La reconstruction de Gaza pourrait s’élever à 71 Mds de dollars – estimations
Selon la première étude à avoir été finalisée depuis le cessez-le-feu - elle a été établie par la Banque mondiale, l'ONU et l'UE - la guerre aurait causé plus de 35 Mds de dollars de dommages directs et plus de 22 Mds de dollars de pertes économiques supplémentaires
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Selon une récente étude qui a été établie par la Banque mondiale, les Nations unies et l’Union européenne, la reconstruction de Gaza – avec un retour à son état d’avant-guerre – coûtera plus de 71 milliards de dollars sur cinq ans. Cette évaluation des dégâts causés à l’enclave, la première de ce type, a suivi le cessez-le-feu conclu au mois d’octobre, qui a mis un terme à deux années de guerre dans la région.
Cette étude exhaustive, plus détaillée que les précédentes qui avaient été réalisées pendant la guerre, a révélé que le conflit avait occasionné 35,2 milliards de dollars de dégâts matériels. Elle a également estimé les pertes économiques, notamment la perte de revenus, les coûts liés aux déplacements de population et autres, à un coût avoisinant les 22,7 milliards de dollars.
Ce total est supérieur d’environ 5 milliards de dollars à celui de la dernière évaluation rapide des dommages et des besoins (RDNA) qui avait été rendue publique par la Banque mondiale, l’ONU et l’UE au mois d’octobre 2024.
Le processus de reconstruction dans la bande de Gaza est pour l’essentiel au point mort, faute de progrès vers la deuxième phase du plan de paix américain – phase qui prévoyait que le cessez-le-feu conclu le 9 octobre 2025 déboucherait sur une transition qui mettrait un terme à la gouvernance du groupe terroriste du Hamas sur l’enclave palestinienne.
L’armée israélienne contrôle toujours plus de 50 % du territoire de l’enclave, et refuse que les engins et autres équipements lourds, dans leur majorité, puissent accéder à la partie de la bande de Gaza placée hors de son autorité, et ce jusqu’à ce que le Hamas renonce à ses armes, comme le prévoit le plan américain. C’est pourtant là que vivent désormais la quasi-totalité des Gazaouis.
« Sur le plan économique, la situation à Gaza n’a pas évolué depuis le cessez-le-feu », déclare Saif al-Din Odeh, un économiste basé au sein de l’enclave côtière, qui travaillait auparavant pour l’Autorité monétaire palestinienne, évoquant l’immobilisme qui règne dans la bande de Gaza depuis six mois.
Publiée en date du 20 avril, l’étude présente un plan de reconstruction en trois phases qui vise non seulement à rétablir les conditions d’avant-guerre sur le terrain, mais également à améliorer la gouvernance et la prestation de services, en mettant l’accent, au cours des 18 premiers mois, sur l’aide alimentaire, les logements temporaires, les espaces d’apprentissage provisoires et les hôpitaux de campagne. Elle prévoit une reconstruction à grande échelle des systèmes de logement, de santé et d’éducation au cours des 18 mois suivants. Cette phase sera ensuite suivie d’un processus de deux ans axé sur la modernisation des logements, du système de santé et de l’éducation.
Ses conclusions s’appuient sur des données collectées pendant et après la guerre, provenant notamment d’images satellites, d’analyses des réseaux sociaux, d’ingénieurs basés à Gaza, d’experts en évaluation des coûts et de « sources de terrain » telles que les agences des Nations unies, les ministères de Gaza, les acteurs humanitaires et les organisations de la société civile.
Si les auteurs de l’étude ont évalué les dégâts sur la base des conditions d’avant-guerre, ils ont calculé les coûts de reconstruction en tenant compte de facteurs d’optimisation, d’amélioration de l’efficacité et de durabilité.
La reconstruction des logements est évaluée à plus de 16 milliards de dollars. Celle des secteurs de l’agriculture et de l’alimentation, ainsi que des activités commerciales et industrielles, est estimée à 19,5 milliards de dollars supplémentaires.
Dix-neuf milliards de dollars s’ajouteront à ces montants pour remettre sur pied les systèmes de santé et d’éducation et pour développer les protections sociales. La remise en état des infrastructures devrait coûter près de 10 milliards de dollars supplémentaires.
Selon l’étude, c’est le secteur du logement qui a le plus souffert. Plus de 1,2 million de Gazaouis, à savoir près de 60 % de la population, ont perdu leur logement suite aux bombardements massifs qui ont marqué ces deux années de guerre et qui, à la différence des précédents affrontements de moindre ampleur entre le Hamas et Israël, ont également visé des immeubles de grande hauteur et des zones urbaines densément peuplées.
