‘La Suisse aurait conclu un accord secret avec l’OLP pour échapper au terrorisme’
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‘La Suisse aurait conclu un accord secret avec l’OLP pour échapper au terrorisme’

Un nouveau livre prétend qu'en 1970, le ministre suisse des Affaires étrangères a accepté d'offrir un soutien diplomatique et de libérer des terroristes contre la libération d'otages

L'avion d'El Al attaqué par des terroristes palestiniens à l'aéroport de Zurich en février 1969 (Photo: site du Shin Bet)
L'avion d'El Al attaqué par des terroristes palestiniens à l'aéroport de Zurich en février 1969 (Photo: site du Shin Bet)

La Suisse a conclu un accord secret avec l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) il y a plus de 45 ans pour prévenir les attaques de terroristes palestiniens sur son sol en échange d’un soutien diplomatique, affirme un nouveau livre.
 
Selon l’auteur, le journaliste suisse Marcel Gyr, la Suisse était dans la tourmente après une série d’attaques terroristes palestiniennes, dont l’explosion en février 1970 du vol Swissair de Zurich à Tel-Aviv, qui a tué tous les passagers à bord peu après son décollage.

Gyr raconte que dans la foulée des attentats de 1969 et 1970, le ministre des Affaires étrangères d’alors Pierre Graber avait contacté clandestinement l’OLP sans en informer ses collègues du gouvernement, a rapporté vendredi la BBC.

Les révélations du livre de Gyr, qui devrait être publié le mois prochain, suggèrent que Graber a accepté de libérer les terroristes accusés d’une attaque en février 1969 contre un avion d’El Al à l’aéroport de Zurich, où le pilote a été tué, et a classé l’enquête sur l’attentat palestinien du vol Swissair.

Le premier contact entre les deux côtés est venu après que le Front Populaire de libération de la Palestine ait détourné un avion de Swissair en septembre 1970, en même temps que deux autres avions, un Britannique et un Américain. Les trois avions ont été détournés vers la Jordanie, où quelque 300 passagers ont été retenus captifs.

Pierre Graber en 1989 (Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0, Erling Mandelmann)
Pierre Graber en 1989 (Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0, Erling Mandelmann)

Graber aurait conclu, par l’intermédiaire d’un parlementaire suisse, un accord avec l’OLP pour libérer ceux qui étaient accusés de l’attaque contre les vols El Al en échange de la libération des otages en Jordanie.

En outre, il aurait accepté que la Suisse « enterre discrètement » l’enquête sur l’explosion de l’avion de Swissair, et agisse sur le plan diplomatique pour la reconnaissance internationale de l’OLP.

Selon le journal suisse de langue allemande Neue Zürcher Zeitung (NZZ) le député impliqué était Jean Ziegler, un militant de gauche pour les droits de l’homme.

Graber est décédé en 2003.

Ziegler, âgé maintenant de 81 ans, a confirmé à la radio suisse qu’il avait agi comme un intermédiaire pour le ministre des Affaires étrangères, mais n’a pas voulu confirmer qu’il avait pris part à des réunions secrètes. Il a qualifié d’ « immoral » l’accord secret, mais a déclaré qu’il était justifié pour des raisons stratégiques.

« Cela est peut être absolument choquant, mais la contrepartie a été qu’il n’y avait plus d’attentats », a affirmé Ziegler.

La BBC a également noté qu’il n’y avait pas eu de nouvelles attaques terroristes palestiniennes en Suisse après 1970, bien qu’il y en ait eu à travers le reste de l’Europe.

Selon la BBC, les révélations ont déclenché un débat en Suisse sur le moment auquel il convient éventuellement de négocier avec une organisatiion terroriste. Une grande partie des documents sur l’affaire reste toujours classifiée.

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