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La rédactrice en chef sortante de HRW parle du travail « biaisé » de l’ONG sur Israël

Dans le courriel adressé au personnel, Danielle Haas dit que des "années de dérive institutionnelle ont abouti, le 7 octobre, à l'abandon du devoir de défendre les droits de l'homme de tous"

Vidéo de Human Rights Watch qui présente son rapport accusant Israël d'apartheid, le 27 avril 2021. (Capture d'écran/YouTube)
Vidéo de Human Rights Watch qui présente son rapport accusant Israël d'apartheid, le 27 avril 2021. (Capture d'écran/YouTube)

La rédactrice en chef sortante de Human Rights Watch (HRW) a accusé l’organisation d’avoir politisé son travail sur le conflit israélo-palestinien, affirmant que ce penchant anti-israélien avait atteint son apogée suite à l’attaque du Hamas, le 7 octobre dernier, au cours de laquelle 1 200 personnes ont été massacrées dans le sud d’Israël.

« Après les massacres du Hamas en Israël, le 7 octobre, des années de dérive institutionnelle ont mené à des prises de position de la part de l’ONG oublieuses de tout professionnalisme, tout comme des principes d’exactitude et d’équité ou de défense des droits humains de tout un chacun », a écrit Danielle Haas dans un courriel interne adressé à plus de 500 employés de HRW, envoyé mardi – jour de son départ. Cet e-mail a été communiqué au Times of Israël.

Le lendemain, HRW a réagi à l’e-mail en publiant une déclaration affirmant que le départ de Haas « n’avait rien à voir avec le travail de Human Rights Watch sur la situation Israël-Palestine. Son départ avait été acté quelques semaines avant le 7 octobre. »

En effet, HRW avait décidé de se séparer de Haas en septembre, a-t-elle confirmé.

HRW a défendu sa couverture du conflit israélo-palestinien, assurant traiter ce sujet de la même manière que d’autres.

Cela faisait 13 ans que Haas était rédactrice en chef de HRW, après avoir été journaliste pour l’Associated Press et Reuters, en tant que spécialiste du conflit israélo-palestinien.

Le kibboutz Beeri après le massacre du Hamas, le 14 octobre 2023. (Crédit : Arik Marmum/Flash90)

« Les premières réactions de HRW aux attaques du Hamas n’ont pas fait état d’une condamnation catégorique des meurtres, des cas de torture et d’enlèvements d’hommes, femmes et enfants israéliens. Ils ont mentionné le ‘contexte’ de ‘l’apartheid’ et de ‘l’occupation’ avant même que le sang ne soit sec sur les murs des chambres », a écrit Haas dans son e-mail au reste du personnel.

Ces réactions n’ont rien à voir, comme certains le disent en interne, avec un prétendu faux pas dû au tumulte qui a suivi l’attaque du Hamas. Comme ce n’est pas davantage l’échec de quelques-uns à respecter les solides mécanismes internes de rédaction et contrôle de la qualité, comme d’autres l’ont prétendu », a-t-elle accusé.

« Cela ne s’est pas fait en vase clos. Bien au contraire, la première réaction de HRW est le fruit d’années de politisation de son travail sur la situation israélo-palestinienne, souvent effectué au mépris des normes éditoriales fondamentales en termes de rigueur, d’équilibre et de collégialité lorsqu’il s’agit de parler d’Israël », a affirmé Haas.

HRW est très critique de la manière dont Israël traite les Palestiniens et de son occupation de la Cisjordanie. Haas a reconnu que les critiques étaient admissibles, mais que l’ONG était allé bien au-delà.

Elle a appelé l’attention sur le chapitre consacré à Israël dans le rapport mondial annuel des droits de l’homme rédigé par HRW, dont Haas a supervisé la rédaction pendant plus d’une dizaine d’années et qui, selon elle, « a toujours été plus long que ceux des goliaths qui violent les droits de l’homme comme l’Iran ou la Corée du Nord ».