« Le récent conflit a provoqué la destruction catastrophique du parc immobilier », peut-on ainsi lire dans ce rapport, qui a évalué les dégâts causés aux habitations à environ 18 milliards de dollars, un peu plus de la moitié du coût total des dommages matériels à Gaza.
Selon l’analyse, ce sont 371 888 logements, soit plus des trois quarts du parc immobilier de Gaza, qui ont été directement frappés pendant la guerre, parmi lesquels près de 85 % ont été complètement détruits.
Grâce à des mesures d’efficacité, l’étude prévoit que la reconstruction du secteur du logement devrait coûter 16,21 milliards de dollars. C’est le poste budgétaire le plus important du plan de relance.
Mais pour l’instant, la reconstruction n’a guère commencé. Selon un rapport qui a été publié en mars par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA), quelque 1,7 million de Gazaouis vivent toujours dans des « sites d’accueil », campements de tentes et autres installations provisoires, et ils se trouvent dans l’impossibilité de regagner leurs foyers, soit parce que ceux-ci ont été détruits, soit parce qu’ils sont situés dans des zones de l’est de Gaza qui se trouvent encore sous le contrôle de l’armée israélienne, conformément à l’accord de cessez-le-feu d’octobre 2025.
« La situation des personnes déplacées n’a pas changé depuis [la guerre] », a expliqué Odeh. « La majeure partie de la population vit sous des tentes, puisque les maisons ont été détruites. »
L’urgence de restaurer les infrastructures
Selon le rapport, le système médical de Gaza, déjà mis à rude épreuve avant la guerre du fait du manque d’équipements et de personnel spécialisé, a été gravement touché, et il est encore loin d’être rétabli.
Pendant la guerre, Israël a accusé les hommes armés du Hamas de dissimuler des centres de commandement à l’intérieur et sous les hôpitaux. L’armée a toutefois affirmé avoir pris des mesures pour minimiser les dommages causés aux civils lors de ses opérations menées dans ou à proximité des établissements médicaux.
Selon l’étude, moins de la moitié des hôpitaux et moins de 38 % des centres de soins de santé de base sont encore partiellement opérationnels aujourd’hui.
D’après les données recueillies par l’Organisation mondiale de la Santé, qui intègrent les informations fournies par les équipes médicales à Gaza et les autorités sanitaires gérées par le Hamas, on estime qu’en septembre 2025, pas moins de 41 844 personnes vivaient encore avec des blessures liées au conflit, affectant leur vie quotidienne et nécessitant une rééducation à long terme.
L’étude a évalué à 10,03 milliards de dollars le coût de la reconstruction du système de santé.
Elle a également souligné que les défaillances des systèmes d’assainissement et de gestion des déchets, conjuguées au manque de ressources essentielles pour entretenir les infrastructures restantes, exposent la population à un risque d’épidémies.
Selon le rapport de la Banque mondiale, le secteur de l’électricité a essuyé des dommages s’élevant à 565,3 millions de dollars, avec plus de 90 % des infrastructures détruites. Les établissements de santé ont donc été contraints de recourir à des groupes électrogènes.
La reconstruction du secteur énergétique est quant à elle chiffrée à 2,73 milliards de dollars dans le rapport.
Avant même la guerre, le réseau électrique de Gaza faisait face à des coupures chroniques. Il ne couvrait alors même pas 35 % de la demande des 2,2 millions d’habitants de l’enclave palestinienne. Avant la guerre, Gaza dépendait largement de l’électricité fournie par Israël, dont l’approvisionnement a été interrompu dès le début du conflit, à l’exception d’une connexion limitée à une station d’épuration. L’unique centrale électrique de Gaza, elle-même alimentée par du carburant provenant de l’extérieur, a également cessé ses activités.
Depuis la fin des combats, l’électricité n’a pas été entièrement rétablie.
Un article publié le 19 avril par Gisha, une organisation israélienne de défense des droits de l’Homme, a révélé que l’électricité à Gaza provient actuellement presque exclusivement de groupes électrogènes locaux et de panneaux solaires, même si bon nombre de ceux-ci ont également été endommagés lors des frappes israéliennes. Gisha s’est appuyée sur des données de la Compagnie d’électricité de Gaza, qui alimentait auparavant l’enclave palestinienne en électricité, selon lesquelles plus de 5 000 kilomètres de lignes électriques et plus de 2 200 transformateurs ont été détruits pendant la guerre.
Par ailleurs, si les dégâts causés aux infrastructures d’eau et d’assainissement ont été évalués à 1,7 milliard de dollars, leur reconstruction coûtera 4,24 milliards de dollars. Avant la guerre, l’approvisionnement en eau potable dépendait fortement de trois petites usines de dessalement et d’importations d’eau en vrac depuis Israël.
