La technologie israélienne laisse la beauté des diamants transparaître
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La technologie israélienne laisse la beauté des diamants transparaître

Les machines peuvent prendre les relais des gemmologues pour calibrer 2 des fameux 4 C, affirme Sarine Technologies

Illustration : des diamants triés par un joaillier à Jérusalem, le 21 juillet 2008. (Nati Shohat/Flash90)
Illustration : des diamants triés par un joaillier à Jérusalem, le 21 juillet 2008. (Nati Shohat/Flash90)

Sarine Technologies Ltd., la société israélienne qui a été le pionnier en présentant le premier logiciel au monde à mesurer automatiquement les diamants, a déclaré avoir développé de nouvelles technologies automatiques pour classer automatiquement et objectivement la clarté et la couleur des pierres.

« Nous introduisons des technologies de calibrage, des couleurs et de clarté dans l’industrie », a déclaré Uzi Levami, le directeur général de Sarine lors d’une conférence de presse la semaine dernière, avec l’entreprise qualifiant les évolutions comme étant « révolutionnaires » et « innovantes » pour l’industrie.

Les laboratoires de pierres précieuses utilisent aujourd’hui des équipes d’experts pour fournir aux diamants des certificats qui définissent leurs caractéristiques, y compris les quatre C : la coupe, la couleur, la clarté et les carats. Les équipes examinent les diamants et les classent. Ce sont ces qualités qui définissent la valeur finale du diamant.

Bien qu’il existe déjà quelques technologies d’évaluation de la couleur sur le marché, généralement la couleur et la clarté de classement sont basées sur l’opinion subjective des gemmologues.

Définir la clarté d’une pierre est encore plus difficile que de définir sa couleur : vous devez identifier le nombre de défauts qui se sont formés au cours de la création naturelle du diamant, déterminer à quel point ils sont proches l’un de l’autre, tracer leur emplacement et indiquer ce qu’ils sont. Le processus d’évaluation est manuel, fastidieux, long et extrêmement subjectif.

Aujourd’hui, la technologie Sarine vise à fournir avec précision et de manière automatique la couleur et la clarté du classement qui n’est pas soumis à la subjectivité humaine.

« Nous sommes au 21e siècle. Personne ne mesure la sécurité d’une voiture à l’aide d’un œil humain », a déclaré Levami. « L’œil humain ne peut pas voir tous les détails d’un diamant. Il y a toujours quelque chose que vous ratez ».

La « standardisation technologique se traduit par une plus grande crédibilité pour l’industrie et une confiance accrue pour le consommateur de diamants », a-t-il ajouté.

La machine ne remplacera pas le travail des gemmologistes, a-t-il souligné, mais rationalise le processus et aide à obtenir des gradations plus précises.

Un diamant dans une des machines de Sarine (Crédit : Autorisation)
Un diamant dans une des machines de Sarine (Crédit : Autorisation)

Le marché mondial du diamant, qui représente 80 milliards de dollars est sous pression avec le ralentissement de la demande dans des marchés clés tels que celui des États-Unis, du Moyen-Orient et de la Chine, ce qui a fait baisser les prix de près de 25 % en 2015, selon un rapport de Bain & Company.

Cela a poussé les industriels et les commerçants à s’orienter pour mieux cibler leurs produits sur les marchés les plus rentables et réduire les coûts pour accroître leur rentabilité.

Israël, le deuxième plus grand centre de polissage du diamant dans le monde, a vu une baisse de 20 % des exportations nettes de diamants polis en 2015, en raison d’une baisse de la demande des consommateurs européens et de Hong Kong, selon les données fournies par le ministère de l’Economie et de l’Industrie.

Les exportations de diamants nettoyés aux États-Unis, principal marché des exportations israéliennes, ont diminué de 16 % en 2015 par rapport à l’année précédente. Les exportations vers Hong Kong, qui représente 27 % des exportations israéliennes de diamants, ont chuté de 28 %.