Elle a critiqué le rapport 2021 de HRW accusant Israël de pratiquer l’apartheid non seulement en Cisjordanie, mais aussi sur le territoire israélien. « HRW savait que son argumentation juridique prudente ne serait que rarement lue dans son intégralité. Et manifestement, ça ne s’est pas passé ainsi, notamment en ce qui concerne ceux – partisans du Hamas compris – qui la reprennent avec une facilité redoutable. »

Un soldat de l’armée regardant les destructions faites par les terroristes du Hamas au kibboutz Kfar Aza, à proximité de la frontière avec Gaza, le 15 octobre 2023. (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90)

Haas – qui est juive et possède notamment la nationalité israélienne – affirme que « certains types d’analyse israélo-palestinienne étaient plus appréciés que d’autres. »

« Mon unique contribution à la question Israël-Palestine, au fil des ans, puisque que mon travail a porté sur la quasi-totalité des autres régions du monde, a été en qualité de rédactrice en chef du Rapport Mondial. J’ai fait l’objet d’insinuations à peine voilées et de réactions négatives lorsque j’ai mis en évidence des inexactitudes factuelles dans le chapitre Israël-Palestine, qui ont été corrigées par la suite ».

Elle a fait part de son inquiétude que l’antisémitisme soit à l’origine des brimades endurées à un cadre supérieur de HRW, qui lui aurait dit qu’elle avait sans doute raison, sans toutefois prendre de mesures.

Haas a évoqué la toute première déclaration publiée par HRW suite au massacre du 7 octobre, affirmant qu’elle « avait à peine abordé ce qui s’était passé, ce qui offrait un saisissant contraste avec ses milliers de déclarations condamnant depuis des années les violations des droits de l’homme ».

HRW avait écrit au début de son communiqué de presse que « des groupes armés palestiniens ont mené une attaque meurtrière le 7 octobre 2023, qui a tué plusieurs centaines de civils israéliens et conduit à des contre-attaques israéliennes qui ont tué des centaines de Palestiniens. »

De la fumée s’élève lors d’un bombardement de Tsahal dans le nord de la bande de Gaza le 15 novembre 2023. (Crédit : FADEL SENNA / AFP)

Omar Shakir, directeur de HRW pour Israël et la Palestine, a déclaré dans ce rapport que « les attaques illégales et la répression systématique qui affectent la région depuis des dizaines d’années se poursuivront, tant que les droits de l’homme et l’obligation de rendre des comptes ne seront pas respectés » – ce qui, selon Haas, « pourrait facilement être interprété comme signifiant que c’est la faute de la victime ».

Elle a également fustigé le fait que HRW s’appuie sur les chiffres du ministère de la Santé dirigé par le Hamas à Gaza, dont Israël et les États-Unis disent qu’il n’est pas une source fiable, arguant qu’il ne fait pas de différence entre les terroristes et civils morts, et inclut dans son décompte les victimes des roquettes palestiniennes égarées.

Haas assure que d’autres employés de HRW ressentent la même chose qu’elle, mais craignent de s’exprimer.

« Mes commentaires ne sont pas des ‘commentaires’ », a écrit Haas. « Il s’agit bien d’une mise en accusation et d’un défi lancé à Human Rights Watch : s’attaquer aux problèmes qui, depuis longtemps, gangrènent le travail sur Israël et aliment le climat interne hostile que les attaques du Hamas ont mises en évidence, mais qui préexistaient. »

Dans sa déclaration en réponse aux affirmations de Haas, HRW a déclaré qu’elle « avait travaillé sur les cas de violences en Israël et en Palestine depuis 1991, souvent en partenariat avec des groupes israéliens et palestiniens. Nous défendons l’intégrité de notre travail ».

« Nous appliquons les mêmes normes, en termes de rigueur et de dévouement, à notre travail sur Israël-Palestine qu’à d’autres zones de conflit, en nous efforçant de protéger tous les civils des zones de conflit et en amenant ceux qui violent le droit international humanitaire à rendre des comptes. »

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