de matchs de la NFL, mais Levine a déclaré que la publicité du Super Bowl représentait « la plus grande opportunité d’atteindre les Américains à travers le pays ». Levine a indiqué que le spot avait été tourné à Los Angeles avec l’agence numérique Quantasy, qui appartient à des Afro-américains.

« Il était extrêmement important pour nous de travailler avec un partenaire comme Quantasy afin de donner vie à cette histoire, de raconter l’histoire du Dr. Jones et de parler de ce sujet avec authenticité et sens », a ajouté Levine.

Kraft a lancé la FCAS en 2019, déclarant qu’il investirait 20 millions de dollars en fonds propres en plus du million de dollars qu’il a reçu pour avoir remporté le prix Genesis, qui honore les personnalités juives qui ont un impact positif. Depuis, la fondation a mené des campagnes de sensibilisation, organisé des conversations avec des athlètes et des artistes sur l’antisémitisme et distribué des pin’s bleus que les porteurs peuvent arborer pour signifier leur solidarité avec les Juifs. Elle a également soulevé la question de savoir si les publicités télévisées constituent la meilleure utilisation des ressources destinées à assurer la sécurité des Juifs.

Cette publicité est l’une des nombreuses que la FCAS produit dans le cadre de sa campagne tape-à-l’œil visant à attirer l’attention sur l’antisémitisme, selon Levine. Une autre publicité, filmée dans une synagogue de Toronto, raconte l’histoire vraie d’une église du Massachusetts qui a accueilli les participants d’un office de bat mitzvah lorsque la synagogue voisine a été évacuée à la suite d’une alerte à la bombe.

Le Canadian Jewish News a initialement rapporté la semaine dernière que la publicité serait diffusée pendant le Super Bowl. Dans une interview accordée à ce média, le rabbin Michael Dolgin, qui apparaît dans le spot publicitaire, a déclaré que le réalisateur de la publicité lui avait dit que « même si nous touchons et changeons l’esprit d’une seule personne, alors tout cela en aura valu la peine ».

D’autres publicités diffusées lors du week-end du Super Bowl ont attiré l’attention sur les otages israéliens détenus par des groupes terroristes à Gaza depuis le 7 octobre.

Des spots publicitaires produits par le gouvernement israélien ont été diffusées dans certains endroits que les téléspectateurs du Super Bowl sont susceptibles de voir, notamment sur la chaîne Paramount et sur les réseaux sociaux. L’une d’entre elles met l’accent sur les pères qui sont maintenant séparés de leurs enfants, dans un appel aux millions de pères qui suivent le football. Une autre met en contraste une foule en délire lors d’un match de football et l’absence des otages, avant de conclure par un chant « Ramenez-les à la maison ».

Le Forum des familles des otages et disparus a lancé son propre spot publicitaire pour attirer l’attention sur la crise des otages. Elle met en scène l’acteur juif Michael Rapaport, qui a effectué une tournée en Israël depuis l’attaque du 7 octobre au cours de laquelle le Hamas a pris les otages, et circule déjà sur les réseaux sociaux.

La campagne semble être une publicité classique liée au Super Bowl, jusqu’à ce que Rapaport revienne à sa vulgarité légendaire en demandant aux téléspectateurs de l’aider à obtenir la libération des otages.

132 des otages enlevés par le Hamas et ses complices le 7 octobre sont encore à Gaza, mais certains ne sont plus en vie – après la libération de 105 civils au cours d’une trêve d’une semaine à la fin du mois de novembre.

Quatre otages avaient été libérées avant cela, et une soldate avait été secourue par l’armée israélienne. Les corps sans vie de huit otages ont également été retrouvés et trois otages ont été tués par erreur par l’armée le 15 décembre.

L’armée a confirmé le décès de 29 otages – notamment de deux captifs dont la mort a été annoncée mardi – qui se trouvaient encore à Gaza, citant de nouveaux renseignements et autres informations obtenues par les militaires en opération sur le terrain, au sein de l’enclave côtière. Une personne est encore considérée comme portée disparue depuis le 7 octobre et son sort reste indéterminé.

Outre les 132 otages, le Hamas détient aussi les dépouilles d’Oron Shaul et de Hadar Goldin, morts dans la bande en 2014. Il garde aussi en captivité deux civils israéliens, Avera Mengistu et Hisham al-Sayed, qui seraient encore vivants après être entrés dans la bande de leur propre gré en 2014 et en 2015.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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