Immédiatement après le pogrom du 7-Octobre, Israël a interrompu l’approvisionnement en eau de Gaza, avant de le reprendre partiellement une semaine plus tard. Durant toute la guerre, les approvisionnements sont demeurés limités et instables, tributaires de la situation sécuritaire et des dégâts subis par les infrastructures hydrauliques au sein de l’enclave côtière.
Aux termes de l’étude, près de 88 % des infrastructures hydrauliques en surface et 76 % des réseaux souterrains ont été partiellement endommagés ou détruits pendant la guerre. Aujourd’hui, quelque 77 % des foyers de Gaza dépendent de l’eau livrée par camions-citernes, qu’ils achètent ou reçoivent d’organisations humanitaires.
Les dégâts généralisés aux routes, ponts et autres infrastructures de transport ont pour leur part atteint un total de 3,21 milliards de dollars, a dit l’étude. Les pertes économiques résultant de ces destructions ont été estimées à 1,18 milliard de dollars supplémentaires.
« Se déplacer en voiture est extrêmement difficile », a déclaré Odeh, mentionnant à la fois les déblais qui bloquent les routes et le mauvais état des véhicules.
Pendant la guerre, il était pratiquement impossible de se procurer des pièces détachées. Aujourd’hui encore, celles-ci restent rares et elles sont extrêmement onéreuses. Odeh a cité des prix exhorbitants, avançant le chiffre de 2 000 shekels pour un seul litre d’huile moteur et de 1 000 shekels pour un pneu de voiture.
De ce fait, a-t-il ajouté, la plupart des Gazaouis se déplacent désormais à pied, même pour les longs trajets.
Selon l’étude, la reconstruction des routes et des autres infrastructures de transport représentera un coût de 1,54 milliard de dollars.
Certains des principaux axes routiers sont en cours de dégagement, dans le cadre de projets menés conjointement par les autorités locales et par le Comité international de la Croix-Rouge, a précisé Odeh.
Des images relayées sur les réseaux sociaux ont également témoigné des efforts de déblaiement menés ces derniers mois par des organisations humanitaires venues du Qatar, d’Égypte et de Turquie.
Malgré tout, ces efforts restent insuffisants. « Quand on parle des décombres d’un immeuble de 15 étages, la tâche n’est pas simple : cela demande du temps et des engins de chantier, qui sont en nombre limité », a-t-il ajouté. « Ils se contentent donc d’ouvrir un passage de trois ou quatre mètres pour permettre aux véhicules de passer, et d’entasser les décombres au centre de la route pour que la circulation puisse continuer. »
Près des trois quarts des travailleurs n’ont plus d’emploi
L’économie de Gaza, déjà fragile, s’est effondrée pendant la guerre, a révélé l’étude. Près de 92 % des entreprises ont subi des dégâts matériels touchant leurs locaux ou leurs équipements.
L’étude a estimé les pertes subies par les structures commerciales et industrielles à 6,35 milliards de dollars. Les bâtiments et équipements entièrement détruits représentent à eux seuls 5,72 milliards de dollars de ce montant total.
Avant la guerre, seuls 55 % des Gazaouis avaient un emploi. Parmi eux, près des trois quarts ont perdu leur poste pendant les combats. Aujourd’hui, selon le Bureau central palestinien des statistiques, moins d’un Gazaoui sur dix a un emploi.
D’après Odeh, les rares emplois qui subsistent dans le secteur privé à Gaza sont liés à la vente de marchandises provenant de l’extérieur de l’enclave, le plus souvent sur de petits étals de marché improvisés.
« La population survit grâce à l’aide des organisations humanitaires et aux soupes populaires [qui distribuent des repas chauds gratuits] », a-t-il expliqué.
Aux termes d’un rapport, le 23 avril, établi par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA), une famille sur cinq à Gaza ne bénéficie toujours que d’un seul repas par jour.
Parmi les secteurs les plus durement touchés par la guerre figure l’agriculture, déjà soumise à de fortes contraintes avant le conflit.
« L’effondrement de la production alimentaire et des infrastructures de marché, dont les dégâts sont évalués à 1,44 milliard de dollars, est une conséquence de la guerre », peut-on lire dans le rapport. La plupart des zones agricoles de Gaza s’étendent à l’est de l’enclave côtière et autour de Khan Younès. Ces zones sont aujourd’hui soit peuplées de personnes déplacées, soit sous le contrôle de l’armée israélienne.
Par ailleurs, les pêcheurs n’ont pratiquement pas pu s’aventurer au large depuis le début de la guerre, paralysant ainsi le secteur de la pêche.
