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L’AG de l’ONU adopte une résolution non contraignante contre la négation de la Shoah

Le texte à la portée politique forte, mis au point avec le concours de l'Allemagne, a été co-parrainé par 114 pays sur 193 que compte l'ONU ; L'Iran l'a vivement rejeté

Illustration : L'Assemblée générale de l'ONU avant un vote, le 21 décembre 2017, au siège des Nations unies. (Crédit : Photo AP / Mark Lennihan)
Illustration : L'Assemblée générale de l'ONU avant un vote, le 21 décembre 2017, au siège des Nations unies. (Crédit : Photo AP / Mark Lennihan)

L’Assemblée générale de l’ONU a adopté jeudi par consensus une résolution non contraignante proposée par Israël appelant tous les Etats à lutter contre la négation de la Shoah et l’antisémitisme, notamment sur les réseaux sociaux.

Le texte à la portée politique forte même sans être légalement contraignant, mis au point avec le concours de l’Allemagne, a été co-parrainé par 114 pays sur les 193 que compte l’ONU.

L’Iran a marqué formellement son opposition avec le texte, affirmant s’en « dissocier ». Israël « tente régulièrement d’exploiter les souffrances du peuple juif du passé pour couvrir les crimes qu’il perpètre depuis sept dernières décennies contre les pays de la région ». « Ma délégation se dissocie totalement du projet de résolution », a insisté le diplomate iranien.

La résolution « rejette et condamne sans réserve toute négation de l’historicité de l’Holocauste, totale ou partielle », qui a vu entre 1939 et 1945 le génocide de six millions de juifs d’Europe par les nazis et leurs soutiens.

L’ambassadeur israélien à l’ONU Gilad Erdan lance une campagne pour protester contre la décision de l’ONU de mettre en avant le droit au retour des Palestiniens à l’occasion de l’anniversaire de l’adoption en 1947 du plan de partage qui a vu la création d’un État juif. (Crédit : Shahar Azran)

Le texte « engage vivement tous les États Membres à rejeter sans réserve toute négation ou déformation de l’Holocauste en tant qu’événement historique » et « félicite » les pays qui préservent « les sites qui ont servi de camps de la mort, de camps de concentration, de camps de travail forcé, de lieux d’exécution et de prisons aux nazis pendant l’Holocauste ».

La résolution exhorte aussi les membres de l’ONU à « élaborer des programmes éducatifs qui graveront dans l’esprit des générations futures les enseignements de l’Holocauste afin d’aider à prévenir les actes de génocide », et leur demande, ainsi qu’aux entreprises gérant des réseaux sociaux, « de prendre des mesures actives pour lutter contre l’antisémitisme et le négationnisme ou la déformation de l’Holocauste ».

Dans un communiqué, l’ambassadeur d’Israël à l’ONU, Gilad Erdan, s’était félicité à l’avance d’une « résolution historique », négociée depuis plusieurs mois et qui est la « deuxième initiée par Israël à être approuvée par l’Assemblée générale ».

La première, en 2005, avait fait de chaque 27 janvier un Jour international de commémoration des victimes de la Shoah.

La résolution adoptée jeudi, « donne pour la première fois une claire définition de la négation de l’Holocauste », « appelle les pays à prendre des mesures dans le combat contre l’antisémitisme » et demande aux géants de l’internet (Facebook, Twitter, Instagram, etc) de lutter contre les contenus haineux sur les réseaux sociaux, précise le communiqué israélien.

Yaïr Lapid, ministre des affaires étrangères israélien, et son homologue allemande Annalena Baerbock ont salué dans une déclaration commune l’adoption de la résolution, preuve que la communauté internationale « parle d’une seule voix » sur ce sujet.

S’inquiétant de la « montée dramatique » du négationnisme, les deux ministres ont aussi dénoncé « les comparaisons entre des conflits politiques actuels et la Shoah », qui constituent une « injustice » pour les victimes.

Dani Dayan, directeur du mémorial israélien de la Shoah Yad Vashem, a lui appelé à « redoubler d’efforts » pour soutenir la recherche et l’éducation sur la Shoah.

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