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L’aile droite de la coalition s’oppose à une coopération avec la Liste arabe unie

Yair Lapid a déclaré que la coalition pourrait coopérer avec la Liste arabe unie en matière de législation, y compris en ce qui concerne le budget de l'État

Le député Ayman Odeh à gauche, chef de la Liste arabe unie, et le député Ahmad Tibi assistent à une réunion de faction, à la Knesset, à Jérusalem, le 7 mars 2022. (Crédit: Yonatan Sindel/Flash90)
Le député Ayman Odeh à gauche, chef de la Liste arabe unie, et le député Ahmad Tibi assistent à une réunion de faction, à la Knesset, à Jérusalem, le 7 mars 2022. (Crédit: Yonatan Sindel/Flash90)

Les législateurs et les ministres des partis de droite Tikva Hadasha et Yamina ont exprimé leur objection à ce que la fragile coalition coopère avec la Liste arabe unie afin de faire passer des lois à la Knesset, a rapporté jeudi le diffuseur public Kan.

Cette semaine, lors d’une réunion des chefs de faction de la coalition à la Knesset, le député Yamina Nir Orbach a exprimé son mécontentement quant à la coopération avec le parti majoritairement arabe, disant qu’il la trouvait inacceptable.

« Comment se fait-il que maintenant, chaque fois que nous voulons faire passer quelque chose, nous devons nous aligner avec la Liste arabe unie ? Cela ne peut pas fonctionner ainsi », a déclaré Orbach.

Les chefs de faction lui auraient répondu qu’il n’y avait « rien » que la coalition puisse faire à ce sujet.

« Nous devons l’accepter ; c’est tout. », aurait dit un chef de faction sous couvert d’anonymat.

En plus d’Orbach, Kan indique que d’autres ministres et législateurs de Yamina et de Tikva Hadasha ont clairement fait savoir lors des discussions qu’ils n’accepteraient pas de rester silencieux longtemps si le recours à la Liste arabe unie devenait une pratique régulière, et ont prévenu qu’une telle situation pourrait démanteler la coalition.

Ce mécontentement s’est manifesté jeudi après que le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid a déclaré que la coalition pourrait coopérer avec la Liste arabe unie en matière de législation, laissant entendre qu’elle pourrait également compter sur le parti, y compris en matière du budget de l’État.

Le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid s’exprime lors de la réunion de son groupe Yesh Atid à la Knesset, le 9 mai 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

« Aujourd’hui, à l’instar de tous les gouvernements israéliens précédents, nous travaillons avec l’ensemble des partis », a-t-il déclaré à la Douzième chaîne dans une interview diffusée mercredi.

Suite à l’interview de Lapid, plusieurs législateurs de droite de la coalition, dont certains du parti Yamina du Premier ministre Naftali Bennett, auraient déclaré qu’une telle coopération s’avère être impossible.

« Une telle déclaration est inacceptable, je m’y oppose – et c’est une honte qu’elle ait même été prononcée », a déclaré la ministre de l’intérieur Ayelet Shaked, selon la Douzième chaîne .

Son collègue le député Yamina Abir Kara aurait déclaré qu’en ce qui le concerne, la « Liste arabe unie n’existe pas ». Aucun des deux législateurs n’a fait de commentaire public.

Nir Orbach à gauche, Ayelet Shaked au centre, et Abir Kara à droite (Crédit: Flash90)

Ces commentaires sont intervenus après que la Liste arabe unie a activement contribué à faire dérailler deux motions de défiance contre le gouvernement lundi, certains de ses membres ayant voté contre et d’autres étant absents du plénum ou s’étant abstenus.

La coalition actuellement en difficulté ne dispose plus que d’une égalité en nombre de sièges au Parlement face à l’opposition – 60 contre 60 – après le départ de la députée de Yamina Idit Silman, au début du mois d’avril.

Le parti du Likud a retiré son projet de loi prévoyant la dissolution de la Knesset dans la journée de mercredi, après l’annonce faite par le chef du parti Raam, Mansour Abbas, que son parti allait réintégrer la coalition et remplir ses obligations dans le cadre de l’accord signé avec l’alliance au pouvoir.

« Nous en sommes arrivés à la conclusion, avec le conseil de la Choura et avec le Mouvement islamique, que Raam va donner une chance au gouvernement en revenant et en remplissant nos obligations telles qu’elles sont formulées dans l’accord de coalition », a déclaré Abbas.

Le leader de Raam, le député Mansour Abbas, lors d’une déclaration à la presse à la Knesset, le 11 mai 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Kan a déclaré que Bennett a refusé de répondre à une question sur les exigences de Raam pour revenir dans le giron de la coalition, en disant que « nous sommes un gouvernement d’action et de bonne volonté et nous nous éloignons des choses qui n’y contribuent pas. »

Les résultats des sondages, pour Raam, ont été médiocres au cours de la semaine passée, la faction n’atteignant même pas le seuil électoral nécessaire pour intégrer la Knesset. Néanmoins, les plus grands problèmes qu’Abbas doit actuellement affronter sont relatifs aux divisions internes au sein de la faction qui ont été exacerbées par plusieurs semaines de tensions accrues sur le Mont du Temple de Jérusalem.

Conformément à une décision prise par son Conseil de la Choura, Raam avait annoncé le « gel » de son ralliement à l’alliance au pouvoir il y a trois semaines, mécontent de la prise en charge par Israël des affrontements entre la police et des manifestants palestiniens sur le mont du Temple.

Des policiers israéliens, lors d’affrontements devant le mont du Temple, dans la vieille ville de Jérusalem, le 17 avril 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Connu sous le nom de mont du Temple par les Juifs et sous celui de Haram al-Sharif, ou mosquée al-Aqsa, par les musulmans, le mont le plus saint de Jérusalem a été au centre de violences dans les semaines qui ont mené au Ramadan et pendant tout le mois sacré musulman qui a coïncidé, cette année, avec Pessah et avec Pâques.

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