La Somalie annonce un accord militaire avec l’Arabie saoudite
La Corne de l'Afrique devient une zone d'affrontement par procuration entre les pétromonarchies du Golfe, Abou Dhabi étant à couteaux tirés avec Ryad
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La Somalie a annoncé, lundi, la signature d’un accord militaire avec l’Arabie saoudite, alors que la Corne de l’Afrique devient une zone d’affrontement par procuration entre les pétromonarchies du Golfe, Abou Dhabi étant à couteaux tirés avec Ryad.
Selon un message publié sur le réseau social X par le ministère somalien de la Défense, le ministre somalien de la Défense, Ahmed Moallim Fiqi, et son homologue saoudien, le prince Khalid ben Salmane, ont signé lundi un « accord de coopération militaire ».
Cette signature survient un mois et demi après la reconnaissance par Israël du Somaliland, une république autoproclamée ayant fait sécession en 1991 de la Somalie mais que Mogadiscio estime encore sous son contrôle.
De nombreux experts estiment que les Émirats arabes unis, proches d’Israël, sont à l’origine de cette reconnaissance, qui fragilise l’État somalien.
« Cet accord renforce davantage la coopération en matière de défense et militaire entre les deux nations, tout en couvrant divers domaines d’intérêt mutuel pour les deux pays », explique le ministère somalien, dans son bref communiqué.
Sur X, le ministre saoudien de la Défense, ben Salmane, a affirmé lundi avoir « signé et assisté à la signature » de « plusieurs accords d’intention et accords » en marge d’un salon militaire à Ryad, sans donner plus de précisions.
En janvier, l’exécutif somalien avait annulé tous les accords le liant aux Émirats.
La Corne de l’Afrique constitue la pointe orientale du continent africain, face à la mer Rouge qui la sépare du monde arabe. Cette position stratégique, entre l’océan Indien et le canal de Suez, sur l’une des routes commerciales les plus fréquentées au monde, suscite la convoitise des pétromonarchies.
Les Émirats sont accusés d’armer au Soudan les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR), qui combattent l’armée régulière depuis 2023 et sont accusés de commettre des massacres contre la population civile. Un soutien qu’ils nient.
Au Somaliland, le géant émirati DP World a investi des centaines de millions de dollars dans le port en eau profonde de Berbera, sur lequel il a autorité. Celui-ci est agrémenté d’un aéroport strictement contrôlé par Abou Dhabi, selon plusieurs témoins et sources locales.
L’Arabie saoudite, qui était autrefois un allié solide d’Abou Dhabi, le critique désormais fermement, notamment sur les questions soudanaise et surtout yéménite, un pays frontalier du royaume saoudien.
Les deux monarchies du Golfe s’étaient unies en 2014 contre le groupe terroriste chiite des Houthis soutenu par la République islamique d’Iran. Cette alliance s’est toutefois fissurée, pour imploser ouvertement il y a un mois, lorsque Ryad a bombardé une cargaison d’armes présumées destinées au Yémen et en provenance des Émirats.
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