Le rapport a estimé les besoins en matière de reconstitution des systèmes agricoles et alimentaires de la bande de Gaza à 10,49 milliards de dollars. Une grande partie de cette somme serait consacrée à l’approvisionnement en nourriture des Gazaouis jusqu’à ce que les infrastructures agricoles et de distribution alimentaire de l’enclave palestinienne soient à nouveau opérationnelles. Relancer ce secteur impliquerait de remettre en état les moyens de production et les terres agricoles, de restaurer les systèmes d’irrigation et d’approvisionnement en eau, de reconstruire les marchés ainsi que les installations de stockage et de transformation, de reconstituer les cheptels et les stocks halieutiques, et de renforcer les services et les capacités institutionnelles.
La reprise des activités commerciales et industrielles dans la bande de Gaza devrait, quant à elle, coûter 8,99 milliards de dollars supplémentaires.
Un secteur qui est resté relativement stable est celui de la fonction publique, qui représentait environ 40 % de l’emploi avant la guerre. Ce secteur inclut les anciens employés de l’Autorité palestinienne qui travaillaient à Gaza avant 2007 et qui continuent de percevoir un salaire de l’AP, ainsi que les employés des institutions gouvernementales administrées par le Hamas. Ensemble, ces groupes totaliseraient quelque 50 000 employés.
Le rapport lui-même fait valoir que l’emploi dans le secteur public est resté « relativement stable », mais dans un contexte de baisse significative des revenus due au versement partiel des salaires.
Tant l’Autorité palestinienne que le Hamas font face à des difficultés financières, qui limitent leur capacité à assurer le paiement intégral des salaires. Toutefois, de l’avis du ministère des Finances de l’Autorité palestinienne et selon des informations relayées par les médias arabes, le versement des salaires, même partiel, a été maintenu.
On ignore encore à qui incombera le financement de la reconstruction de la bande de Gaza.
En février, les États-Unis ont fait état de promesses de dons à hauteur de 17 milliards de dollars destinées à l’aide d’urgence et à la reconstruction de Gaza via le Conseil de paix dirigé par Washington, lequel est chargé de superviser la gestion d’après-guerre de Gaza.
Ce montant incluait 10 milliards de dollars promis par les États-Unis, et des engagements des Émirats arabes unis, du Qatar, de l’Arabie saoudite et du Koweït à donner environ un milliard de dollars chacun.
Toutefois, début mai, seule une infime partie de ces promesses de dons avait été versée au Conseil de paix, ont rapporté plusieurs responsables proches du dossier au Times of Israel. Le Conseil, pour sa part, dément catégoriquement l’existence de problèmes de financement.
Des promesses de dons tout aussi substantielles avaient été annoncées par différents pays pour aider à la reconstruction de Gaza après les guerres précédentes avec Israël. Des promesses qui n’avaient pour la plupart guère été honorées. Désormais, le Conseil de paix est confronté à un défi supplémentaire : l’attention internationale s’est détournée de Gaza quelques semaines seulement après la conférence des donateurs qui s’est tenue en février. Les États du Golfe qui avaient proposé les sommes les plus importantes ont été parmi les plus durement touchés par la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran. Ils pourraient donc être amenés à revoir leurs priorités financières en conséquence.
Dans un communiqué de presse publié parallèlement à l’étude, les Nations unies et l’Union européenne (mais pas la Banque mondiale) ont rappelé que « les efforts de relance et de reconstruction doivent être pilotés par les Palestiniens » et que le processus doit d’une part soutenir activement le transfert de la gouvernance à l’Autorité palestinienne, comme le prévoit la résolution 2803 du Conseil de sécurité de l’ONU, qui a approuvé le plan de Trump pour Gaza, et d’autre part favoriser « un règlement politique durable fondé sur la solution à deux États ».
Dans le cadre du plan de Trump, un Comité national technocratique pour l’administration de Gaza (NCAG), placé sous l’égide du Conseil de paix, est censé prendre en charge la gestion de l’enclave côitère. Mais ce comité n’est toujours pas entré dans la bande de Gaza, et le contrôle de l’enclave reste partagé entre Israël et le Hamas.
Lundi, Nickolay Mladenov, l’envoyé spécial du Conseil de paix pour Gaza, s’est rendu en Israël après avoir rencontré le Hamas au Caire afin de s’entretenir avec de hauts responsables, a rapporté Galei Tsahal.
Selon le média, Mladenov comptait demander à Israël de lever certaines restrictions sur l’entrée d’aide humanitaire à Gaza et de limiter ses opérations militaires.
Depuis plusieurs semaines, Mladenov entretient des discussions avec les dirigeants du Hamas au sujet du désarmement du groupe. Mais ce dernier a pour l’essentiel refusé de renoncer à l’ensemble de ses armes.
Au lieu de cela, le groupe terroriste a présenté une contre-proposition au Conseil de paix, insistant pour que la question de son arsenal ne soit abordée que dans le cadre d’un accord aboutissant à la création d’un État palestinien.
Jacob Magid a contribué à cet article.
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