Les nouvelles technologies aideront à déterminer la valeur de la pierre avec précision, au bénéfice des fabricants et des consommateurs, a déclaré Levami.

« L’industrie mondiale du diamant est dans une situation difficile et il y a un problème de rentabilité et de concurrence élevée », a déclaré Shmuel Schnitzer, le président de l’Institut israélien du diamant et l’ancien président des échanges nationaux de diamants.

« La technologie est la voie à suivre pour Israël afin de préserver son avantage concurrentiel par rapport aux autres producteurs et de réduire les coûts pour obtenir de meilleurs rendements ».

Uzi Levami, PDG de Sarine Technologies Ltd. (Crédit : Autorisation)
Uzi Levami, PDG de Sarine Technologies Ltd. (Crédit : Autorisation)

Les machines pour déterminer la couleur et la clarté développées par l’équipe de 60 développeurs de Sarin en Israël, utilisent des technologies de caméras, d’optique et d’éclairage associées à l’intelligence artificielle pour déterminer les notes.

« Tout est fait sur le nuage », a expliqué Levami. « Il y a beaucoup de chiffres passés au crible ».

Le produit pour déterminer la clarté, qui subit des essais avancés à grande échelle en Inde, fournit initialement une cartographie précise et objective des inclusions et des défauts du diamant poli.

Il applique ensuite un ensemble prédéfini de règles et d’algorithmes pour déterminer la nuance de clarté appropriée, en utilisant la terminologie de classement de la clarté standardisée généralement acceptée, a indiqué la compagnie. La commercialisation du produit est attendue vers la mi-2017, a déclaré Sarine.

La technologie pour déterminer la clarté peut manipuler des pierres polies de 2 points à 10 carats – la grande majorité des pierres fabriquées annuellement. Il permettra même l’évaluation de très petites pierres de haute qualité, comme celles que préfèrent les horlogers haut de gamme. Le système de couleurs sera initialement limité à des pierres polies de 20 points et plus. Les modèles subséquents manipuleront une gamme de tailles de pierre semblables à la technologie pour déterminer clarté, a précisé Sarine.

Shmuel Schnitzer, président de l'Israel Diamond Institute (Crédit : Autorisation)
Shmuel Schnitzer, président de l’Israel Diamond Institute (Crédit : Autorisation)

En plus de classer les pierres, la technologie va également trier les pierres selon les critères prédéfinis, en aidant les fabricants et les commerçants qui l’utilisent à faire correspondre la bonne pierre au marché dans lequel la pierre peut obtenir un prix optimal.

« Les mêmes diamants peuvent obtenir des primes ou des remises différentes sur la base des marchés dans lesquels ils sont vendus », a expliqué Levame.

« Les détaillants nous donnent des échantillons de diamants qui se vendent bien et nous déterminons ce qui est la caractéristique commune ».

Cette information est rentrée dans la base de données d’intelligence artificielle de l’entreprise, a-t-il ajouté.

Les clients qui achèteront ces machines seront des fabricants de diamants polis, les commerçants et les laboratoires de pierres précieuses, a évalué Levami.

Ces nouvelles machines pour déterminer la clarté et à la couleur des diamants se joindront à celles que Sarine a vendues à l’industrie depuis 1992, date à laquelle il a introduit son premier logiciel qui a permis l’automatisation des mesures ses proportions des diamants, l’aspect le plus critique affectant le classement de la coupe.

Au fil des ans, la société, fondée en 1988, a ajouté des technologies qui sont aujourd’hui utilisées par les fabricants de diamants dans le monde entier ainsi que tous les principaux laboratoires de pierres précieuses. Il s’agit notamment des machines pour la planification automatisée des diamants bruts, le classement de la performance lumineuse des diamants, des machines d’imagerie 3D et des machines pour cartographier les défauts.

Sarine est cotée en bourse sur le marché Mainboard de Singapour et a des sièges sociaux et des centres de recherche en Israël. Il a des centres régionaux de vente et de soutien en Inde, aux États-Unis et à Hong Kong.

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